L’opposition s’est fixé un nouveau pôle d’ancrage depuis la rencontre d’Addis-Abeba entre Moïse Katumbi et Joseph Kabila. L’objectif est de consolider le front contre le projet de Félix Tshisekedi de réviser ou de modifier la Constitution. Depuis lors, un ballet de politiciens en direction de la Capitale éthiopienne.
Après Moïse Katumbi, c’est au tour d’une délégation conduite par Claudel Lubaya des forces politiques et sociales de rencontrer Joseph Kabila pour le même objectif. II est, cependant, important de signaler qu’après un bref séjour à l’UNC de Vital Kamerhe, Claudel Lubaya va chercher à voler ses propres ailes avant d’atterrir au pied de Joseph Kabila dont il a été Gouverneur et, plusieurs fois, député national. Membre du bureau politique du PPRD, il fut également Gouverneur de l’ancienne province du Kasaï Occidental de 1999 à 2006.
Cette rencontre de la Capitale éthiopienne, aura permis aux deux leaders de dresser un état des lieux de la gouvernance actuelle de Félix Tshisekedi, jugée ‘‘chaotique’’. En outre, ces échanges ont soulevé de nombreuses difficultés auxquelles fait face le pays notamment, une insécurité galopante dans l’Est, une crise humanitaire sans précédent, et ‘‘une gouvernance marquée par des tâtonnements et des erreurs stratégiques’’.
Nul n’est besoin de rappeler que cette crise de l’Est date d’une vingtaine d’années alors que Joseph Kabila était Commandant suprême des Forces armées de la République Démocratique du Congo pendant 18 ans, Moïse Katumbi, Gouverneur du Grand Katanga et Claudel Lubaya, Gouverneur de l’ex Kasaï Occidental.
A cette époque, le mixage et le brassage des FARDC ont été des éléments moteurs de l’infiltration de l’armée jusqu’aux services de sécurité. C’est de cette confusion d’une prétendue armée mixée et brassée que les FARDC ont eu à perdre quelques uns de ses dignes et valeureux fils en l’occurrence, le Général Bayuma et le Colonel Mamadou Ndala d’heureuse mémoire avant de parler de Feu Général Mbuza Mabe… Depuis l’avènement de Tshisekedi, on assiste à une montée en puissance des FARDC qui gagnent du terrain aux agresseurs et les empêchant d’avancer comme un couteau dans le beurre.
Du côté politique, le « président élu », Martin Fayulu, ne comprend que ce centre de gravité de l’opposition se soit déplacé vers Kabila qui était en accord, sous peu, avec Félix Tshisekedi pour la cogestion commune du pays après les élections de 2018. Il fallait donc la rupture de cette alliance pour que Kabila retrouve ses zèles d’opposant. Mais, le congolais n’est plus dupe.
Le leader de l’Ecidé reste toujours comme l’unique « commandant du peuple ». Cependant, ceux qui se précipitent vers Addis-Abeba sont considérés comme des loups dans la bergerie de l’opposition qui finissent par regagner leur milieu naturel aux côtés de Joseph Kabila.
La Pros.