La simple évocation du mot « Ebola » suffit à glacer le sang. Récemment, l’annonce d’une souche prétendument inédite a instantanément déclenché un vent de panique. Pourtant, face à la menace sanitaire, la peur est une bien mauvaise conseillère. Avant de céder au catastrophisme, il convient de regarder la réalité scientifique en face : cette souche n’est pas si nouvelle que cela, et elle est loin d’être la plus meurtrière de l’histoire du virus.
Sur le terrain, la réponse ne se déploie pas dans l’émotion, mais dans la méthode. Les équipes médicales travaillent d’arrache-pied. L’heure est au recensement rigoureux : identifier les contacts, dénombrer les décès avec exactitude et dresser la liste linéaire de tous les cas suspects. Ce traçage minutieux des liens épidémiologiques est la seule clé existante. Elle permettra de cartographier la transmission et de mesurer, avec une précision mathématique, la véritable ampleur du problème.
Dans ce contexte d’incertitude, un appel au calme s’impose à tous les niveaux. Cela concerne la population, mais aussi les organismes internationaux. Ces institutions doivent impérativement «mettre de l’eau dans leur vin» et abandonner les déclarations alarmistes prématurées. L’urgence actuelle exige de la retenue et de la sérénité.
Il faut laisser le temps aux premières investigations épidémiologiques de livrer leurs verdicts. Quand la maladie a-t-elle réellement commencé ? Combien de cas sont avérés ? Qui sont les sujets contacts ? Les réponses à ces questions scientifiques fondamentales balaieront les rumeurs.
C’est uniquement sur la base de ces données vérifiées, et non sur des spéculations nourries par l’anxiété, que nous pourrons qualifier rationnellement l’ampleur de cette épidémie. D’ici là, substituons la discipline scientifique à la panique. La vigilance reste de mise, mais l’affolement doit cesser.
Les experts en santé publique estiment en effet que le risque de transmission de l’épidémie reste faible à travers le monde, en raison du caractère relativement peu contagieux du virus Ebola. Selon les derniers chiffres officiels, 1 048 cas ont été recensés dont 267 décès, soit un taux de létalité d’environ 25%. A en croire le Ministre congolais de la santé publique et prévoyance sociale qui vient de l’Ituri, avec son collègue de l’information et porte-parole du Gouvernement ainsi qu’une délégation de députés originaires de cette partie de la République, la riposte s’organise et la sensibilisation des communautés porte déjà ses fruits. Nombre de malades qui présentent des symptômes s’amènent librement dans les centres de santé appropriés et sont rapidement pris en charge, ce qui facilite le traitement et un rétablissement rapide.
La Pros.