Le deuxième Vice-Président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, a reçu, le jeudi dernier, au Palais du Peuple, une délégation de députés nationaux issus du Grand Bandundu, région meurtrie par des décennies de conflits. L’enjeu de cette rencontre était l’indemnisation attendue de longue date par les innombrables victimes des guerres qui ont ensanglanté cet espace.
Cette initiative, portée au plus haut niveau par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est une volonté politique forte de panser les plaies d’une région qui a payé un lourd tribut à la violence. La supervision de ce processus délicat a été confiée au Fonds National pour la Réparation et l’Indemnisation des Victimes (FONAREV), un établissement public dont la mission est d’œuvrer pour le relèvement des victimes et de bâtir une paix durable.
Le FONAREV, fidèle à son mandat, s’apprête à lancer une vaste campagne de sensibilisation dans le Grand Bandundu. Une rencontre est ainsi programmée du 22 au 24 juillet 2025 à Kenge, dans la province du Kwango. L’objectif est de préparer le terrain pour l’identification rigoureuse des victimes et jeter les bases d’un processus d’indemnisation juste et équitable. Ce travail de mémoire et de réparation couvrira une période sombre de l’histoire de la région, remontant jusqu’à 1993, englobant ainsi les victimes de la guerre de l’AFDL, des massacres de Yumbi et, plus récemment, du conflit dévastateur impliquant la milice Mobondo.
Le conflit Mobondo, déclenché il y a environ trois ans, a semé la terreur dans les provinces du Mai-Ndombe, du Kwilu et du Kwango, s’étendant même jusqu’aux portes de Kinshasa. Né d’un conflit foncier entre les communautés Teke et Yaka, il a entraîné des violences d’une brutalité inouïe, causant des milliers de morts, de blessés et plus de 550 000 déplacés internes qui vivent dans des conditions d’extrême précarité.
Conscient de l’ampleur de la tâche et de la nécessité d’ancrer ce processus au plus près des réalités locales, le FONAREV a sollicité l’implication active des élus nationaux et provinciaux du Grand Bandundu. C’est dans ce contexte que les présidents des caucus des députés de la région ont rencontré Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, grand notable originaire de la province du Kwango, dont l’expérience et son poids politique sont vus comme des atouts majeurs pour la réussite de cette entreprise.
Au sortir de l’audience, le porte-parole de la délégation des députés a souligné l’importance de cette démarche présidentielle : « Nous avons eu une séance avec le FONAREV, pour passer en revue tout ce qui a pu avoir comme victimes des conflits, surtout avec la guerre de l’AFDL et les affres qui ont pu être commises dans le Kenge; il y a également le phénomène Mobondo et le massacre de Yumbi. »
Il a poursuivi en exprimant sa gratitude envers le Chef de l’Etat pour la mise en place de cette structure essentielle. « Nous remercions le Chef de l’Etat pour avoir mis sur place cette structure qui va commencer le recensement des victimes à partir de 1993, car ceux qui sont morts ne le sont pas pour rien et ceux qui ont perdu quelque chose doivent être indemnisés », a-t-il déclaré.
L’appui des élus est considéré comme fondamental pour garantir que l’identification des victimes se déroule de manière transparente et que l’aide parvienne à ceux qui ont réellement subi des pertes. Cette collaboration entre le pouvoir central, les institutions spécialisées et les représentants du peuple est le socle sur lequel repose l’espoir de voir enfin la justice transitionnelle se matérialiser pour les communautés du Kwango, du Kwilu et de Maï-Ndombe, longtemps laissées pour compte. Le chemin vers la guérison est encore long, mais une étape décisive vient d’être posée.
La Pros.
