(Par Mme Tchitala Nyota Kamba L. PhD, Présidente FICE-FEMMES, & Mme Mélisa Tshilobo Lumbala, Vice-Présidente FICE-CANADA)

Mme Mélisa Tshilobo Lumbala, Vice-Présidente Fice-Canada
Dans un mémorandum, les femmes congolaises œuvrant sous la férule du Forum des Congolais de l’Etranger, FICE en sigle, protestent véhément contre les viols à vaste échelle ainsi que les massacres des Kasaïens survenus dernièrement à Malemba-Nkulu. Pour ce faire, elles écrivent à Mme Denise Nyakeru Tshisekedi, en tant que Première Dame, tout en lui formulant tout un florilège de recommandations. Pour elles, en effet, il faut, à tout prix,
Rechercher, retrouver vivant ou mort les auteurs de ces actes de violence et d’incitation à la haine. Puis, ordonner des enquêtes à tous les niveaux auprès des responsables de la société civile et militaire, traduire en justice les auteurs des propos haineux : « Les Talibans, Busheshe », rendre un jugement public afin que toute la société sache, ce qui s’est réellement passé et en connaitre les auteurs, semeurs des troubles et que tous les meneurs de crimes soient cités et présentés devant le public.
Bien plus, il faut recueillir tous les faits par les spécialistes en justice et lois, toutes les informations, les analyser ; que la justice mène des vraies enquêtes libres et transparentes que les coupables et les tortionnaires soient tous démasqués même s’ils appartiennent à la classe politique et que la femme rescapée soit prise en charge pour les soins appropriés.
Il en est de même pour tous les autres blessés et les personnes ayant subi le choc psychologique et que tous les corps détectés soient identifiés et enterrés avec dignité.
Dans la même perspective, il faudrait recenser la population et vérifier les absents à l’appel ; revoir les structures et le cadre sanitaire dans lesquels les blessés physiques et mentaux pourront continuer leurs traitements à court et à long terme, préparer une bonne structure d’accueil pour un retour progressif dans un cadre sain et digne pour un nouveau départ et que la police encadre les déplacés vers leurs domiciles respectifs.
D’où, il faudrait, enfin, ‘’aider les victimes qui veulent intenter un procès contre leurs agresseurs à mieux s’y préparer ; trouver des personnes qualifiées et des ressources appropriées pour accompagner tous ces victimes qui ont connus des atrocités à Malemba-Nkulu et créer sur tous les territoires, la police de quartier pour protéger et recenser la population du coin.
Mais, à qui faire appel en cas d’urgence ? Il faudra ainsi donner un numéro de téléphone d’urgence et mettre au point un bureau d’urgence ouvert 24 sur 24h avec un personnel aiguisé etc’’, concluent-elles.
LPM
FICE-FEMMES
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MEMO DE PROTESTATION CONTRE LE VIOL ET MASSACRE DES KASAIENS : FEMMES ET ENFANTS PAR LA POPULATION KATANGAISE DE MALEMBA NKULU AU CONGO RDC |
Son Excellence Mme la Présidente Denise NYAKERU TSHISEKEDI,
Avec nos hommages les plus déférents.
Nous, membres du Forum des Intellectuels Congolais de l’Etranger – Section Femmes, FICE-FEMMES, en ce jour sombre du lundi 13 novembre 2023, c’est avec émoi et amertume que nous dénonçons avec véhémence, l’ampleur des agressions sexuelles à base d’objets contondants et tueries à la machette, à l’égard des paisibles femmes Kasaïennes et de toute la population du Kasaï, tous les âges confondus en territoire de Malemba-Nkulu par des personnes corrompues par certains leaders originaires du Katanga pour semer le désordre et saboter les scrutins en cours. Depuis la confirmation des élections au 20 décembre 2023, ladite population du Katanga tribaliste semble manifester une haine recuite envers leurs frères et sœurs du Kasaï.
Plus les jours passent, plus la situation dégénère entre ces deux peuples frères qui risque de nous plonger tous vers une guerre fratricide ; à ne pas souhaiter !
Nous nous apercevons jusqu’ à quel point, être Kasaïen dans notre propre pays dérange le commun de mortel. Pourtant, notre histoire nous enseigne que nous sommes autant plus katangais que Kasaïens et vice-versa.
Cette date du lundi, 13 novembre 2023 restera à jamais gravée dans nos mémoires ; avec des tristes images du massacre de Malemba-Nkulu où nos sœurs et frères du Kasaï habitant ou nés dans ce territoire, ont été brulés vifs et calcinés sous les morceaux de bois, voire leurs maisons incendiées.
Et que dire des femmes Kasaïennes résidentes ou nées dans ce coin de territoire, violées avec des objets contondants, leurs hommes gisant au sol, leurs corps découpés avec la machette devant une foule en liesse acclamant la victoire. Cette victoire, pour avoir tué et brulé les corps des Kasaïens et malmené une pauvre jeune dame ruée au sol par une dizaine de garçons sans scrupule comme les démons s’exhibant à la pleine lune !
Malgré ses supplications, tous tenaient à l’achever parce qu’elle est supposée être d’origine Kasaïenne.
Ce comportement de cette jeunesse devenue assassine et barbare, qui ne respecte plus son prochain et qui n’hésite pas à tuer verser du sang ni à exhiber le corps de la victime comme un trophée de victoire ; il y a de quoi se questionner avec ce genre de comportement chez nos jeunes, qui sont appelés à prendre le relais un jour dans notre société !
Ainsi donc, le risque est fort probable de se réveiller un jour dans le futur, dans une société dirigée par les assassins, ayant déjà commis tant de crimes et se réjouissent d’avoir versé le sang des innocents tout simplement à cause de l’intolérance tribale ou ethnique !
Devant l’impensable, les habitants de Malemba Nkulu bons spectateurs instrumentalisés, applaudissent et encouragent, ce tourbillon démoniaque qui semble normal à leurs yeux, car pour le peuple du Katanga en l’occurrence les gens de Malemba-Nkulu, un kasaïen n’est pas une personne à leurs yeux et ne mérite pas de vivre !
Devant cette considération péjorative et harcèlement, certains politiciens et leaders traditionnels imposteurs et aigris lancent certains slogans xénophobes : « Boma Muluba, tika nyoka ! » Des véritables étincelles de provocation à inciter la population à la haine et au trouble pour déstabiliser une jeunesse déjà meurtrie.
Donc, le fait d’être kasaïen aujourd’hui au Katanga plus particulièrement en sol de Malemba-Nkulu est mal vue. C’est, être un paria pourtant eux les Katangais vivent tranquillement dans les autres provinces sans être inquiétés.
Notre constitution pourtant stipule que tout congolais est libre de s’installer et de s’épanouir sans crainte dans tous les territoires de la RDC. Toute personne ou groupe d’individus qui restreint cette liberté viole, à la barbe des autorités politico-administratives et de sécurités ce droit sacré et parfois sans être inquiété sur les conséquences.
Nous assistons impuissant devant la haine et le mépris de l’autre. Au lieu de nous unir pour bâtir et nous développer, nous devenons les destructeurs de nous-mêmes, certains politiciens avides de pouvoir sont près à détruire notre société et sa jeunesse espoir du futur, à n’importe quel prix !
Dans tout cela, la justice est absente, le corps de police, le gouverneur, le bourgmestre jusqu’au chef de quartier ; où étaient-ils ? Régner, c’est prévoir ! N’ont-ils pas eu vent de ces événements avant leur déclanchement ? Nous nous posons ces questions parce qu’à travers les médias nous avons été bien abreuvés de ces images horribles. Quant à la justice, nous sommes restés sans échos de son application.
Les délits, la violence à la machette, les crimes sexuels, la corruption, le viol de femmes deviennent une arme de chantage, de terreur, d’humiliation publique de guerre ; et sans oublier le poison, toutes ces combinaisons d’éléments font partie des infractions quotidiennes graves qui se sont malheureusement et tellement répandues à tel point que nous assistons à un phénomène de violence à travers tout le pays qui devient banal. La jeunesse tue et viole sans remords !
Les pratiques barbares et les différents objets contondants du crime utilisés dans la guerre de l’Est et cette façon d’opérer se répandent dans tout le pays sous l’œil de la justice et des hommes de bonne volonté, tous impuissants ou tacitement participatifs (sic!).
Les jeunes s’entretuent à la machette ou au poison, les jeunes sont sans pudeurs sans respect ni crainte de nos valeurs ancestrales et se livrent à violer et à harceler nos mamans sans respect ni pudeur, ils osent et en viennent au bout de leur forfait …avec des objets contondants, nos ainées et les personnes de tout âge confondu ! Où nous mènera ce genre de jeunesse dévergondée et xénophobe ? Restons vigilants ! Car ce n’est pas avec ce genre de personne que nous allons bâtir un Congo nouveau. La pudeur et le respect des individus et des ainés n’existent plus en RDC ! Serait-ce à eux que nous allons léguer la société de demain ?
Depuis la guerre de l’Est, nous constatons impuissamment combien les crimes sexuels à l’endroit de la femme sont banalisés et devenus arme de chantage. Le mode opératoire de ces crimes perpétrés dans le reste du pays comme à Malemba-Nkulu avec des objets contondants et machettes se répand comme une poudrière malheureusement. Où va nous conduire ce fléau où nos jeunes en pleine puberté se livrent à des viols et tueries sans vergogne !
Où sont passés nos coutumes et tabous qui dictaient les règles de bonne conduite pour une société meilleure ? Où est passée la justice qui est supposée élever notre nation ? Où sont passés nos sages qui sont les derniers recourt pour condamner le mal ?
Comment rester insensible et indifférent devant une violence orchestrée par des jeunes en pleine fleur de l’âge qui au lieu d’aller à l’école, ceux-ci s’adonnent aux actes ignobles poussés à l’extrême, encadrés par les oiseaux de mauvais augures cachés au sein des institutions et des services de maintien de l’ordre ?
Nous FICE-FEMMES, nous condamnons ces crimes barbares de tuer par poison, violer et de mutiler les femmes qui ont pris de l’ampleur avec la guerre de l’Est. C’est là que les antivaleurs se sont développés au regret d’une société qui jadis était paisible aux coutumes et traditions ancestrales très respectueuses.
Suite à ces tristes événements, nous FICE-FEMMES, nous avons rédigé ce Memo que nous vous présentons avec des recommandations, ci-après :
- Rechercher, retrouver vivant ou mort les auteurs de ces actes de violence et d’incitation à la haine ;
- Ordonner des enquêtes à tous les niveaux auprès des responsables de la société civile et militaire ;
- Traduire en justice les auteurs des propos haineux : « Les Talibans, Busheshe »
- Rendre un jugement public afin que toute la société sache, ce qui s’est réellement passé et en connaitre les auteurs, semeurs des troubles ;
- Que tous les meneurs de crimes soient cités et présentés devant le public ;
- Recueillir tous les faits par les spécialistes en justice et loi, toutes les informations, les analyser ;
- Que la justice mène des vraies enquêtes libres et transparentes que les coupables et les tortionnaires soient tous démasqués même s’ils appartiennent à la classe politique ;
- Que la femme rescapée soit prise en charge pour les soins appropriés ;
- Il en est de même pour tous les autres blessés et les personnes ayant subi le choc psychologique ;
- Que tous les corps détectés soient identifiés et enterrés avec dignité ;
- Recenser la population et vérifier les absents à l’appel ;
- Revoir les structures et le cadre sanitaire dans lesquels les blessés physiques et mentaux pourront continuer leurs traitements à court et à long terme ;
- Préparer une bonne structure d’accueil pour un retour progressif dans un cadre sain et digne pour un nouveau départ ;
- Que la police encadre les déplacés vers leurs domiciles respectifs ;
- Aider les victimes qui veulent tenter un procès vers leurs agresseurs à mieux s’y préparer ;
- Trouver des personnes qualifiées et des ressources appropriées pour accompagner tous ces victimes qui ont connus des atrocités à Malemba-Nkulu ;
- Créer sur tous les territoires, la police de quartier pour protéger et recenser la population du coin ;
- A qui faire appel en cas d’urgence ? Donner un numéro de téléphone d’urgence ;
- Mettre au point un bureau d’urgence ouvert 24 sur 24h avec un personnel aiguisé etc.
NB : L’ignorance de notre propre histoire, mauvais encadrement de ces jeunes livrés à l’itinérance, l’alcool, la drogue, deviennent des véritables proies à tout passant. À cela s’ajoute le manque d’éducation comme disait Nelson Mandela, « Une jeunesse sans éducation, est une bombe à retardement ! » Il avait raison !
Voilà que nous sommes tous témoins de ce phénomène ‘’Kuluna’’ qui a traversé les frontières de Kinshasa pour se répandre en province jusqu’à Malemba-Nkulu. Il est plus ce que temps d’agir !
Fait à Calgary, le 16 novembre 2023
Pour le Forum des Intellectuels Congolais de l’étranger
Mme Tchitala Nyota Kamba L. PhD
Présidente FICE-FEMMES
Mme Vice-Présidente FICE CANADA
Mélisa Tshilobo Lumbala
Biographie
Mme Tchitala Nyota Kamba L. PhD
Présidente FICE FEMME
Première femme congolaise diplômée au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles, Passionnée du théâtre et du cinéma ;
Présidente de Miabiwood Film Production.
Université de Montréal – Études Françaises PhD
Professeure, artiste dramatique vient de publier aux Editions Amalthée en France, le récit dramatique de KAYOWA WA BAYOMBO.
Biographie
Mme Mélisa Tshilobo Lumbala
Fonction publique Canada
Diplôme MBA Gestion des Ressources Humaines
Vice-Présidente FICE CANADA
Activiste pour le droit des travailleurs, le droit des minorités raciales ainsi que celui des femmes auprès de l’alliance de la fonction publique Canadienne
