Il y a 5 ans (11 juillet 2021-11 juillet 2026), disparaissait l’un des grands prélats de notre pays, Monseigneur Laurent Monsengwo Pasinya, Cardinal et archevêque de Kinshasa. Professeur d’université, Laurent Monsengwo fut aussi un grand intellectuel. Polyglotte, il parlait 14 langues dont l’araméen, la langue que parlait Jésus-Christ.
Voici son histoire.
Né à Mongobele le 7 octobre 1939, il était sakata du clan Mbamushie, originaire du territoire de Kutu, dans l’actuelle province du Mayi-Ndombe. Primaires à Nioki (1946-1951), secondaires au Petit séminaire de Bokoro (1951-1957). Après trois années de Philosophie au Grand séminaire de Kabwe (1957-1960), il étudie la Théologie à Rome à l’université pontificale urbanienne. Il est ordonné prêtre à Rome le 21 décembre 1963 pour le diocèse d’Inongo par le cardinal Agagianian, préfet de la Congrégation pour la propagation de la foi. En 1971, il est le premier africain à obtenir le diplôme de doctorat en Écriture sainte à l’institut pontifical de Rome.
De retour au pays, Laurent Monsengwo est professeur de Théologie aux Facultés catholiques de Kinshasa (aujourd’hui Université Catholique du Congo) et dans plusieurs séminaires, notamment Jean XXIII à Kinshasa. De 1976 à 1980, il est secrétaire général de la Conférence Épiscopale du Zaïre (poste qu’occupe Monseigneur N’Shole dans l’actuelle CENCO).
Le 13 février 1980, il est nommé évêque auxiliaire d’Inongo. Il reçoit la consécration épiscopale le 4 mai 1980 à Kinshasa des mains mêmes du pape Jean-Paul II. Le 7 avril 1981, (à la suite d’un conflit avec son évêque titulaire D’Inongo ?), Laurent Monsengwo est transféré à Kisangani, toujours comme évêque auxiliaire de Monseigneur Fataki, archevêque de Kisangani et ami du Cardinal Malula, » parrain » du jeune Monsengwo. De 1984 à 1992, il devient le président de la Conférence Épiscopale du Zaïre. Le 1er septembre 1988, il est nommé archevêque de Kisangani.
Élu président de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) en décembre 1991, il dirige le Haut Conseil de la République (HCR) puis le le Haut Conseil de la République-Parlement de Transition (HCR-PT) de 1992 à 1996. Les années 1990 amplifieront son aura: il profite surtout de la zizanie entre Mobutu et Tshisekedi (le père). Lors de la fuite de Mobutu en mai 1997, il est pressenti pour succéder au Président déchu.
Thomas Luhaka Losendjola
Ancien Président de l’assemblée nationale
Avocat au barreau de Kinshasa-Gombe
