De retour à Kinshasa après une longue mission de service, le Directeur Général de l’Office des Routes (OR), le professeur Jeanneau Kikangala, n’a pas tardé à donner le ton. Déterminé à imprimer sa marque à la tête de cet établissement stratégique, il a quitté le confort de son bureau, le mardi 2 juin 2026, pour descendre sur le terrain et palper du doigt la réalité des travaux en cours dans la capitale. De Lemba à Mont-Ngafula, en passant par des points névralgiques de la RN1, le numéro un de l’OR, accompagné du Directeur provincial de Kinshasa, a effectué une tournée d’inspection axée sur les travaux d’urgence, notamment la réhabilitation des caniveaux et la lutte contre l’érosion.
Dans la commune de Lemba, sur l’avenue By-pass, le DG Kikangala s’est attardé sur les travaux de maçonnerie des caniveaux, essentiels pour la gestion des eaux pluviales, particulièrement en période de fortes précipitations.
« Nous avons voulu être sur terrain aujourd’hui pour voir ce que nous sommes en train de faire sur la RN1 dans la ville-province de Kinshasa. D’abord, sur la section qui se trouve entre la station qui est au niveau de l’Echangeur et la station Salongo, où nous avons, il y a quelques temps, fait le rechargement systématique de la chaussée. Maintenant, nous sommes à la phase de la maçonnerie des caniveaux. Lorsque vous quittez l’Echangeur pour monter vers Salongo, les caniveaux du côté droit, nous sommes en train de refaire ces caniveaux pour changer la section et la profondeur afin de permettre aux eaux d’être correctement mises en charge lorsqu’il y a des fortes pluies », a-t-il déclaré.
Une explication technique qui met en lumière l’importance de ces ouvrages souvent invisibles mais cruciaux pour la durabilité des routes et la sécurité des populations riveraines.
Cap ensuite sur le croisement des avenues Elengesa et By-pass, où l’Office des Routes s’attaque à un problème structurel causé par les pluies diluviennes d’avril 2025. Ici, un mur de soutènement avait cédé sous la pression des eaux, révélant l’urgence d’une intervention durable.
Le DG Kikangala a détaillé l’approche retenue par ses équipes :
« Après cette transition des routes entre les deux stations, nous sommes venus au niveau de la sortie d’Elengesa, au croisement des avenues Elengesa et By-pass, où depuis la pluie qui s’était abattue sur la ville de Kinshasa au mois d’avril de l’année 2025, il y a eu un problème avec le mur de soutènement qui avait lâché.
Cette situation avait été provoquée par l’abondance d’eau qui venait du côté d’Elengesa. Après les études menées par nos ingénieurs, nous avons opté pour la construction d’un collecteur qui part des accotements de la route vers un bas-fond que nous avons identifié comme exutoire. Nous allons aussi construire un passage sous-route pour recueillir les eaux qui viennent d’Elengesa, les verser dans ce collecteur que nous sommes en train de construire pour les envoyer de l’autre côté.
C’est de cette façon que nous avons pensé que la solution sera trouvée… »
Au-delà des aspects techniques, le DG de l’OR inscrit clairement son action dans la vision du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, centrée sur l’amélioration des conditions sociales des Congolais.
« Le Président de la République, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est très soucié des conditions de vie de son peuple ou de ses populations. Nous sommes là pour l’accompagner dans cette mission, pour ce qui concerne les attributions qu’il nous a confiées.
L’Office des routes n’est pas absent sur terrain. L’office des routes est là. Ce que notre population doit savoir, c’est que les travaux de génie civil coûtent beaucoup d’argent. Pour faire une route, il faut enterrer l’argent. C’est ça le principe.
L’Office des routes est beaucoup plus présent en province qu’à Kinshasa. C’est pourquoi, de temps à autre, vous nous voyez en province pour voir ce qui est en train de se faire là-bas. Être présent ou absent, cela est tributaire des moyens disponibles pour travailler », a-t-il souligné.
À Mont-Ngafula, où les travaux de lutte antiérosive battent leur plein, le DG n’a pas caché son inquiétude face à la prolifération des constructions anarchiques dans des zones à haut risque.
Un phénomène qui compromet sérieusement les efforts de stabilisation des sols et met en danger des vies humaines.
« Nous n’avons pas donné un ordre, parce que nous n’avons pas qualité de donner l’ordre à un citoyen qui construit sa maison d’arrêter de le faire.
Nous avons essayé de conscientiser. Le constat que vous venez de faire, c’est le constat que nous avons aussi fait, et que notre conscientisation n’a produit aucun effet. Donc là, j’ai instruit la direction provinciale de me préparer un dossier que nous allons envoyer au gouvernement provincial.
Parce que c’est le gouvernement provincial qui a les compétences pour interdire à un citoyen d’arrêter avec des constructions anarchiques, ou de démolir carrément ces constructions anarchiques », a-t-il martelé. Un appel implicite à une action concertée entre institutions pour freiner ce fléau urbain.
Il convient de noter que cette descente n’est que le début d’une série d’inspections annoncées par le Directeur Général de l’Office des Routes, qui entend suivre de près l’évolution et la finalisation des chantiers en cours à Kinshasa.
La Pros.
