Yolande Elebe, ministre congolaise de la Culture, arts et patrimoine
Un vibrant hommage national a été rendu aux regrettés chanteurs Maxime et Émile Soki, deux frères légendaires dans l’histoire de la Rumba en République démocratique du Congo (RDC) par la ministre de la culture lors d’une messe commémorative organisée jeudi à la paroisse Notre-Dame de la RDC, à Kinshasa.
« En cette cérémonie de commémoration dédiée aux regrettés Maxime Soki Vangu et Émile Soki Dianzenza, plus connus sous le nom des “Frères Soki”, le Gouvernement de la République, à travers le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine, réaffirme solennellement son devoir de mémoire envers celles et ceux qui ont élevé le génie culturel congolais au rang de patrimoine vivant de la Nation », a déclaré la ministre Yolande Elebe.
Elle a rappelé que trente-six ans après leur disparition, les Frères Soki continuent de marquer la mémoire collective congolaise grâce à leur immense contribution à la rumba congolaise moderne.
« Ni le temps, ni les générations, ni les mutations musicales n’ont réussi à faire taire l’écho de leur génie », a-t-elle soutenu, avant de souligner que les deux artistes avaient su transformer « le quotidien du peuple congolais en poésie ».
Selon la ministre, les Frères Soki ont imposé un style musical singulier caractérisé par « une douceur nouvelle, une élégance particulière et une sensibilité presque intime », dans un contexte dominé à l’époque par les grandes formations orchestrales.
« Les Frères Soki n’ont pas seulement chanté. Ils ont modernisé la manière congolaise de ressentir la musique. Ils ont contribué à façonner une identité sonore qui allait influencer des générations entières d’artistes en RDC et bien au-delà de nos frontières », a-t-elle affirmé.
Évoquant l’orchestre Bella Bella, Yolande Elebe a estimé qu’il représentait « une véritable école artistique, une pépinière de talents et un laboratoire de modernité culturelle ».
La ministre a également insisté sur la portée éducative de cette commémoration adressée à la jeunesse congolaise.
« Commémorer les Frères Soki, ce n’est pas uniquement regarder le passé avec nostalgie. C’est également adresser un message fort à la jeunesse congolaise d’aujourd’hui. Un message d’excellence, de discipline créatrice et d’audace », a-t-elle indiqué.
Elle a, en outre, réaffirmé l’engagement du Gouvernement dans la préservation du patrimoine musical national.
« Préserver l’œuvre des Frères Soki, c’est préserver une partie de l’histoire émotionnelle du Congo », a déclaré la ministre, avant d’adresser « le profond respect ainsi que la solidarité mémorielle » du Gouvernement aux familles biologique et artistique des deux artistes.
Les Frères Soki, fondateurs de l’orchestre Bella Bella, demeurent parmi les figures emblématiques ayant profondément marqué l’histoire de la rumba congolaise par leurs compositions romantiques et leur influence sur plusieurs générations de musiciens.
Le duo musical était composé de Maxime Soki Vangu (1947-1990) et de son cadet Émile Soki Dianzenza (1954-1990). Chanteurs et auteurs-compositeurs, ils ont marqué l’histoire du soukous et de la rumba congolaise grâce à un style mélodique devenu une référence dans le paysage musical africain.
Au début des années 1970, ils avaient fondé l’orchestre Bella Bella, qui s’était rapidement imposé sur la scène musicale congolaise grâce à ses harmonies vocales raffinées, ses compositions sentimentales et son approche innovante de la rumba.
Jordache Diala
