Financements directs pour l’exécution des travaux. Suivi permanent et rigoureux de la Convention pour le respect strict des engagements. La Centrale de Busanga désormais à 40% propriété congolaise. Enveloppe globale ajustée à hauteur de 7 milliards de dollars américains…Telles sont, en effet, les principales retombées d’un travail titanesque abattu par la partie congolaise, sous l’impulsion du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, en vue du rééquilibrage systématique du contrat chinois. Freddy Shembo, Directeur de l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions de collaboration (APCSC), considère la signature de l’avenant N°5 de la Convention Sino-congolaise comme étant salutaire au regard des défis auxquels le pays fait face en termes d’infrastructures. Au cours d’un point de presse tenu ce week-end, au siège de l’agence, à Gombe, il a rendu hommage au Chef de l’Etat pour sa vision éclairée qui a permis, finalement, de rétablir un partenariat gagnant-gagnant entre Kinshasa et Pékin. Il a assuré que la partie congolaise mettra tout à contribution pour la mise en œuvre effective des actions palpables dans les tout prochains jours. A l’en croire, chaque année, la partie chinoise va débourser un montant de 324 millions de dollars pour la construction des routes en RDC -selon la ligne qui sera tracée par le Ministère des Infrastructures et travaux publiques- et que des agences de contrôle aussi bien locales qu’étrangères seront mobilisées pour s’assurer que chaque entité respecte ses engagements.
Travail fastidieux, retombées efficaces
«Nous sommes effectivement devant vous parce qu’il y a eu un grand évènement hier. Il y a eu signature de l’avenant N°5 à la Convention sino-congolaise, qui a consacré un projet minier pour le développement des infrastructures dans notre pays… Vous vous souviendrez qu’en 2023, nous avions tenu une conférence de presse conjointe avec Monsieur l’Inspecteur Général des Finances Chefs des services dans laquelle nous avions tous compris qu’il y avait un grand déséquilibre dans cette convention de collaboration. Le grand déséquilibre c’est que le projet minier existait pour développer les infrastructures dans notre pays. On a constaté qu’alors que le projet minier fleurissait, les infrastructures croupissaient davantage dans la misère. Et, on ne pouvait plus continuer dans cet élan. C’est ainsi que nous rendons un vibrant hommage à Son Excellence Monsieur le Président de la République pour sa vision. C’est un engagement personnel de sa part. Vous savez qu’au mois de mai de l’année 2023, il avait effectué un voyage en Chine. Nous étions parmi les membres de la délégation qui l’avait accompagné. Les deux pays ont fait une déclaration conjointe où ils ont décidé d’élever la coopération à un niveau stratégique global. A cette occasion, un message avait été lancé par Son Excellence Monsieur le Président de la République à la partie chinoise pour dire qu’il est temps qu’on ait une coopération gagnant-gagnant, une collaboration de nature à profiter à toutes les deux parties. Depuis lors, une commission a été instituée au niveau de la Présidence de la République. Nous y avons pris part, nous y avons cheminé. Je remercie tous les négociateurs. Il y avait au moins 160 personnes qui se sont attelées à des travaux de renégociation. C’était parfois des débats très houleux. C’était chaud, des positions très contradictoires. Mais, du choc des idées jaillit la lumière. Nous avons vu le bout du tunnel. Il y a bel et bien eu signature de cet avenant. Il y a eu des membres du Gouvernement, il y a eu des Inspecteurs de l’IGF, il y a eu plusieurs délégués de plusieurs services sans oublier l’APCSC. L’objectif poursuivi était la renégociation, le rééquilibrage. Aujourd’hui, la question que vous avez le droit de vous poser est de savoir si ce contrat avait été réellement rééquilibré », a indiqué le DG Freddy Shembo, dans sa communication du jour.
Des axes importants à retenir
«Cinq points que j’aimerais que la presse retienne. Le premier c’est qu’aujourd’hui, à l’heure où nous parlons, le montant dédié aux infrastructures est passé de trois milliards de dollars américains à sept milliards. C’est-à-dire qu’au début de la Convention, trois milliards étaient dédiés aux infrastructures et jusque-là, on avait consommé 1 milliard cinquante (1050000). Donc, à ce reliquat de 3 milliards s’ajoutent 4 milliards, qui nous donnent une enveloppe globale que nous sommes en droit d’attendre de la partie chinoise. La deuxième chose, c’est qu’à l’heure actuelle, on ne procède plus aux endettements. Dans la formule ancienne, la partie chinoise s’endettait et la partie congolaise remboursait avec des intérêts. Je voudrais par exemple vous rappeler qu’il s’agissait de 800 millions investis dans les infrastructures depuis le début de la convention jusqu’à l’année dernière. C’est une perte qui ne va plus exister à partir du financement des chiffres d’affaires de la Sicomines. Le troisième grand avantage c’est qu’il n’y aura plus un creux. On a connu un creux depuis le lancement de grands travaux qu’on a appelés les ‘’ 5 Chantiers’’. Il n’y a plus eu de grands travaux pourquoi ? Parce qu’il n’y a plus eu une injection de nouveaux capitaux. Désormais, c’est entendu. Il n’y aura pas un creux, il n’y aura plus une année vide. Chaque année, nous avons un minimum de 324 millions qui seront versés pour la construction des infrastructures. Le quatrième acquis c’est que la Centrale hydroélectrique de Busanga qui permet à la Sicomines d’atteindre sa capacité maximale de production, est désormais à 40% propriété de la République démocratique du Congo alors que dans la configuration ancienne, la partie congolaise n’avait que 25%. Le cinquième point à retenir, c’est qu’aujourd’hui dans la Sicomines, la Gecamines qui représente la partie congolaise aura maintenant une place à table. La Gecamines aura une voix qui compte est que les agents, les délégués de la Gecamines ne seront plus relégués. Ils auront un réel pouvoir. En plus de cela, nous avons dans la configuration actuelle, la Direction de commercialisation, qui revient maintenant à la partie congolaise et on a introduit deux postes nouveaux des adjoints ou directeurs techniques qui sont occupés par des congolais », a-t-il enchainé, dans son élan.
Vivement une équipe chargée d’audits
Il a souligné, en outre, une innovation relative à la mise en place des audits.
« Un grand point à ne pas minimiser, c’est qu’il y a aujourd’hui le principe des audits. On ne peut pas suivre le Programme sino-congolais si on n’a pas d’audits techniques et financiers qui nous disent exactement combien d’argent a été investi, combien, sur le plan technique, ils ont exploité en termes des matières premières et la certification des résultats qui ont été mis à profit pour la joint-venture qui est la Sicomines. Voilà, en gros, l’économie de ce que représente cet accord », a-t-il expliqué à la presse. Il est d’avis que ‘’le problème n’est pas toujours ce qui est écrit, mais c’est dans le suivi’’.
L’APCSC sur tous les fronts
«Nous, nous venons ici pour vous dire que pendant une année, depuis notre nomination, nous avons attendu patiemment la conclusion de cette renégociation. Pendant ce temps, on n’a pas croisé les bras. Nous avons, tout en participant aux travaux de la commission, anticipé plusieurs problèmes qui ont créé le déséquilibre qui a été constaté. Le gros du problème c’est le suivi. On ne peut mettre un programme comme celui-ci en autopilote. On ne peut pas se dire que toutes les parties connaissent leurs responsabilités. Les gens ne respectent que ce qu’on inspecte. Nous allons nous rassurer ici à l’agence que cette convention marche selon la vision de Son Excellence Monsieur le Président de la République et selon l’esprit de la convention. C’est quoi l’esprit de la convention ? On a dit qu’il faut que le projet minier soit un moyen pour construire les infrastructures de la République démocratique du Congo. Eh bien, les infrastructures de la République démocratique du Congo doivent être construites. Nous allons insister sur la qualité, la vérité des prix et nous allons suivre. Nous n’allons pas venir avec un coup de baguette magique. Mais, je peux vous rassurer que notre travail commence aujourd’hui. Nous allons suivre de manière très rigoureuse. On va s’appuyer utilement sur l’ACGT et le Bureau technique de contrôle ainsi que d’autres structures de contrôle indépendante que nous allons approcher. L’idée ici est qu’on ne peut pas continuer à répéter les mêmes choses et s’attendre à des résultats différents. Ce qui va changer c’est le contrôle, le suivi. Tout ce qui ne sera pas conforme à l’esprit de la convention, nous demanderons un correctif immédiat », a conclu, sereinement, le Directeur Général Fraddy Shembo, qui voudrait, du reste par cette sortie médiatique, inviter les congolais à s’armer de confiance et d’espoir au cours de la volonté du Président Tshisekedi à poser réellement, au cours de son second mandat, des actes qui vont avoir un impact positif sur la vie de ses milliers de compatriotes disséminés à travers l’étendue du territoire national.
La Pros.
