Le Député National Dr Eddy Ilunga Mbuyu, élu de la circonscription électorale de Kolwezi, dans la province du Lualaba, a déposé ce mercredi au cabinet du président de l’Assemblée Nationale une proposition de loi fixant les principes d’organisation et de fonctionnement des activités tontinières en République démocratique du Congo.
À travers cette initiative parlementaire, l’élu entend doter le pays d’un cadre juridique permettant de formaliser une pratique largement répandue au sein de la population congolaise. Selon lui, 70 % des Congolais recourent aux tontines, appelées likelemba à Kinshasa et kinkurimba dans l’espace swahiliphone, afin de financer leurs projets et de faire face aux difficultés économiques.
« Aujourd’hui, cette activité est exercée de manière informelle. Nous voulons la formaliser afin de sécuriser les participants et de mettre fin aux abus commis par certains promoteurs qui profitent de l’absence d’un cadre légal », a expliqué le député Eddy Ilunga Mbuyu.
Le parlementaire souligne que de nombreux cas de détournement de fonds ou de non-respect des engagements sont enregistrés sans que les victimes ne disposent de recours efficaces, l’activité n’étant pas reconnue par la législation congolaise. L’adoption de cette proposition de loi permettrait ainsi d’assurer une meilleure protection des membres des associations tontinières et de rendre cette pratique pleinement légale.
Pour justifier son initiative, le député affirme avoir mené des descentes de terrain, notamment dans les marchés et les entreprises, où la tontine constitue un mécanisme de solidarité financière largement utilisé par les commerçants, les travailleurs et les ménages.
Interrogé sur l’intérêt de l’État dans cette réforme, l’élu de Kolwezi a rappelé que la Constitution, en son article 37, confie aux pouvoirs publics la mission d’encadrer les associations poursuivant des objectifs de développement. Il estime que les tontines représentent un véritable levier de développement économique et social, capable de renforcer l’autonomie financière des ménages congolais tout en favorisant l’épargne et l’investissement communautaire.
Cette proposition de loi sera soumise à la procédure parlementaire prévue avant son examen par les commissions compétentes puis, le cas échéant, en séance plénière de l’Assemblée nationale.
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