Intervenant hier, mardi 31 mars 2026, à un numéro spécial de l’émission Appels sur l’Actualité de RFI, organisée à l’Institut français de Kinshasa, le Ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya Katembwe, n’a pas tourné autour du pot. Dans un plateau inédit partagé avec l’opposant Martin Fayulu, Président de l’Ecidé, et Monseigneur Donatien Nshole, Secrétaire Général de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (Cenco), le Porte-parole du Gouvernement a réaffirmé la volonté du Président congolais Félix Tshisekedi de mettre en œuvre continuellement des énergies nécessaires pour la restauration effective de la paix dans l’Est de la RDC, la défense de la souveraineté nationale et le renforcement de la cohésion interne, rejetant avec fermeté toute approche favorable à la convocation d’un dialogue politique inclusif, sous l’égide des Églises catholique et protestante.
Dans ses propos, le Ministre Muyaya a souligné la portée d’une analyse rationnelle des faits dans la configuration actuelle du pays, expliquant que la crise que traverse la République démocratique du Congo est d’origine sécuritaire et non politique.
« On a un processus avec le père, le Rwanda, à Washington, et un autre processus avec les fils, le M23 et les autres complices à Doha. Il est évident que nous convenions que la crise actuelle est due aux agissements du Rwanda. Rien ne peut justifier l’attitude que nous voyons dans le chef de certains hommes politiques. Je ne voudrais pas prendre l’exemple de l’ancien de Président de la République qui séjourne et qui est sécurisé par les forces qu’il a exclues de l’armée lorsqu’il était aux commandes du pays… Nous n’avons pas la prétention de dire que nous allons régler les problèmes de tous les congolais qui n’ont pas été réglés depuis des années. Nous avons certes des défis, mais lorsque vous regardez le programme de la gratuité de l’enseignement. Aujourd’hui, on a plus de six millions d’enfants qui sont retournés à l’école. Ici, il est impératif que les uns et les autres comprennent que lorsqu’il s’agit d’un agresseur extérieur, qui le Rwanda, il ne devrait pas avoir d’ambiguïté sur la nécessité pour les congolais de se lever… Le dialogue est une vertu qu’on doit avoir à tout moment. Chez nous, nous disons que les linges sales se lavent en famille. Mais le premier linge sale à laver c’est la présence du Rwanda et des complices congolais qui offrent le champ à ceux qui viennent tuer nos populations », a expliqué le Porte-parole du Gouvernement. Continuant sa lancée, il a réitéré son appel à l’apaisement aux uns et autres, pour permettre une conduite assurée de l’action publique et la stabilité institutionnelle, socle stratégique pour le développement du pays. « Il est évident que les uns et les autres sachent que sur la tenue du dialogue, nous sommes tous d’accord. Et ce dialogue doit s’inscrire dans un cadre général. J’ai commencé par préciser que la crise, elle est d’origine sécuritaire. L’église ne peut pas organiser le dialogue. Déjà, dès le départ, la posture prise par l’église catholique ne l’a pas mise dans les conditions où elle peut jouer un rôle… Je répète que la crise est d’origine sécuritaire. Ce n’est pas que si les congolais se retrouvent aujourd’hui, le Rwanda, demain, retire ses troupes. Il est évident que nous ne pouvons pas avoir un dialogue dans des conditions sereines lorsque nous n’aurons pas réglé les problèmes sécuritaires », a ajouté le Ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya Katembwe.
La Pros.
