La libération imminente du journaliste Isidore Kashulwe de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, après 14 jours de détention à la prison centrale de Moba jeudi 22 janvier 2026, a été saluée par l’Observatoire de la Liberté de la presse en Afrique (OLPA). Dans un communiqué officiel de cette organisation non gouvernementale de défense et de promotion de la liberté de la presse émis ce 28 janvier, OLPA prend acte et condamne in extremis la procédure jugée «cavalière» ayant conduit à l’incarcération du journaliste, laquelle constituerait sans nul doute une entrave à la liberté de la presse telle que garantie par la loi sur les droits de l’homme.
L’intégralité de cette correspondance est reprise ci-dessous.
L’Observatoire de la Liberté de la presse en Afrique (OLPA), organisation non gouvernementale de défense et de promotion de la liberté de la presse, prend acte de la libération d’Isidore Kashulwe, journaliste basé à Moba, à 335 kms de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika (sud-est de la République démocratique du Congo).
Le journaliste a été relaxé le 22 janvier 2026, après 14 jours de détention à la prison centrale de Moba, et paiement d’une caution de 625 000 francs congolais (équivalent d’environ 284 dollars américains).
Pour rappel, Isidore Kashulwe a été interpellé, le 8 janvier 2026, par un officier supérieur des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à Moba. Il a été conduit au bureau de la Police nationale congolaise (PNC/Moba) où il a été auditionné par un officier de police judiciaire sur la diffusion d’une information présumée fausse. Le journaliste a été placé au cachot de la police, avant d’être transféré le 9 janvier 2025, au parquet près le tribunal de paix de Moba où il a été inculpé pour “faux bruit” à la suite d’une plainte du Conseil territorial de sécurité. Accusation consécutive à la diffusion, le 1er janvier 2026, sur plusieurs médias locaux et réseaux sociaux, d’une information relative à un drame survenu dans la cité de Kirungu à Moba. Un militaire a tiré à balle réelle sur une résidante de Kirungu.
Il a été reproché au journaliste d’avoir cité dans son reportage un militaire des FARDC comme auteur des tirs, alors qu’il s’agirait d’un militaire en état d’ébriété qui aurait commis cet acte.
Après cette audition au parquet, Isidore Kashulwe a été placé en détention à la prison de Moba jusqu’à sa relaxation.
Tout en prenant acte de la libération, OLPA condamne avec fermeté la procédure cavalière ayant conduit à l’incarcération du journaliste laquelle est constitutive d’atteinte à la liberté de presse garantie par la loi congolaise et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme.
