(Par Patience Kabamba)
À l’aube de 2026, le DMW souhaite aborder les paradoxes que la RDC, en tant que pays et nation, connaît depuis quarante ans. Nous exposerons ensuite les causes de ces situations paradoxales et les méthodes permettant de restaurer une nation digne de confiance, soucieuse du bien-être de ses citoyens, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, adolescents et personnes âgées.
Paradoxes congolais
Bien que le Congo possède sur son territoire un lac poissonneux, le lac Tanganika, où les poissons meurent de vieillesse, le pays importe du poisson congelé de Namibie et d’autres pays. Malgré l’une des plus vastes régions agricoles du monde, le Congo reste presque exclusivement dépendant des importations pour satisfaire ses besoins alimentaires. Bien que riche en ressources en eau douce, sa population souffre d’une pénurie d’eau potable. Malgré un important potentiel hydroélectrique, la population congolaise n’a toujours pas accès à l’électricité pour les usages résidentiels et industriels. Stratégiquement situé au cœur de l’Afrique, le pays est actuellement fragmenté, exploité et soumis à des invasions de groupes armés soutenus par l’armée rwandaise.
Facteurs à l’origine de ces paradoxes
Ces paradoxes découlent d’un système rigide où les ressources sont accumulées, détournées ou négligées au lieu d’être utilisées pour le bien commun, reflétant une perspective coloniale encore très présente. En effet, le Congo n’a jamais renoncé à la vision léopoldienne qui le considérait comme une propriété privée, où le « patron » répartit les ressources au sein d’un cercle restreint, laissant à la population des miettes et le fardeau social. La nation continue d’être organisée selon ce paradigme d’exploitation, hérité du passé colonial, qui régit les mécanismes d’autorité, la distribution des richesses et les difficultés.
Par ailleurs, notre section exclusive est épuisée. Les dirigeants politiques et administratifs ne considèrent pas le Congo comme une nation à soutenir, mais plutôt comme un « butin à se partager » au gré des alliances. Ils étalent leurs réussites sur la scène internationale tandis que la population survit dans d’immenses décharges à ciel ouvert. L’élite tolère les meurtres, les pillages et les violences sexuelles par une rhétorique creuse et des postures diplomatiques.
Même l’Église, considérée comme le pilier moral de la société, est accusée de propager des idées fausses, de légitimer des fonds illicites et d’influencer l’opinion publique.
En République démocratique du Congo, d’anciens responsables sont autorisés à s’affilier à des organisations paramilitaires et à en être reconnus. Des citoyens peuvent agir à l’encontre de l’intérêt national tout en prétendant le défendre. Le délit de haute trahison s’est généralisé et la Constitution ne protège plus la population des influences néfastes.
Comment, dès lors, échapper à un système qui glorifie la trahison et punit la loyauté ? Comment établir une res publica où le capital naturel, humain et social est mis au service du bien commun ? Quelles stratégies peuvent être employées pour restructurer l’État congolais conformément aux principes de justice, de transparence et de patriotisme authentique ?
Résolutions à ces paradoxes
Les réponses aux questions susmentionnées pourraient nécessiter une réforme globale du cadre gouvernemental, impliquant une refonte complète des institutions, des normes et des procédures ; une répartition équitable des ressources, des opportunités et des responsabilités ; une réorientation morale des élites, des institutions religieuses et des membres de la société ; et, en définitive, un engagement citoyen fort pour promouvoir une conscience nationale ancrée dans la dignité, l’équité et la souveraineté.
Conclusion
À moins que les Congolais ne se soulèvent pour chasser ceux qui détruisent leur pays aujourd’hui, il n’y aura aucun avenir pour la grande majorité de la population. Lors de mon dernier voyage aux États-Unis, la cabine de première classe était remplie d’enfants turbulents rentrant à Bruxelles, et leurs parents avaient acheté des billets de première classe avec des fonds volés aux Congolais, argent qui aurait pu être alloué aux écoles, aux enseignants ou aux professionnels de la santé. Une répartition équitable des ressources, par le biais de salaires appropriés, permettra d’éviter de tels détournements de fonds publics. Nous avons des raisons impérieuses de défendre l’avenir de notre nation. Une révolution n’implique pas nécessairement un changement de régime ; elle signifie une transformation du mode de gouvernance du pays. Le régime actuel a le potentiel de faciliter le type de réforme que tous les Congolais attendent, alors que nous l’avions précédemment écarté dans les solutions proposées aux paradoxes.
