Face aux interprétations divergentes suite à la suspension des activités minières dans les territoires de Mwenga et de Shabunda, le Cabinet du Ministre des Mines a publié, ce 26 mai 2026, un communiqué officiel visant à clarifier les mesures prises. Si la rigueur est de mise contre l’exploitation illégale, les petits exploitants artisanaux congolais sont, quant à eux, autorisés à poursuivre leurs activités.
Un coup d’arrêt à l’insécurité et à l’opacité
Tout commence le 22 mai 2026, lorsque le Ministre des Mines, Louis Watum, signe l’Arrêté Ministériel N° 00305/CAB.MIN/MINES/01/2026. Ce texte radical porte sur la suspension immédiate des activités minières dans deux zones stratégiques de la province du Sud-Kivu : les territoires de Mwenga et de Shabunda.
Les motivations du Gouvernement sont claires et d’ordre régalien. Il s’agit avant tout de briser le cycle de violence. Selon le communiqué, ces activités illicites serviraient de source de financement à des projets de déstabilisation des institutions de la République. En plus de l’aspect sécuritaire, le Ministère entend rétablir l’ordre public et imposer le respect des normes internationales en matière de transparence et de traçabilité des substances minérales.
Clarification majeure : l’artisanat minier préservé
À la suite de l’annonce initiale, une certaine confusion s’était installée parmi les opérateurs économiques et la population locale. Pour prévenir toute « application extensive non conforme », le Prof. Dr. Michel Kaswa Kayomo, Directeur de Cabinet du Ministre, a tenu à apporter une précision de taille.
Le communiqué souligne que la suspension ne concerne pas tout le monde. Les activités minières à caractère strictement artisanal, c’est-à-dire non industriel, exercées régulièrement par des compatriotes congolais, continuent de s’exercer librement.
Cette distinction est cruciale : elle vise à protéger le gagne-pain des citoyens congolais qui respectent la loi, tout en ciblant les structures industrielles ou semi-industrielles dont les activités sont jugées suspectes ou illégales.
Une volonté d’assainir le secteur
Cette décision n’est pas fortuite. Elle fait suite aux conclusions préliminaires d’une mission d’enquête menée par l’Inspection Générale des Mines. Ces services étatiques ont mis en lumière la nécessité de définir plus précisément le périmètre d’action de l’État pour « assainir l’exploitation minière dans son ensemble ».
Le Gouvernement réaffirme ainsi sa volonté de nettoyer le secteur minier, particulièrement le segment industriel, souvent pointé du doigt pour ses zones d’ombre.
Appel à la collaboration
En conclusion de son message, le Cabinet du Ministre des Mines encourage vivement les opérateurs économiques opérant dans ces deux territoires à collaborer pleinement avec la mission d’enquête déployée sur le terrain. L’objectif final reste la restauration d’un secteur minier au service du développement de la province et de la nation, loin des réseaux de financement occupons et de la fraude.
Pour l’heure, le calme et la vigilance sont de mise à Mwenga et Shabunda, alors que les autorités s’attèlent à faire respecter cette nouvelle cartographie de l’exploitation minière au Sud-Kivu.
César Nkangulu
