Le Bourgmestre de la commune de Selembao, Matthias Womumu, a annoncé vendredi 24 janvier 2025, que des mesures plus strictes seraient prises pour démanteler les marchés pirates. Lesdites mesures seront appliquées à chaque reprise des activités par les vendeurs. Il a instruit la Police de sa municipalité à passer à l’action, pour mettre fin à ce phénomène, qui est devenu plus que remarquable le long de grandes artères de la commune.
Depuis plusieurs mois, la commune de Selembao fait face à un phénomène récurrent de marchés pirates, où des vendeurs installent leurs tables sur les places qui ne sont appropriées, obstruant ainsi les avenues principales et créant un désordre urbain. Malgré plusieurs évacuations, les vendeurs reviennent souvent après le passage des autorités pour les dégager.
Le Bourgmestre a ordonné à la police municipale de passer à « la vitesse supérieure » en détruisant systématiquement les tables et installations des vendeurs informels avant qu’ils n’aient la possibilité de revenir.
« A chaque fois que nous évacuons les tables, les vendeurs reviennent après notre passage. C’est pourquoi, j’ai instruit la police de passer à la vitesse supérieure avec la destruction des tables qui constituent les marchés pirates sur les emprises publiques. Aujourd’hui, les policiers sont passés à 5 heures pour détruire toutes ces tables avant que leurs propriétaires ne viennent», a déclaré Matthias Womumu lors de son intervention.
Il a précisé que cette mesure de destruction préventive fait suite à des instructions reçues du Gouverneur de la ville, Daniel Bumba. L’objectif est de dissuader les vendeurs informels de revenir sur les sites où ils sont régulièrement délogés. « Quand on détruit les tables trois ou quatre fois, ils seront fatigués », a ajouté Womumu, soulignant l’aspect dissuasif de ces opérations.
Cette initiative vise à restaurer l’ordre public dans la commune de Selembao et à améliorer la circulation, qui est souvent entravée par les installations illégales de commerçants. Cependant, cette stratégie soulève des préoccupations parmi certains acteurs de la société notamment, les vendeurs informels qui représentent une part importante de l’économie locale.
Alors que certaines voix se réjouissent de cette initiative visant à assainir l’espace public, d’autres estiment qu’elle pourrait accentuer les difficultés des vendeurs informels, qui constituent une grande partie de travailleurs aléatoires à Kinshasa. Et certains disent que les autorités locales devront peut-être réfléchir à des alternatives pour réguler ces marchés informels, tout en garantissant une certaine sécurité économique pour les personnes dépendantes de ces activités au lieu de le démanteler.
Chimea Samy
