(Par le Professeur Florent Gabati)
Aujourd’hui, le constat de la situation politico-économique est si grave et affligeant qu’il est plus difficile pour les congolais d’envisager des lendemains meilleurs. L’absence de la prise de conscience de la nécessité d’une gouvernance plus responsable ne fait qu’altérer encore davantage la confiance, et surtout la qualité de l’institution parlement de la Rdc sous l’ère Kamhere. Tout ce qui se passe nunc décrédibilise le président du parlement congolais qui vient de signer un ordre de mission de dix jours pour 22 personnes dont dix députés nationaux qui doivent l’accompagner à Montréal au Canada pour la 42 ème session de l’Assemblée Parlementaire Francophone.
Déjà, en décembre 2019, nous écrivions que l’actuelle république congolaise se caractérise à une république siphonneuse des deniers publics, aujourd’hui encore le même acteur politique condamné pour un détournement de 15 millions de dollars américains revient à la charge en trouvant d’autres prétextes financiers. Est ce qu’un vieux scélérat peut-il devenir du jour au lendemain un homme d’État respectueux des valeurs démocratiques ?
Comme la politique est fondamentalement un partage du sensible , elle véhicule de nombreux messages influençant les répulsions ou les espoirs à l’égard des hommes politiques . Toute volonté ou prétexte financier de piller le pays est perçu comme du cynisme à l’instar de cet ordre de mission signée par Kamhere de voyager au Canada avec une bande des complices formant une brochette des fossoyeurs de l’économie nationale. A titre comparatif, 150 élus représentant presque 90 pays membres de l’Assemblée parlementaire Francophone ont pris part du 28 au 29 mai 2024 au Cameroun aux travaux de la Régionale. Du 5 au 10 juillet 2024 ( pendant 6 jours) se tiendra à Montréal la 42 ème Assemblée Parlementaire Francophone où presque 200 personnes sont attendues pour 92 parlements francophones du monde et organisations. C’est sous-entendu que chaque délégation pourra comporter au maximum 8 personnes. Nous avons l’expertise dans ce domaine des missions de service pour avoir participé à de nombreuses missions gouvernementales au Zimbambwe, en Afrique du Sud, en Tanzanie, en Ethiopie pour des durées n’excédant pas souvent plus de 5 jours. En dehors des ministres qui nous accompagnaient , le nombre d’experts ne dépassait pas plus de 10 personnes. Ce qui révulse : l’ordre de mission de Kamhere comporte 22 personnes et pour 10 jours(la session de Montréal est de 6 jours). Comprenez ! Les congolais ne sont pas dupes, cette forme de pillage en bande organisée dans un ordre de mission de 22 personnes pour 11 jours à l’étranger ressemble à une razzia .
En feignant d’imprimer une dynamique de changement dans le train de vie de l’Assemblée nationale , comme un bon caméléon Kamhere revient à ses vieux réflexes prédateurs en ouvrant tout grand les vannes de la dépense publique . Dans ce système des « grippes-sous », la frontière entre la morale et l’immoral y est opaque, tous reprennent le credo de « carpe diem ». Tout comme le Vice-président de l’Assemblée nationale Mboso est aussi entré en lice lors de l’investiture du gouvernement Suminwa au Palais du peuple en habillant soigneusement sa garde rapprochée en veste-cravate et des hommes en tenue verte. D’où provient l’argent pour toutes ces extravagances ? Ces pratiques délictueuses conduisent aux déficits démocratiques de bonne gouvernance, de justice sociale et illustrent davantage en Rdc que la politique reste la plus immonde du monde.
In fine ce gouvernement s’investirait davantage à clore le cycle des élections législatives à Masimanimba suite à la fraude et corruption et fixer la date pour les élections des gouverneurs , vice-gouverneurs et sénateurs dans la province du Kwilu et Yakoma au lieu que certains caciques du pouvoir se délectent dans leurs nouvelles fonctions en bottant en touche la vitalité des institutions républicaines qui s’enracine sur un cycle régulier, responsable des élections et non à géométrie variable. C’est tragique pour notre pays que l’histoire du pouvoir actuel se construit autour d’un système politique obéissant à un impératif de siphonner les deniers publics, de normalité privant certains pans du territoire des députés , gouverneurs, vice-gouverneurs, sénateurs élus et à l’est du pays Bunagana de la souveraineté nationale. Nous ne cesserons de dénoncer ces pratiques qui ne créent pas les conditions propices au développement durable.
