Restez informé de l'actualité congolaise avec notre newsletter exclusive !

    Inscrivez-vous à notre newsletter exclusive et recevez les derniers articles, analyses approfondies et informations clés directement dans votre boîte de réception.

    Facebook X (Twitter) Instagram
    • Accueil
    • Politique

      Quand Trump fait l’apologie de la violence en Iran

      12/01/2026

      Ni insultes, ni frustration, Le Centre : Germain Kambinga interpelle la classe politique en RDC !

      12/01/2026

      Dans une déclaration politique : Le collectif pour l’Udps originelle salue le ralliement de l’Udps/Tshisekedi à la cause de la réconciliation

      09/01/2026

      Dans son message de vœux aux Membres de l’UDS : Kabasele Tshimanga lutte pour une République démocratique du Congo souveraine, socialiste et populaire

      07/01/2026

      Quid de la résolution H. Res. 559 du Congrès américain qui annulerait l’accord de paix RDC-Rwanda ?

      30/12/2025
    • Nation

      Notre justice ne doit pas devenir un théâtre : le Congo face à la tentation de l’oubli

      14/01/2026

      Interpellation !

      12/01/2026

      Crise sécuritaire dans les Grands Lacs : la RDC obtient des engagements régionaux à Livingstone

      12/01/2026

      Lumuna Ndubu Jérôme annonce les condensés de ses deux livres

      12/01/2026

      RDC : Kinshasa ne devrait pas être en train d’échouer

      12/01/2026
    • Economie

      Budget 2026 : Adolphe Muzito confirme le grand virage vers l’amélioration de la pression fiscale !

      12/01/2026

      Analyse rétrospective, situation actuelle et projections, La RDC, sous A.F Tshisekedi : Où en sommes-nous ? D’où venons-nous ?

      30/12/2025

      Paradoxes du secteur bancaire congolais : « Des barrières réglementaires qui étouffent l’inclusion financière », alerte l’Honorable KASANDA KATUALA

      15/12/2025

      Projet de Loi de Finances 2026 : l’Assemblée Nationale accorde un feu vert !

      12/12/2025

      Retour sur le Forum Canada-Afrique sur l’industrie portuaire et l’économie bleue

      03/12/2025
    • Société

      OCC : Dr Etienne Tshimanga Mutombo lance le processus d’élaboration de la Politique Nationale Qualité en RDC !

      12/01/2026

      Réception d’un important lot de 70 tonnes d’équipements d’assainissement, Projet ‘’Kinshasa Ezo Bonga’’ : Daniel Bumba lance l’offensive contre l’insalubrité !

      12/01/2026

      Conclusion de l’enquête menée par le média Zoom Eco, Réforme des plaques d’immatriculation : une réponse efficace à la problématique réelle de la sécurité publique en RDC !

      12/01/2026

      Rolly Lengo : l’Architecte discret du redressement budgétaire congolais

      07/01/2026

      ‘‘Noël pour Tous’’ : la Fondation LONA porte l’espoir au cœur de la vulnérabilité

      30/12/2025
    • Santé
    • Musique

      Dernière étape de ‘‘Suprême tour’’ : Youssoupha attendu le 19 décembre à Kinshasa

      28/11/2025

      Entrepreneuriat des jeunes en RDC : le Gouvernement Suminwa met le cap sur une série de mesures innovantes !

      27/11/2025

      Internée à l’hôpital Maman Yemo après l’accident, Mbilia Bel : ‘‘Les médecins m’ont recommandé juste un repos pour mieux récupérer ma forme…’’

      12/09/2025

      Samedi dernier à ING Aréna de Bruxelles : Le Bourgmestre bruxellois a enflammé la scène spectaculaire de Koffi Olomide

      09/09/2025

      Après une trêve discographique : Werrason revient avec force dans ‘‘Départ unique’’ !

      02/09/2025
    • Culture

      Offrant un don des produits vivriers  , Noël : la chanteuse Solina apporte sourire aux enfants vulnérables à Masina

      23/12/2025

      Zikomo Africa Awards 2025 en Tanzanie, Media : Jordache Diala remporte le prix du meilleur producteur des contenus culturels en Afrique

      23/12/2025

      RDC : l’USIC honore la professeure Madeleine Mbongo Mpasi pour huit ans de service à l’Administration !

      16/12/2025

      Académie des beaux-arts : Appel à la mobilisation collective de l’État sur la question de restitution des biens culturels

      12/12/2025

      De la musique au cinéma , Fally Ipupa à l’affiche du film ‘‘Rumba Royale’’

      10/12/2025
    • Sport

      CAN 2025 : quand la critique se heurte à la méritocratie, à la masculinité positive et à la vérité des faits

      12/01/2026

      Défaite face à l’Algérien en 8es de Finale,CAN 2025 : la RDC sort la tête haute !

      07/01/2026

      Linafoot: Mazembe démystifie Panda B52 devant ses  supporteurs (6-0)

      09/12/2025

      RDC : les Léopards U15 en tournoi scolaire de l’Uniffac au Gabon

      09/12/2025

      Léopards: Brian Cipenga tout feu tout flamme en Espagne, Yoane Wissa reprend ses bottines en Angleterre

      09/12/2025
    • Offres & Annonces
    La Prospérité
    • Accueil
    • Politique

      Quand Trump fait l’apologie de la violence en Iran

      12/01/2026

      Ni insultes, ni frustration, Le Centre : Germain Kambinga interpelle la classe politique en RDC !

      12/01/2026

      Dans une déclaration politique : Le collectif pour l’Udps originelle salue le ralliement de l’Udps/Tshisekedi à la cause de la réconciliation

      09/01/2026

      Dans son message de vœux aux Membres de l’UDS : Kabasele Tshimanga lutte pour une République démocratique du Congo souveraine, socialiste et populaire

      07/01/2026

      Quid de la résolution H. Res. 559 du Congrès américain qui annulerait l’accord de paix RDC-Rwanda ?

      30/12/2025
    • Nation

      Notre justice ne doit pas devenir un théâtre : le Congo face à la tentation de l’oubli

      14/01/2026

      Interpellation !

      12/01/2026

      Crise sécuritaire dans les Grands Lacs : la RDC obtient des engagements régionaux à Livingstone

      12/01/2026

      Lumuna Ndubu Jérôme annonce les condensés de ses deux livres

      12/01/2026

      RDC : Kinshasa ne devrait pas être en train d’échouer

      12/01/2026
    • Economie

      Budget 2026 : Adolphe Muzito confirme le grand virage vers l’amélioration de la pression fiscale !

      12/01/2026

      Analyse rétrospective, situation actuelle et projections, La RDC, sous A.F Tshisekedi : Où en sommes-nous ? D’où venons-nous ?

      30/12/2025

      Paradoxes du secteur bancaire congolais : « Des barrières réglementaires qui étouffent l’inclusion financière », alerte l’Honorable KASANDA KATUALA

      15/12/2025

      Projet de Loi de Finances 2026 : l’Assemblée Nationale accorde un feu vert !

      12/12/2025

      Retour sur le Forum Canada-Afrique sur l’industrie portuaire et l’économie bleue

      03/12/2025
    • Société

      OCC : Dr Etienne Tshimanga Mutombo lance le processus d’élaboration de la Politique Nationale Qualité en RDC !

      12/01/2026

      Réception d’un important lot de 70 tonnes d’équipements d’assainissement, Projet ‘’Kinshasa Ezo Bonga’’ : Daniel Bumba lance l’offensive contre l’insalubrité !

      12/01/2026

      Conclusion de l’enquête menée par le média Zoom Eco, Réforme des plaques d’immatriculation : une réponse efficace à la problématique réelle de la sécurité publique en RDC !

      12/01/2026

      Rolly Lengo : l’Architecte discret du redressement budgétaire congolais

      07/01/2026

      ‘‘Noël pour Tous’’ : la Fondation LONA porte l’espoir au cœur de la vulnérabilité

      30/12/2025
    • Santé
    • Musique

      Dernière étape de ‘‘Suprême tour’’ : Youssoupha attendu le 19 décembre à Kinshasa

      28/11/2025

      Entrepreneuriat des jeunes en RDC : le Gouvernement Suminwa met le cap sur une série de mesures innovantes !

      27/11/2025

      Internée à l’hôpital Maman Yemo après l’accident, Mbilia Bel : ‘‘Les médecins m’ont recommandé juste un repos pour mieux récupérer ma forme…’’

      12/09/2025

      Samedi dernier à ING Aréna de Bruxelles : Le Bourgmestre bruxellois a enflammé la scène spectaculaire de Koffi Olomide

      09/09/2025

      Après une trêve discographique : Werrason revient avec force dans ‘‘Départ unique’’ !

      02/09/2025
    • Culture

      Offrant un don des produits vivriers  , Noël : la chanteuse Solina apporte sourire aux enfants vulnérables à Masina

      23/12/2025

      Zikomo Africa Awards 2025 en Tanzanie, Media : Jordache Diala remporte le prix du meilleur producteur des contenus culturels en Afrique

      23/12/2025

      RDC : l’USIC honore la professeure Madeleine Mbongo Mpasi pour huit ans de service à l’Administration !

      16/12/2025

      Académie des beaux-arts : Appel à la mobilisation collective de l’État sur la question de restitution des biens culturels

      12/12/2025

      De la musique au cinéma , Fally Ipupa à l’affiche du film ‘‘Rumba Royale’’

      10/12/2025
    • Sport

      CAN 2025 : quand la critique se heurte à la méritocratie, à la masculinité positive et à la vérité des faits

      12/01/2026

      Défaite face à l’Algérien en 8es de Finale,CAN 2025 : la RDC sort la tête haute !

      07/01/2026

      Linafoot: Mazembe démystifie Panda B52 devant ses  supporteurs (6-0)

      09/12/2025

      RDC : les Léopards U15 en tournoi scolaire de l’Uniffac au Gabon

      09/12/2025

      Léopards: Brian Cipenga tout feu tout flamme en Espagne, Yoane Wissa reprend ses bottines en Angleterre

      09/12/2025
    • Offres & Annonces
    La Prospérité
    Home » Sékou Touré : un dirigeant révolutionnaire africain
    Nation

    Sékou Touré : un dirigeant révolutionnaire africain

    Rédaction La ProspéritéBy Rédaction La Prospérité28/03/2024Aucun commentaire9 Mins Read
    WhatsApp Facebook Twitter Telegram

    Le 26 mars 1984, le président guinéen Ahmed Sékou Touré décédait dans un hôpital de Cleveland, aux États-Unis. Quarante ans plus tard, le débat qui entoure sa mémoire déchire toujours les familles des victimes de son régime et les héritiers de ses idées sur le panafricanisme et la dignité africaine. La complexité de ce personnage majeur et polémique de l’histoire africaine ne se laisse pas saisir facilement. Au-delà de cette double mémoire, quel peut être un récit partagé sur Sékou Touré ?

    Publié le : 26/03/2024 – 12:13

    10 mn

    Le Président de la République de Guinée Sékou Touré lors d’une visite aux Etats-Unis, le 1er  octobre 1959.

    Ce sont des textes inattendus et, de ce fait, oubliés de l’histoire. Des poèmes, ensevelis dans le choc des mémoires qui entourent Ahmed Sékou Touré. Ces « poèmes militants » fournissent pourtant de fascinants indices sur la personne du premier président de la Guinée. Alors que la réunion du Conseil national de la révolution, le 12 mai 1969, touche à sa fin, il lit ainsi un texte qui mêle déclaration d’amour au peuple de Guinée et nouvelle acceptation de la mission rédemptrice qui lui aurait été confiée à lui, Sily (« l’éléphant », son surnom) : « Que s’amplifie TON ACTION Peuple de Guinée, / Mon Peuple ! / Je ne puis ni hésiter ni reculer ! / Les complots criminels de tes ennemis / Et leurs plans sataniques ont raffermi / Et galvanisé en Sily une seule volonté ; / La volonté résolue de mâter / Ceux qui te vouent humiliation et mépris / Et qui pour leur vilenie méritent d’être pris / Avant la pendaison, juste rançon / Des assassins traîtres à la Nation. / Mais tu m’as façonné une âme / Au rayonnement de ta flamme. / Je ne puis ni hésiter ni reculer. ». Figure de l’Afrique révolutionnaire et chef d’un système répressif : les deux visages d’Ahmed Sékou Touré sont-ils vraiment inconciliables ?

    Le débat, en tout cas, est polarisé à l’extrême. Ceux qui y prennent part semblent irréconciliables. La légende d’Ahmed Sékou Touré, telle qu’elle est racontée par ses partisans, plonge ses racines dans une ascendance glorieuse, celle du grand résistant à la colonisation Samory Touré. Elle naît réellement un 25 août 1958, dans les mots d’un discours prononcé devant le général de Gaulle. Le dirigeant français effectue alors une tournée en Afrique pour faire la promotion de son projet de Communauté française. À Conakry, il trouve un Sékou Touré revendicatif, qui réclame une Communauté améliorée… Et prononce des mots qui entreront dans l’histoire : « Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage. » Un mois plus tard, les électeurs guinéens marquent massivement leur refus lors du référendum du 28 septembre et, dans l’histoire officielle guinéenne, Sékou Touré devient alors « l’homme qui a dit Non à de Gaulle ».

    À ce récit fondateur répond un autre récit plus sombre. Celui d’un Ahmed Sékou Touré « tyran », régnant à la suite de l’indépendance sur une « Guinée enchaînée ». C’est l’histoire que racontent les victimes du parti-État et l’opposition qui s’est efforcée d’exister en exil. Celle à laquelle fait écho la lettre ouverte d’un « condamné à mort par contumace » publiée en 1972 dans Le Livre noir de Sékou Touré [1] : « Vos exactions et la terreur dont vous avez fait une manière d’être de votre État ont transformé votre régime en institution contre la raison, le pays tout entier en prison. »

    Visionnaire ou tyran ?

    Depuis quarante ans, ces deux images parfaites et lisses sont engagées dans un véritable corps à corps mémoriel. Les coups ont recommencé à être échangés depuis que certains acteurs politiques veulent utiliser l’héritage politique d’Ahmed Sékou Touré pour enflammer les imaginaires contemporains. La décision des autorités de transition guinéennes de donner à l’aéroport de Conakry le nom de Sékou Touré a réveillé de vieilles blessures. Mais où se trouve la réalité du personnage historique ? La complexité d’Ahmed Sékou Touré ne se laisse pas facilement saisir [2].

    Sa relation avec la France coloniale a été en constante transformation. Comme le rappelle le chercheur Abdoulaye Diallo [3] : « Sékou Touré s’est effectivement opposé sans ménagement aux colons et à l’administration française pour la défense des intérêts des « indigènes » à la solde de l’économie coloniale et pour des peuples africains. Cette opposition tranchée contre la colonisation a guidé son activisme syndical et ses premiers pas dans l’arène politique guinéenne et « aofienne » jusqu’aux années cinquante. » Mais par ailleurs « à partir de 1954, Sékou Touré tient publiquement un discours mâtiné de compromis dans lequel le mot « collaboration » revient inaugurant ainsi une nouvelle ère dans l’histoire politique coloniale de la Guinée française ». Il ne se rallie à l’indépendance vis-à-vis de la France, selon différents travaux, que deux semaines avant le référendum du 28 septembre, poussé par certains groupes au sein de son parti, le PDG (Parti démocratique de Guinée).

    C’est un fait qu’Ahmed Sékou Touré a fait entendre, dans les années 1960, une voix puissante sur les indépendances, la lutte contre l’impérialisme et la critique du néocolonialisme. Il encourage les groupes qui réclament l’indépendance des colonies portugaises, soutient le combat de l’UPC (Union des populations du Cameroun), accueille l’une des premières représentations du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) en Afrique subsaharienne. Il s’inscrit naturellement dans une forme d’alliance des grandes figures de l’Afrique révolutionnaires. Il dénonce l’assassinat du Premier ministre congolais Patrice Lumumba en 1961 et honore sa mémoire. Il est solidaire du président ghanéen Kwame Nkrumah quand celui-ci est renversé par un coup d’État en 1966 et fait de lui le co-président de la Guinée. Dans un autre de ses « poèmes militants », écrit pour les funérailles du leader indépendantiste bissau-guinéen Amilcar Cabral, il célèbre « tous les martyrs du colonialisme » : « Les Lumumba et N’Krumah / Mondlane et Cabral / Ont été et seront de tous les Temps / Des références permanentes et sûres / Des Martyrs aux causes impérissables. »

    Ahmed Sékou Touré met également en place une politique d’indépendance culturelle qui se traduit notamment par l’attachement aux langues africaines et un soutien aux orchestres locaux. Plusieurs de ses discours confirment la place qu’il accorde à la culture dans la décolonisation des esprits. Mais cette culture est également pensée comme un outil idéologique, soumis à la volonté du parti-État. L’un des paradoxes sékoutouréens sur ce sujet est probablement que, tout en défendant « l’authenticité », le pouvoir guinéen a mis en œuvre, à partir de 1961, un programme de « démystification ». Comme le raconte le chercheur Mike McGovern, des agents de l’État descendent alors dans des villages, collectent des statuettes, des masques, des objets rituels, les détruisent la plupart du temps… et malmènent les spécialistes du rituel [4].

    Vrai et faux complots

    Les complots qui ont jalonné les années de pouvoir d’Ahmed Sékou Touré, de l’indépendance jusqu’à sa mort, illustrent parfaitement la complexité du personnage (et la difficulté des historiens à enquêter sur l’histoire de la Guinée). Reprenant une rhétorique complotiste qu’il utilisait déjà avant 1958, le PDG a déclaré successivement le pays sous la menace des « intellectuels tarés », des enseignants, des commerçants, de la « cinquième colonne », de femmes, etc. [5] Sékou Touré lui-même a parlé d’un « complot permanent » qui viserait son pays.

    Si on dispose d’éléments irréfutables sur l’existence d’opérations de déstabilisation en 1959-1960 (l’opération « Persil » des services secrets français) et en 1970 (l’opération « Mar Verde » des Portugais), ça n’est pas le cas pour le complot dit « des enseignants » de 1961 ou celui dit « des femmes » de 1977. Le parti-Etat guinéen a très vite utilisé, dans le cadre de ces complots, la technique de « l’amalgame » d’éléments vérifiés à d’autres purement imaginaires. Il semble avoir usé de la dénonciation du complot comme outil de régulation de crises internes, tout en donnant parfois l’impression de se croire réellement sous la menace de l’étranger. Le « guide suprême de la Révolution » s’est-il enfermé derrière un mur paranoïaque au fil des années ? Certains l’affirment. Le paroxysme du déchaînement de violence politique est en tout cas atteint au cours de l’année 1971, à la suite du débarquement à Conakry de troupes portugaises et de dissidents guinéens le 22 novembre 1970. La traque de la « cinquième colonne » conduit à de nombreuses arrestations de personnes qui sont contraintes de se confesser, de dénoncer leurs « complices » et les réseaux (« SS Nazis », services français, CIA…) auxquels elles sont censées avoir appartenu. L’ensemble, diffusé par la Voix de la Révolution et le journal Horoya compose un scénario baroque et macabre, puisqu’il a conduit à la torture dans les camps de Guinée de nombreuses personnes.

    Sékou Touré occupe aussi une place centrale au sein du parti-État, une place qui ne souffre pas la contestation. Une date est emblématique à ce sujet : décembre 1962. À Foulaya, dans la préfecture de Kindia, des militants importants du Parti démocratique de Guinée, dont Jean Faragué Tounkara et Bangali Camara, contestent des décisions de Sékou Touré. « Par ailleurs, explique l’historien Mohamed Saliou Camara, Tounkara, Camara et leurs partisans s’opposaient de manière véhémente à la concentration des pouvoirs par Touré, qui était de manière cumulative chef d’État et chef du parti. Ils ont proposé que Saifoulaye Diallo, celui qui était alors le numéro deux du parti, soit élu secrétaire général. » Tounkara et Camara sont éloignés des plus hautes instances du parti, puis arrêtés, décrits comme contre-révolutionnaires et envoyés à Boiro [6].

    Une partie de l’unité du personnage se joue probablement dans l’idéologie révolutionnaire qui l’anime. Un idéalisme sans concession, qui veut transformer la société guinéenne et qui lui impose des catégories de combat abstraites et débarrassées de nuance, comme la Révolution et la Contre-révolution, le « Peuple » (avec une capitale) et ses « ennemis ». On est frappé, dans les textes d’Ahmed Sékou Touré, par la façon dont il souligne l’importance du collectif sur les individus, par le poids écrasant de « la Révolution » et de ses ambitions sociétales. « Le Peuple en tant que groupement social est supérieur à chacun des individus qui le composent », écrit Sékou Touré dans Le pouvoir populaire, le Tome XVI de ses œuvres complètes… « L’État guinéen est organisé de façon rationnelle et dynamique, c’est-à-dire de manière à sauvegarder le pouvoir du Peuple et à liquider toutes les réalités qui sont contraires aux intérêts du Peuple. » Il y a sans aucun doute, dans la littérature révolutionnaire attribuée au dirigeant guinéen, des fils qui peuvent aider à penser ensemble ses deux visages.

    Rfi

     

    Share. WhatsApp Facebook Twitter Telegram
    Rédaction La Prospérité
    • Website

    ARTICLES SIMILAIRES

    Notre justice ne doit pas devenir un théâtre : le Congo face à la tentation de l’oubli

    14/01/20262 Views

    Interpellation !

    12/01/20263 Views

    Crise sécuritaire dans les Grands Lacs : la RDC obtient des engagements régionaux à Livingstone

    12/01/20266 Views
    Add A Comment

    Leave A Reply Cancel Reply

    ARTICLES RECENTS

    Notre justice ne doit pas devenir un théâtre : le Congo face à la tentation de l’oubli

    14/01/2026

    Interpellation !

    12/01/2026

    Budget 2026 : Adolphe Muzito confirme le grand virage vers l’amélioration de la pression fiscale !

    12/01/2026

    Quand Trump fait l’apologie de la violence en Iran

    12/01/2026

    Crise sécuritaire dans les Grands Lacs : la RDC obtient des engagements régionaux à Livingstone

    12/01/2026
    Journal La Prospérité

    Votre source d'informations fiables sur l'actualité congolaise. Restez informé des dernières nouvelles politiques, économiques, culturelles et sportives en République démocratique du Congo.

    Voir aussi:
    https://www.laprosperite.top
    https://www.laprosperiteonline.net

    Accédez à des articles approfondis, des analyses percutantes et des reportages de qualité.

    Facebook X (Twitter) YouTube WhatsApp Telegram
    ARTICLES POPULAIRES

    La Pros

    13/07/2024

    Dernier virage vers la Présidentielle 2023, RDC : 26 candidats validés et confirmés par la Cour Constitutionnelle !

    31/10/2023

    La CENI fonce, RDC : voici la liste provisoire des candidats à la Présidentielle 2023 !

    20/10/2023
    Nous Contacter

    +243999915179
    +243818135157
    info@laprosperite.cd

    Conçu avec par Tychic Obanda

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.