La journée internationale de la francophonie aujourd’hui mercredi 20 mars, est une journée ordinaire en République démocratique du Congo. Aucune activité n’est prévue par l’officiel à la suite de l’insécurité à l’Est, entretenue par un pays voisin dont est issue la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo.
Nul n’est besoin de rappeler que la France, pour diriger l’OIF, a jeté son dévolu sur l’ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères au détriment de la Québécoise Michaëlle Jean. Le Rwanda utilise le kinyarwanda comme langue officielle qui unit les différentes populations. L’Anglais a été imposé comme la deuxième langue en remplacement à la langue française.
En attendant, la RDC, deuxième pays en termes des locuteurs francophones, suivie par le Canada et le Cameroun, constitue le réservoir le plus important de la langue française. Certaines études démontrent que la moitié de la population francophone mondiale réside en Afrique.
Le gouvernement congolais qui, pour la première fois, boycotte cette journée internationale, lance un signal fort à l’endroit de ses pairs de la francophonie qui peinent à prendre position dans une situation d’injustice internationale contre un Etat membre. Bien au contraire, l’opinion interne croit fermement que la France fait le jeu de l’ennemi de la RDC dans cette guerre d’agression.
Paris doit tirer les leçons des pays francophones qui lui tournent le dos. Si les uns ont préféré intégrer le Commonwealth, les autres par coups d’Etat ont carrément développé des sentiments francophobes. Cette situation profite aux pays des autres zones linguistiques concurrentes qui ne cessent de damer les pions au français. Les Français eux-mêmes commencent de plus en plus à accorder priorité à l’anglais en considérant que c’est la langue pour les prochaines décennies.
Le gouvernement a démontré à plus d’un titre son attachement à la langue de Molière en organisant avec succès les 9èmes jeux de la francophonie. Un événement qui restera gravé dans les esprits pendant longtemps. C’était l’honneur de tous les pays francophones.
Exceptionnellement cette année, la République démocratique du Congo a dit «non». Les Congolais n’ont pas le cœur à la fête. Le gouvernement saisit cette opportunité pour jeter un regard critique sur l’appartenance de la RDC à la communauté francophone, sur le rôle qu’elle peut jouer au sein des instances de la Francophonie, sur les bénéfices que « Cette année, la célébration du 20 mars coïncide avec une période douloureuse de l’agression aux conséquences désastreuses d’un voisin membre de la Francophonie. Une remise en cause qui doit interpeller la France si elle ne change pas de cap.
La Pros.