Dans le souci d’honorer le combat des journalistes assassinés dans l’exercice de leur métier, l’Association congolaise de femmes journalistes de la presse écrite (ACOFEPE) a organisé une journée de sensibilisation ce 9 Mai 2024. A cette occasion Grâce Ngyke, présidente de cette structure a, dans son prélude, demandé la reconnaissance de la patrie à ces braves hommes en les élevant au rang des martyrs de la liberté de la presse et une statue en leur mémoire avant une réparation honorable au profit de leurs familles respectives.
Le 3 mai consacré à la Journée mondiale de la liberté de la presse en RDC, peine encore à prendre son envol après des restrictions continuelles. Au total 22 cas des journalistes assassinés de1994 à 2021. Il s’agit de : Pierre Kabeya retrouvé mort dans un caniveau près du camp militaire Loano à Kinshasa, Adolphe Kavula tué probablement suite des tortures subies dans les geôles des services de sécurité de Mobutu à Kinshasa, Belmonde Magloire Massinhoun disparu à Kinshasa alors qu’il collaborait avec les services de securité du régime Laurent- Désiré Kabila, Akite Kisembo porté disparu à Bunia dans la province de l’Ituri enlevé par des miliciens de l’UPC (Union des patriotes congolais de Thomas Lubanga), Pascal Kabungulu abattu par balle à son domicile par des hommes en tenue militaire, Franck Ngyke tué avec sa femme par des hommes en armés identifiés comme du PPRD, Kayilu Mutomno retrouvé mort poignardé au Katanga par ses assaillants, Louis Bapuwa tué par trois hommes armés qui avaient tiré sur lui à bout portant dans son domicile à Matete, Serge Maheshe Kasole assassiné en pleine rue devant ses amis à Bukavu, Patrick Kikuku tué d’une balle tirée à bout portant dans la tête par des hommes armés non identifiés à Goma, Didace Namujimbo tué d’une balle tirée à bout portant au cou à quelques pas de son domicile à Bukavu, Patient Chebeya Bankome tué par balle dans sa résidence par trois hommes armés et en tenue militaire à Kinshasa, Kennedy Mumbere mort après avoir reçu des balles lors d’une embuscade tendue par les rebelles ADF, Soleil Balanga attaqué violement à l’aide d’un couteau par un individu présenté comme le fils du superviseur de l’hôpital général de Monkoto, Marcel Kalala abattu de sang-froid par un groupe d’hommes armés et en tenue militaire qui ont pris d’assaut sa résidence, Papy Mahamba Mumbere attaqué et tué dans son domicile, Bira Bwalitse enlevé par des hommes armés à Kalembe dans la localité de Bushimo, Pius Manzikala kidnappé par des hommes armés, Barthelemy Changamuaka tué de huit balles par deux hommes armés en tenue civile dans l’enclos de son domicile. Sur cette liste il faut ajouter Robert Chamwani, Bruno Koko, Kambale Musonia morts dans des situations déplorables… en 2023. Un plaidoyer qui suscité l’attention du gouvernement congolais mais cet argumentaire jusqu’aujourd’hui reste dans les tiroirs produisant aucun effet significatif.
Tous ces crimes odieux que nous venons de citer ci-haut ont été perpétrés sur les personnels de médias et la majorité de ces personnes tuées sont oubliées par la République. L’Etat congolais doit mettre fin à l’impunité et les auteurs de ces crimes doivent être traduits en justice pour que la mémoire de ces hommes soit réellement honorée.
En sus, Madame Grâce conclut ses propos en exprimant sa gratitude au Centre carter, aux chefs de mission diplomatique, aux professionnels des médias avant d’annoncer la poursuite de ce combat jusqu’à la publication d’un récit en hommage du journaliste Franck Ngyke.
Nehemy Dengba
