Le ministre de la Justice, Constant Mutamba, est monté sur ses grands chevaux pour administrer une thérapie de choc à la magistrature congolaise. On croit savoir qu’il saura tenir la dragée haute après les résultats mitigés de ses prédécesseurs. L’Etat de droit va ainsi cesser d’être un slogan pour devenir une réalité. De plus en plus, des Congolais commencent à croire en l’action de ce nouveau ministre. Les dossiers parcellaires qui foisonnent dans les Cours et Tribunaux de la République, sont les premiers à être exhumés pour démontrer la faillite de la justice en RDC.
Au regard de dégâts enregistrés, le ministre de la Justice a porté, vendredi dernier lors du 9ème Conseil des ministres, l’initiative d’organiser des états généraux de la Justice. C’est dans l’objectif d’opérer un diagnostic sans complaisance des maux qui rongent la justice congolaise.
Il est, cependant, vrai de reconnaitre que ce forum sur l’état des lieux de la justice, n’est pas le premier à être organisé en RDC. Ceux qui l’ont précédé dans ce ministère ont eu à diagnostiquer les maux caractéristiques de l’appareil judiciaire et des recommandations formulées. C’est la mise en pratique de différentes résolutions qui fait défaut. Sans nul doute, les assises qu’entend organiser le ministre, risquent de tomber sur le même diagnostic et les mêmes résolutions. Plutôt qu’un rendez-vous de plus qui va coûter d’énormes ressources financières, il y a moyen de recourir aux travaux précédents en les actualisant après les avoir améliorés. Sinon, les revendications des magistrats sont connues depuis toujours. Il appartient au gouvernement de voir comment y répondre avant de tenir ces derniers au collet.
Ce n’est pas pour rien que ces tares ont la peau dure. Le gouvernement qui ne peut pas prendre en compte les préoccupations des magistrats les obligent à tomber dans les mêmes bévues. Il revient donc à l’exécutif national de commencer par respecter ses engagements.
Ce n’est nullement une excuse pour que les magistrats transforment l’appareil judiciaire à un fonds de commerce. Toutefois, il existe dans cette noble profession, ceux qui rendent justice en toute droiture.
Comme dans toutes les sociétés, les brebis galeuses existent toujours. Dans l’appareil judiciaire congolais, les avocats ne sont pas en reste avant de parler des autres auxiliaires de justice. Donc, que l’Etat congolais commence par prendre ses responsabilités.
Pour le ministre Mutamba, il entend procéder lors de ces états généraux par des consultations populaires à travers les provinces, regroupées en pools et des travaux en session plénière avant les commissions spécialisées. On croit savoir que cette méthodologie de travail permettra d’apporter un plus dans le perfectionnement de la justice congolaise.
La Pros.