L’affaire « pétitions » contre 5 membres du Bureau de l’Assemblée nationale enflamme la toile et s’impose comme actualité brûlante dans nombre de médias depuis plusieurs semaines.
Le premier alinéa de l’article 32 du Règlement intérieur de cette institution dispose : «Les membres du Bureau ne peuvent être mis en cause collectivement.» Aussi, le Speaker Vital Kamerhe, le Rapporteur Jacques Djoli, la Questeure Chimène Poli Poli, le Rapporteur adjoint Dominique Munongo et la Questeure adjointe Grâce Neema, ont-ils défilé, le week-end passé, devant la Commission spéciale pilotée par Peter Kazadi pour répondre aux griefs soulevés par les pétitionnaires suivant les attributions de chaque membre du Bureau.
Des graves et inédites irrégularités ont été mises en exergue lors de l’audition du Président Kamerhe dit «Mwalimu». Incroyable mais vrai, le 2ème Vice-président Christophe Mboso serait impliqué. En effet, un faux député national nommé Mulumba Kanyinda, coordonnateur du parti de ce patriarche, aurait signé la pétition contre le Speaker de la Chambre basse du Parlement. 25 fausses signatures, 1 doublon et fausse signature, 1 nom sans signature ont été relevées.
Curieusement, les pétitionnaires auditionnés quelques heures auparavant avaient refusé toute confrontation, débat contradictoire, avec les personnes qu’ils accusent. Rien que pour la forme, ces pétitions sont à jeter dans la poubelle. Les spécialistes des questions parlementaires évoquent quatre cas de jurisprudence tirés des législatures passées.
2015 : rejet de la pétition Mutomb-Nzangi contre le Bureau de l’Assemblée nationale pour faux en écriture ; 2020 : découverte de doublons dans la pétition visant le Rapporteur Célestin Musau ; 2023 : rejet d’une motion de défiance, pour falsification de signature, à l’Assemblée provinciale de Kinshasa contre le Gouverneur Gentiny Ngobila.
Toujours à l’Assemblée nationale, il y a aussi le cas de la pétition initiée contre l’ancien 1er Vice-président Jean-Marc Kabund dont l’examen s’était arrêté au niveau de la forme. Son initiateur était même traduit en justice. C’est ce qui risque de s’appliquer, aujourd’hui, à l’égard de ceux qui ont voulu faire tomber Vital Kamerhe, leur principale cible, par la tricherie.
Plans machiavéliques, intrigues, coups bas, deals, corruption ont élu domicile le Palais du Peuple, siège du Parlement. Le Procureur général près la Cour de Cassation doit-il demeurer spectateur ? C’est des pétitionnaires, notamment André Mushongo et Pepito Kilala, qui ont dénoncé ce désastre à travers des audios devenues virales dans les réseaux sociaux. Ce feuilleton parlementaire devient une distraction politique en temps de guerre. C’est ainsi que le député Justin Bitakwira a interpellé ses collègues : « Le peuple qui nous regarde, pense que nous sommes des inconscients. »
Par ailleurs, les deux membres du Bureau qui ont échappé au courroux de ces « agitateurs », se regardent désormais en chiens de faïence. Selon quelques pétitionnaires, Christophe Mboso et Augustin Kabuya auraient misé la faramineuse somme de 1.500.000 USD pour faire quitter le Professeur Jean-Claude Tshilumbayi de son poste de 1er Vice-président. Le groupe parlementaire de ce dernier, une mosaïque de l’UDPS, a immédiatement riposté en menaçant le 2ème Vice-président de destitution. L’Assemblée nationale se transforme en Tour de Babel.
Le rapport de la Commission Kazadi est attendu cette semaine. Il est temps que les élus soucieux du bien-être de la population tournent définitivement cette page honteuse et se consacrent à l’examen et adoption du projet de loi de finances déposé par le Gouvernement Suminwa depuis le jour de la rentrée parlementaire. Plus de temps à perdre !
La Pros.