Après une trentaine d’années d’instabilité à l’Est, la RDC se trouve au centre d’intérêts de différentes puissances. Bannie, jadis, pour insolvabilité, la RDC signe désormais son retour dans le concert des nations.
Pour ce faire, Paris n’entend pas laisser libre cours à Doha et à Washington qui restent suffisamment avancés dans leurs efforts de ramener la paix à l’Est congolais. Il est vrai que tout le monde tire prétexte sur le drame humanitaire pour avoir accès aux riches gisements miniers congolais.
La nouvelle course aux armements avec l’apport de l’intelligence artificielle appelle de nouveaux débouchés. La RDC attire, non seulement pour ses riches gisements miniers, mais également comme pays-solution face à la surchauffe de la planète par l’effet de serre.
C’est l’occasion pour Emmanuel Macron de jouer aussi sa partition. Du haut de la tribune de la 80ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York, le Président français a exigé le respect de l’autorité de l’Etat en RDC. A cet effet, elle accueillera en octobre une conférence pour répondre à l’urgence humanitaire de la RDC.
Mieux vaut tard que jamais, mais de l’avis des observateurs avertis, la France n’est pas à sa première tentative de convoquer Félix Tshisekedi et Paul Kagame pour un tête-à-tête. Même si l’objectif est de mobiliser les partenaires et bailleurs autour de la région des Grands Lacs, et en particulier de l’Est, Paris veut se faufiler dans les mailles du filet de Doha et Washington.
Pour rappel, une première date avait été fixée autour du 25 juillet sur proposition de Macron pour mettre autour d’une table le Président congolais et son homologue rwandais. Mais le rendez-vous avait été ajourné à la suite de l’indisponibilité de Félix Tshisekedi en raison d’un agenda chargé.
Le Chef de l’Etat devait se rendre en Indonésie pour la COP30, qui s’est tenue du 10 au 21 novembre dernier. Ironie de l’histoire, ce déplacement a finalement été annulé. Une nouvelle échéance du 8 septembre, avait ensuite été avancée, avant un nouveau report pour fin octobre.
On croit savoir que, cette fois-ci, sera la bonne. Le fait d’abord de parvenir à mettre autour d’une table les Chefs d’Etat, est un pari gagné pour Macron qui s’est montré, de tous les temps, proches du Rwanda. Mais depuis un moment, des initiatives d’appel à la communauté à réaffirmer la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, est un pas diplomatique important qui mérite d’être pris en compte. Toutefois, il faut bien négocier cette entrée en scène de Paris aux côtés de Doha et de Washington pour le bénéfice d’une paix durable à l’Est congolais.
La Pros.