La crise à l’Est de la RDC va prendre une nouvelle tournure après les résultats mitigés de la médiation angolaise. Les simples condamnations de la Communauté Internationale ne sont pas parvenues à faire reculer le Rwanda dans sa détermination de soutenir le M23. La catastrophe humanitaire qui résulte de cette guerre d’invasion contre la RDC, laisse pantois tous les témoins qui ont fait le déplacement de l’Est congolais.
L’Union européenne qui s’apprêtait à apporter une nouvelle aide militaire de 20 millions d’euros au gouvernement de Kigali, réfléchit sur la possibilité de poursuivre ou non son soutien financier au pays de mille collines. Cet appui devait aider l’armée rwandaise déployée à Palma, dans la province de Cabo Delgado, au Mozambique, à lutter contre les djihadistes. Mais, face au soutien militaire apporté par le Rwanda au M23, l’Union européenne a décidé de geler cette enveloppe de 20 millions d’euros.
Bruxelles s’acheminerait, dans le même temps, vers de nouvelles sanctions contre le régime de Kigali. L’UE avait privilégié la lutte contre l’insurrection islamiste au Mozambique au détriment de l’agression rwandaise contre la RDC. L’instabilité dans la région de Cabo Delgado au nord du Mozambique inquiète toujours les Européens, où plusieurs de leurs compagnies, TotalEnergies et Eni notamment, prévoient d’exploiter d’importants gisements de gaz.
Entretemps, Luanda s’active à nouveau. C’est depuis lundi 1ᵉʳ juillet dernier que l’Angola a pris, pour un mois, la tête de l’organe décisionnel permanent de l’Union africaine pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits, qui constitue un système de sécurité collective et d’alerte rapide, visant à permettre une réaction rapide et efficace aux situations de conflit et de crise en Afrique.
Faisant d’une pierre deux coups, Joao Lourenço qui joue aussi le rôle de médiateur dans cette crise opposant Kinshasa à Kigali, a prévu une réunion au niveau ministériel pour discuter de différentes initiatives de paix régionales en cours. Concrètement, il s’agira d’évaluer la situation dans l’Est de la RDC. Objectif : encourager les deux parties à reprendre le dialogue.
L’Administration Biden qui, en décembre 2023, avait réussi à obtenir un cessez-le-feu, est à nouveau à la manœuvre pour une issue heureuse du processus de paix sous la conduite du facilitateur angolais. Pour les Usa qui fêtaient hier jeudi 4 juillet, sa fête de l’indépendance, le pays de l’oncle Sam est engagé à utiliser ses outils diplomatiques et son influence pour promouvoir le dialogue et permettre le processus de Luanda de porter ses fruits. C’est donc la première fois qu’une éventualité des sanctions est évoquée par la communauté internationale.
La Pros.