
(Par les Professeurs Dr. Ngoie Joël Nshisso et Dr. Célestin Kibutu Ngimbi)
« Je t’aime moi non plus. » N’en sommes-nous pas là, entre ces partenaires privilégiés de la RDC qui sont, les USA, la Belgique, la France, l’Allemagne et le Royaume Uni ?
Toujours un accueil avec réserve, soit on le reçoit par une porte moins officielle, soit on le prive carrément du traditionnel tapis rouge. Au premier quinquennat, on reprochait faussement à notre Président d’avoir accédé au pouvoir par « un arrangement à l’africaine », une expression qui traduit le mépris de tout ce que font les dirigeants africains.
Mais, curieusement, dans le second quinquennat, où tout le monde sait qu’il a remporté un succès électoral indiscutable ; pour preuve évidente, les 5 centres électoraux du 20 décembre 2023 organisés au sein de la diaspora congolaise en Belgique, en France, au Royaume Uni, au Canada et aux USA, lui avaient donné une large victoire. Aucun des ses concurrents n’avait franchi la barre de 25%. Tandis que le Président Félix Tshisekedi avait ses 70% partout. Ces résultats ont été confirmés avec la même proportion sur l’ensemble du territoire national. Il est donc entré dans son second quinquennat avec plus de légitimité que plusieurs présidents de sa génération !
Mais, curieusement, toujours en Occident, on continue à le recevoir, en portant des gants, par des portes dérobées ! Tshisekedi et son peuple, surtout sa diaspora, comprennent très bien cette mauvaise attitude.
Comme si cela ne suffisait pas, l’UE va signer un MOU, avec la partie adverse de la crise sécuritaire de la RDC ! En fondant leur deal minéral sur la base des certificats de traçabilité de complaisance, fondés sur une inspection d’entrepôts, plutôt que sur une géolocalisation de provenance des produits miniers.
Quand des partenaires historiques continuent à vous maltraiter de la sorte, on fait quoi ? On fait quoi ?
On se tourne de plein droit vers la concurrence
Il y a un cri populaire qui bientôt va se répandre partout en RDC :
« ON EST CHEZ NOUS ! » pour rétorquer aux impérialistes qui ne cessent déclarer, sans vergogne : » THE DRC BELONGS TO US » ce qui se traduit par « La RDC nous appartient ». Mais, la réponse du peuple congolais et son Président est claire : « Not at all and never » – c’est-à-dire, absolument pas et jamais. Car, la diplomatie exercée par Felix Antoine Tshisekedi n’est pas un signe de faiblesse mais un véritable symbole et exercice de la civilisation politique moderne.
Mon mentor et collègue Dr. Kibutu a analysé, ci-dessus, l’incident de l’accueil quelque peu moins protocolaire et digne du Président Félix Antoine Tshisekedi par son homologue Français Emmanuel Macron qui comme nous allons le démontrer ci-dessus risque d’être répété par les autres pays occidentaux.
En tant qu’expert en diplomatie et relations internationales, j’analyse à présent cette question sous l’angle de la diplomatie congolaise en répondant à la question de savoir comment s’organisent les règles protocolaires de l’accueil d’un chef d’Etat officiellement dans un pays étranger ?
L’accueil d’un Chef d’Etat dans un pays étranger est généralement régi par un ensemble de protocoles et de règles établis, souvent par le ministère des Affaires étrangères ou le protocole d’Etat du pays hôte en collaboration avec les différents services qui accompagnent l’hôte de marque : le protocole du Chef de l’Etat, les conseillers et autres personnalités dans sa suite et l’ambassadeur accrédité dans le pays hôte. Voici quelques éléments clés qui sont généralement pris en compte :
- L’invitation officielle, Cette invitation précise souvent les dates, les lieux et les activités prévues pendant la visite ;
- Le protocole diplomatique qui dicte les règles formelles et les comportements appropriés lors de l’accueil et des interactions avec le chef d’État invité. Cela inclut des normes de courtoisie, de respect et de dignité. Des détails précis sur la manière dont le chef d’Etat sera accueilli à son arrivée à l’aéroport, son hébergement, les personnes qui le recevront, etc.
- L’itinéraire et le programme détaillé incluant des réunions officielles, des visites de sites importants, des événements culturels, des cérémonies officielles, des conférences de presse, etc.
- Les cérémonies officielles telles que la cérémonie d’accueil avec les honneurs militaires, l’hymne national, le passage en revue des troupes, et les discours officiels sont souvent organisées pour marquer l’arrivée du chef d’État.
- Les normes d’étiquette et de courtoisie qui comprennent les règles sur les salutations, les préséances, les formules de politesse, etc.
Depuis l’époque du Président François Hollande en passant par celle du Président Emmanuel Macron, la France semble vraisemblablement avoir choisi d’afficher très peu de considération diplomatique pour les Présidents de la Républiques Démocratique du Congo.
Avant ce choix délibéré de ne pas respecter les règles diplomatiques envers le Président Félix, rappelons en passant que c’est à travers des ministères et le personnel administratif que certains pays Européen lui avaient adressé leurs félicitations pour sa réélection : la France l’a fait par le canal de son ministère de l’Europe et des affaires étrangères.
Quant au Royaume de Belgique, le message émanait du SPF Affaires Etrangères, commerce extérieur et coopération au développement. Pour le Royaume Uni, c’était le ministre d’Etat britannique en charge des Territoires d’outre-mer, du Commonwealth, de l’Énergie, du Climat et de l’Environnement. Le Canada l’avait fait à travers la ministre des Affaires Etrangères.
Moins diplomatique encore, c’est un directeur de l’agence internationale de financement et de développement qui conduira la délégation officielle américaine à la cérémonie d’investiture du 20 janvier 2024.
Si le Président Félix Antoine Tshisekedi et le peuple congolais n’ont pas expressément réagi à ces symboles qui remontent aux périodes coloniales et d’une diplomatie archaïque c’est parce qu’ils ont démontré la maturité de la démocratie congolaise.
Cependant, les actes que ces nations continuent à poser sont une provocation de mauvais goût, un mauvais calcul et une erreur d’appréciation de la réponse congolaise. Il suffit de se rappeler de l’époque où le Président Mobutu mettait à genoux la Belgique par la simple suspension des vols de l’ex- Sabena sur Kinshasa pour bien comprendre le danger couru.
La dernière visite du Président Félix à Paris ne devrait pas être considérée comme un privilège accordé par les autorités Françaises mais une occasion pour le protocole du Chef de l’Etat, le Ministre des Affaires étrangères et l’ambassadeur de la RDC accrédité en France de s’assurer premièrement que toutes les règles diplomatiques et protocolaires signalées ci-haut étaient mise en place et informer le Président de la République de toute déviation aux règles diplomatiques et protocolaires en matières d’accueil d’un Chef d’Etat dans un pays hôte.
Si des tels détails n’étaient pas communiqués au Président Félix Antoine Tshisekedi, cela relève d’une incompétence, d’une négligence et d’un manquement grave qui réduisent le Chef de l’Etat et la République Démocratique du Congo à un rang autre que celui « d’homologues et des pays amis ».
Néanmoins, nous croyons que la promesse du Président Félix Antoine Tshisekedi de réserver un accueil chaleureux à son homologue Macron à sa prochaine visite à Kinshasa était une manière de lui dire qu’il le traitera selon les règles de l’art diplomatique. Mais qu’il plaise à Dieu que cette visite n’ait pas lieu.
Par ailleurs, si le Président Félix Antoine Tshisekedi était mis au courant de ces erreurs diplomatiques et qu’il ait accepté ce genre de traitement, nous osons croire que c’était vraisemblablement avec la pensée que l’essentiel était de gagner tant soit peu la France pour la cause de la République Démocratique du Congo. Cependant nous croyons que la simplicité, l’humilité et le manque d’exiger la réciprocité ne sont pas de mise dans la diplomatie et ne contribuent pas au fléchissement de la position de la France paternaliste, celle qui contre soutient financièrement l’agresseur rwandais mais se contente des déclarations diplomatiques moins sincères.
Admettons-le, la France veut jouer un rôle trop important qui ne cadre ni avec l’histoire et encore moins avec l’économie. La France n’a pas colonisé la République Démocratique du Congo moins encore, elle n’y possède pas de grands investissements. Cependant elle veut traiter ce pays comme elle le fait dans ses ex-colonies.
La France a plus fait du mal à la République Démocratique du Congo en plantant en 1994, les causes lointaines du conflit entre notre pays et le Rwanda.
A travers l’opération Turquoise, elle avait fait passer les rebelles Hutus armés et cela deviendra la raison continuellement utilisée par le Président Paul Kagamé pour justifier son incursion répétée à l’Est de la RDC.
Au lieu d’offrir à la France les opportunités d’investir en RDC, les autorités congolaises feraient mieux de commencer par lui demander de dédommager ce pays pour son incompétence et son ignorance des règles internationales en laissant les rebelles Hutus entrer sur notre territoire avec des armes dont ils se sont servies pour tuer les populations congolaises et piller les minerais.
En matière d’amitié, les pays opèrent comme les hommes : on s’éloigne d’un ami arrogant, qui vous humilie, qui soutient vos ennemis.
Avec beaucoup de promptitude, on s’approche d’un ami sincère. Le Président Félix-Antoine Tshisekedi peut se servir de cette réalité de la vie pour éviter des homologues qui utilisent les invitations diplomatiques afin d’exposer leur mépris.
De la même manière que les Saintes Ecritures disent qu’heureux l’homme qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs, nous voulons ici dire qu’heureux le Chef de l’Etat qui ne visite pas ses homologues qui se moquent de lui et de son pays.
Prof. Dr. Ngoie Joël Nshisso, PhD.
Certifié en Diplomatie, Président de FICE
Prof. Dr. Célestin Kibutu Ngimbi, PhD.
Patriote et analyste indépendant, membre de FICE/Belgique
