Face aux provocations de l’AFC/M23, la contre-offensive de Kinshasa n’est pas un acte belliciste, mais l’exercice d’un droit souverain et d’une obligation constitutionnelle sacrée. En qualifiant de « va-t-en-guerre » la promesse du président Félix Tshisekedi d’écraser l’ennemi et de libérer Goma et Bukavu, Corneille Nangaa tente un exercice d’inversion des rôles aussi grossier que périlleux. L’ancien président de la Ceni, aujourd’hui allié à une rébellion armée, feint de s’alarmer pour un processus de paix en sursis. Pourtant, la réalité textuelle et factuelle balaye ce rideau de fumée rhétorique. Face à une agression qui ampute la République Démocratique du Congo de sa souveraineté, la démarche des Forces Armées de la RDC (FARDC) n’est pas une simple posture militariste. Elle est une obligation légitime, existentielle et, avant tout, solidement fondée sur le droit international public. La légitimité des FARDC repose en premier lieu sur le principe absolu de souveraineté et d’intégrité territoriale. L’article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations Unies proscrit formellement toute menace ou emploi de la force contre l’intégrité d’un État. L’occupation de pans entiers de la province du Nord-Kivu par l’AFC/M23 est une violation directe de cette norme impérative. De plus, face à cette agression caractérisée, l’article 51 de cette même Charte consacre le « droit naturel de légitime défense ». En annonçant la libération prochaine de Goma et de Bukavu, le pouvoir central ne fait pas l’apologie de la violence ; il exerce la plénitude de ses prérogatives de défense nationale pour répondre au cri de détresse de millions de déplacés internes. Ensuite, la rhétorique de l’AFC prétendant « prendre ses responsabilités » face à un prétendu régime illégitime constitue un non-sens juridique total. En droit international, seuls les États souverains possèdent le monopole de la violence légitime. Les résolutions successives du Conseil de sécurité de l’ONU (notamment la résolution 2666) n’offrent aucune personnalité juridique à l’AFC/M23 ; elles condamnent invariablement ses actions et exigent son désarmement inconditionnel. Au titre du principe international de la « Responsabilité de protéger » (R2P) et des Conventions de Genève, Kinshasa a le devoir contraignant d’intervenir militairement pour faire cesser les exactions commises contre ses populations civiles. Enfin, la posture offensive des FARDC est renforcée par la nature transfrontalière de la menace. La résolution 3314 de l’Assemblée générale de l’ONU stipule que l’envoi de bandes armées ou le soutien logistique étranger à une rébellion équivaut à un acte d’agression. Les rapports des experts de l’ONU confirmant l’appui extérieur à l’AFC drapent la riposte congolaise d’une légitimité internationale incontestable contre une agression par procuration. La paix ne s’obtiendra pas par des concessions qui valident le fait accompli de l’occupation. Elle naîtra d’un rapport de force capable de contraindre les agresseurs à déposer les armes, rétablissant ainsi l’ordre juridique universel.
La Pros.