La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a réagi au message des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo du 16 janvier, dans lequel ils affirment que les scrutins du 20 décembre dernier ont été «une catastrophe électorale».
Dans un communiqué, la Centrale électorale a tenu à rappeler d’abord que « la critique est aisée mais l’art est difficile». Elle affirme, par ailleurs, qu’il est injuste que la CENCO puisse lui imputer exclusivement des cas de fraude et de corruption ayant émaillé les élections.
«Avant d’être des faits matériels, la fraude et la corruption, deux concepts qui transparaissent en filigrane dans le message de la CENCO, sont des actes délibérés qui relèvent fondamentalement de l’éthique et de la morale. Il est injuste que la CENCO puisse allègrement les imputer exclusivement au pouvoir organisateur des élections en RDC dans une situation où il est clairement établi qu’au lieu d’être organisatrice de ces actes répréhensibles, la CENI a été victime de comportements et d’agissements de certains acteurs bien identifiés dans notre société», peut-on lire dans ce communiqué.
La CENI se réjouit, cependant, d’avoir, pour la première fois, diligenté «les enquêtes et prendre des sanctions exemplaires contre les délinquants électoraux, notamment les candidats, les autorités politico-administratives ainsi que son personnel».
Après deux jours de travail sur l’évaluation des élections, les évêques de la CENCO ont évoqué la découverte d’un nombre impressionnant de votes parallèles avec les machines à voter trouvées chez des particuliers.
Selon les prélats catholiques, «la CENI devrait s’interroger sur son rôle dans cet imbroglio, car c’est elle qui a le contrôle exclusif de toutes ces machines et elle ne s’est jamais plainte d’un vol quelconque de son matériel».
«La CENI, indique-t-elle dans ledit communiqué, note, pour la toute première fois, et même si c’est de manière délibérément voilée, la CENCO ne remet pas en doute les résultats provisoires à l’élection du Président de la République annoncés par la CENI en ce qu’elle s’engage à accompagner le vainqueur dans son ultime second mandat. Ce fait, loin d’être anodin, est l’une des preuves indéniables et évidentes du travail extraordinaire accompli par la CENI avec la publication graduelle des résultats aux différents scrutins au centre des opérations et des résultats Bosolo, avec tous les détails y afférents et cela dans la transparence la plus totale».
Emma Muntu
