La RDC est prise entre le marteau et l’enclume suite à la gestion et la gouvernance des institutions peu fiable pour l’occupation d’une place de choix dans cette transition multipolaire au sein des multiples organismes sous-régionaux freinant ainsi son développement.
Samedi 9 mars 2024 à 10 heures, un forum scientifique a été organisé en la salle Père Boka au centre d’études pour l’action sociale, CEPAS en sigle, par l’ASBL Eclairage. Ledit forum était animé par le Professeur Albert MULUMA, Docteur en sciences Sociales de l’Université de Bruxelles, professeur ordinaire et doyen de la faculté des sciences sociales à l’Université de Kinshasa et le Professeur Cyril MUSALA, expert en Géopolitique des conflits dans les pays des Grands Lacs Africains.
L’ASBL Eclairage est un groupe qui prône la recherche, la réflexion et soutient l’initiative endogène des chercheurs congolais sur les questions de gouvernance nationale et internationale, de coopération et de développement durable avec comme objectif de rassembler les universitaires, analystes et experts afin de promouvoir les intérêts de le RD Congo et de l’Afrique, élaborer des thématiques nationales originales et complémentaires et concurrent aux thèses produites dans des contextes, intérêts et réalités différents. Concernant le forum organisé en cette journée-là, les objectifs étaient : offrir un cadre d’échange et construire un réseau d’expertises sur le thème, réunir des personnalités (Acteurs institutionnels, diplomatiques, scientifiques, économiques, professionnels, étudiants…), présenter 2 interventions complémentaires relatives au thème et vulgariser par les moyens multimédia le déroulement de cette activité.
Après une brève présentation du Groupe Eclairage par le modérateur, la première intervention du professeur Muluma a été articulée en 6 points : l’introduction, la suprématie Américaine, la fin du monopole occidentale, les pays émergents, la dialectique unipolaire et multipolaire : place de la RDC et enfin la conclusion et perspective d’avenir.
Que retenir de cette intervention ?
Dans son introduction, le professeur Muluma a évoqué la place imposable dominée du leadership et de l’hégémonie occidentale influencée par les Etats-Unis à travers l’OTAN et le reste du monde. Le 20ème siècle a vu naître une révolution de contestation de cette domination américaine notamment, par la Russie, la Chine, le Brésil, l’Afrique du sud, la Corée et tant d’autres.
Cette hégémonie américaine maintient le monde, non seulement sous sa domination mais aussi, dans la pauvreté afin de maintenir l’ordre mondial qui remonte à la seconde guerre mondiale.
Quant à la suprématie Américaine, elle n’est nullement contestée du fait qu’après la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont voulu une imposition de leur leadership à travers le monde et cette imposition a conduit à la guerre froide en raison de la résistance de l’URSS qui voulait également contester cette suprématie et qui a conduit à sa division jusqu’à la chute du mur de Berlin.
Cette imposition n’est pas à l’aveugle puisque cela est observable dans le secteur politique (Capitalisme), économique (avec la réserve monétaire mondiale, le dollar), technologique, militaire, culturel en rendant l’Anglais incontournable.
La contestation de cet impérialisme a commencé à naître peu à peu. Déjà, avec le Général Français De Gaulle qui refusa que l’armée française soit commandée par un haut gradé américain dans le cadre de l’OTAN et le président Français, François Mitterrand, a tiré une sonnette d’alarme sur la généralisation d’un modèle culturel unique en craignant la naissance d’un régime totalitaire.
Pour le professeur Cyril Musila, le frein de la RDC est son appartenance à plusieurs organismes sous-régionaux. C’est le Seul pays à faire partie de 4 sur les 6 organismes du continent africain et cela, à pour cause : du chevauchement, de l’emboitement et des compénétrations.
A elle seule, la RDC est membre du COMESA, de la SADC, de l’EAC et de la CEEAC dont dans certains des ces organismes, il y a eu adhésion sans ratification parlementaire préalable.
Ceci constitue, en même temps, sans le savoir, une balkanisation géopolitique et économique puisque déjà à l’intérieur du pays, la circulation n’est pas, non seulement fluide, mais presqu’impossible de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud et le déplacement terrestre est impossible.
Le professeur Emile Bongeli, présent à l’activité, a vivement salué l’initiative et encouragé Eclairage à élargir sa vision et ses forums pour les libres penseurs et ouvrir ses portes aux personnes qui souhaiteraient apporter leur pierre à l’édifice. Après une séance- débat des questions-réponses, le forum a pris fin par une photo de famille sous la coordination du staff de l’Eclairage.
Tychique Matondo
