Ça bouge de partout. Le bon stratège est celui qui sait anticiper les évènements plutôt que de les subir. Malheureusement, la chute de Goma a permis de découvrir des failles importantes dans les préparatifs et la gestion de la guerre à l’Est de la République démocratique du Congo.
Toutes les organisations internationales et régionales ont appelé à un cessez-le-feu immédiat. Mais, c’était l’occasion pour l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23 de gagner du terrain. En attendant, les FARDC continuaient à observer la trêve. Le changement de la chaine de commandement de l’armée congolaise n’a pas donné avantage aux FARDC sur le terrain. Les RDF/M23 ont maintenu leur pression militaire.
Puis, vint le rendez-vous de Nairobi entre l’EAC et la SADC qui a également imposé un cessez-le-feu immédiat avant le retrait de la RDC de toutes les forces étrangères non invitées. Pour le pouvoir de Kigali qui s’en était, tout de même, félicité c’était une feuille de chou qu’il a balancé dans la poubelle.
La poursuite des affrontements à l’initiative de Kigali s’est poursuivie de plus belle. Kinshasa n’avait que ses yeux pour pleurer la chute de Goma après celle de Bukavu. La chaine de résistance a été brisée au point d’entamer le moral des troupes. L’ennemi a su percer les lignes de défense de l’armée loyaliste comme un couteau dans le beurre.
Les FARDC qui ne combattent plus sèment, sur leur passage, pillages et désolation. Si rien n’arrête ce cycle, c’est la déconfiture d’une armée qui s’est vue attribuer une part importante du budget national. Heureusement que le Rwanda qui amorce ce régime des sanctions risque de voir ses partenaires financiers rompre avec les aides.
Il faut ajouter à cela la vigilance du gouvernement congolais sur la traçabilité des minerais de sang issus des territoires occupés. Ce qui fait qu’une guerre en profondeur peut se retourner contre le pouvoir de Kigali. Privé d’aides, ce pays sous perfusion financière de ses partenaires internationaux risque l’asphyxie.
Comme pour dire que cette guerre d’agression ne ressemble pas aux précédentes. Le régime de sanctions du Département d’Etat donne le ton à toute la communauté internationale qui a longtemps hésité avant de se rendre à l’évidence. Si cet élan est soutenu par la Grande-Bretagne qui serait en train de préparer un paquet de sanctions contre Kigali, la donne va changer.
Les yeux des Congolais sont rivés vers la Commission de l’Union européenne dont le Parlement a voté en faveur des sanctions contre Kigali. C’est alors qu’on verra si le Rwanda est capable de résister autant que la Russie.
La Pros.