Face à l’alerte concernant la présence du virus Ebola dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, l’Évêque du diocèse de Goma, Mgr Willy Ngumbi Ngengele, est monté au créneau. Lors d’un point de presse tenu récemment, le prélat a exhorté la population à ne pas céder à la panique, mais à adopter un comportement responsable pour barrer la route à l’épidémie.
La ville de Goma, carrefour commercial stratégique et densément peuplé, est de nouveau sous la menace du virus Ebola. Alors que des signaux d’alerte ont été rapportés dans la région, l’Église catholique, par la voix de l’Ordinaire du lieu, Mgr Willy Ngumbi, a choisi d’anticiper pour éviter une propagation à grande échelle.
Un appel à la responsabilité individuelle et collective
Dans un message empreint de gravité mais aussi de pédagogie, Mgr Willy Ngumbi a insisté sur l’importance de la prévention. Pour l’évêque, la lutte contre cette maladie hautement contagieuse ne repose pas uniquement sur les équipes médicales, mais sur chaque citoyen.
« J’appelle la population à la vigilance et au strict respect des mesures barrières », a-t-il déclaré. Il a souligné que l’adoption de « gestes responsables » est un impératif moral : « Il s’agit de protéger sa propre vie ainsi que celle des autres. »
Le retour des mesures barrières
Le message du prélat intervient dans un contexte où le relâchement des habitudes d’hygiène est souvent observé après les précédentes épidémies. Mgr Ngumbi a rappelé les fondamentaux qui ont permis, par le passé, de contenir le virus dans la région :
• Le lavage régulier des mains à l’eau propre et au savon ou l’utilisation de gel hydroalcoolique.
• L’évitement des contacts physiques inutiles (poignées de mains, accolades).
• Le signalement immédiat de tout cas suspect (fièvre brutale, saignements, fatigue intense) aux centres de santé les plus proches.
• La coopération avec les équipes de la riposte sanitaire.
L’Église comme relais de santé publique
En République Démocratique du Congo, et particulièrement dans l’Est, le rôle des leaders religieux est crucial dans la gestion des crises sanitaires. La parole de l’évêque bénéficie d’une autorité morale qui permet de combattre la désinformation et les rumeurs, souvent plus dangereuses que le virus lui-même.
À travers ce point de presse, la CENCO (Conférence Épiscopale Nationale du Congo) réaffirme son engagement aux côtés des autorités sanitaires pour sensibiliser les fidèles et les habitants de Goma.
Un contexte régional fragile
Goma, ville meurtrie par des années de conflits et des catastrophes naturelles (comme l’éruption du volcan Nyiragongo), ne peut se permettre une nouvelle crise sanitaire majeure. La proximité avec la frontière rwandaise et les mouvements constants de population font de chaque cas suspect une urgence régionale.
L’appel de Mgr Willy Ngumbi sonne donc comme une alerte préventive nécessaire pour mobiliser la communauté avant que la situation ne devienne incontrôlable. « La vigilance est notre meilleure arme », a conclu le prélat, invitant les paroisses et les communautés ecclésiales de base à relayer ce message de prudence.
César Nkangulu
