Face aux grands risques de balkanisation de la Rdc, de morosité dans la société congolaise, l’église catholique quoi qu’il en soit, ne peut rester indifférente à l’état des lieux chaotiques du pays. C’est pour cette raison, suite à cette confrontation entre l’Evangile et l’intelligence du monde, il appartient aux chrétiens de ne pas rester seulement au stade de ronronnement. L’église est appelée à jouer le rôle de sentinelle en défendant l’humanité souffrante, les pauvres.
Ce rôle prophétique est bien assumé par le Cardinal Fridolin Ambongo. Les choses doivent être claires hic et nunc : la responsabilité de l’agonie dans laquelle se retrouve le pays et la balkanisation de facto incombent à la présidence Tshisekedi et de son gouvernement. Il nous revient donc de nous poser la question de savoir si le ministre congolais de la communication Patrick Muyaya ne souffre pas de cécité intellectuelle en demandant au Cardinal Ambongo de clarification sur ses propos tenus à Pâques.
Le vrai problème des congolais, c’est la lutte contre la pauvreté et l’insécurité. Ces fléaux sont tributaires de l’incompétence ou de la médiocrité de ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir et demeurent de vrais baltringues vampirisant les richesses nationales, navigant à vue. Si la Rdc reste davantage dans l’agonie ou dans un état comateux, il faut reconnaître que les mêmes qui sont aux manettes demeurent comptables de ce scenario catastrophique.
Quant à la sécurité à l’est du pays, dans le kwamouth ou dans d’autres pans du pays :
Tous les observateurs nationaux et internationaux qui suivent la situation politique de la Rdc demeurent unanimes sur la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu qui s’est même détériorée depuis plus de deux ans malgré les promesses faites par le président Tshisekedi dès le début de son mandat de tout faire pour y rétablir la paix. Ce qu’il n’est pas parvenu à faire. Une nouvelle rébellion imposée par le Rwanda s’est implantée davantage dans la région avec toutes ces conséquences collatérales : plus de 7 millions des déplacés internes plongés dans une précarité sans pareille. Il y a des faits et gestes aujourd’hui inqualifiables que les mots les plus durs ne sauraient décrire des pratiques des hommes politiques d’une autre planète, dit-on : aide-toi et le ciel t’aidera. Pour lutter contre l’insécurité à l’est, faut il continuer de rester dans le statut d’éternel assisté ? C’est la faillite de l’État congolais et cette médiocrité s’illustre bel et bien dans les accords réunissant les « Wazalendo » aux Fardc. Dans un aucun pays au monde qui tient à son sursaut sécuritaire et stratégique durable, les autorités fondent leurs espoirs sur la collaboration avec des groupes rebelles pour mater la rébellion. Dans le contexte des conflits armés et les enfants, nul n’ignore que les Nations unies exhortent les autorités des pays où il y a des conflits à prendre des mesures correctives pour assurer la protection des enfants. Pourquoi le président Tshisekedi doit-il se féliciter de la collaboration des enfants soldats qui ne sont ni formés et équipés pour faire face à cette guerre imposée par Kagame? C’est une stratégie militaire nulle.
Sur la légitimité des urnes que Patrick Muyaya monopolise sans limite de temps :il faut savoir que des facteurs internes peuvent venir aujourd’hui compromettre cette légitimité des urnes, notamment dans le cas de la modification de rapport de force dans les conflits armés, dans les manifestations de rue résultant des dictatures enrobées des artifices démocratiques ou des simulacres des élections . L’absence de volonté politique pour répondre aux demandes sociales, la médiocrité des autorités au pouvoir mettent en péril cette légitimité issue des élections.
Les discours politiques de certains cadres de l’Udps suscitent souvent des vives réactions et cela depuis l’époque de Jean Marc Kabund jusqu’à l’actuel secrétaire du parti Augustin Kabuya. Pour exercer de hautes fonctions politiques, cela exige un éventail titanesque de compétences. C’est pourquoi le CV demeure par excellence le baromètre des qualités intellectuelles et professionnelles. Si durant des années l’Udps s’est affiché comme un parti politique ne s’enracinant pas sur une gestion démocratique comme une organisation politique à l’instar de ses nombreuses turpitudes internes , nul peut être surpris aujourd’hui sur la médiocrité de ses cadres. Ce n’est pas étonnant que certains membre de ce parti jouent souvent l’idiot utile en mettant l’huile sur le feu au lieu de prôner la politique de cohésion nationale et le respect des valeurs sociétales.
In fine la lutte contre la pauvreté est une autre préoccupation des congolais. Il y a aussi des discours politiques qui ne trompent pas et n’offrent aucune perspective d’avenir pour les congolais avec la présidence actuelle. Le programme de développement local des 145 territoires élaboré par le président Tshisekedi est un leurre. C’est passer à coté de la plaque puisque il y a des solutions plus efficaces pour réduire de manière efficiente la pauvreté en Rdc. Certes la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales exige une grande volonté politique contrairement aux petites solutions cosmétiques pour amuser la galerie telles les composantes route de desserte agricole, lampadaires solaires , bâtiments administratifs de secteurs….Il faut une grande vision en augmentant les revenus des congolais par des salaires décents avec un revenu minimal, créer des opportunités d’emploi par des grands investissements et réhabiliter les grandes anciennes usines agricoles, mettre en place une protection sociale et des institutions fortes pour favoriser le climat d’affaires, augmenter la productivité agricole par une nouvelle politique en mettant en place des parc agricoles industriels modernes pour satisfaire la demande des citadins, faciliter aux pauvres l’accès au crédit, aux services. Comme le niveau de l’alimentation est trop faible en Rdc, il faut tout d’abord augmenter la production agricole au lieu de continuer à dépenser plus de 2 milliards de dollars américains pour importer des produits vivriers que la Rdc peut produire.
Somme toute, nous accordons un satisfecit aux propos du cardinal Ambongo puisque la présidence actuelle se complaît dans la distraction, dans l’insécurité à l’est tout comme à Kinshasa, dans le Kwamouth depuis plus de deux ans. La responsabilité de Tshisekedi dans la production de la pauvreté, de la balkanisation, de la résurgence des « Kuluna » à Kinshasa est totale. On fait n’importe quoi aujourd’hui et à l’arrivée on tricote.
Professeur Florent Gabati
