(Par le Professeur Florent Gabati)
*Quelle infâme abomination d’ouvrir une information judiciaire avec désinvolture sarcastique à l’encontre du Cardinal Fridolin Ambongo!Pour justifier sa sordide et exécrable demande, le Procureur Général près de la Cour de Cassation croit que les congolais aujourd’hui vont lui donner blanc-seing mais non, cette époque où les citoyens laissaient toute dérive politico-judiciaire inquiétante s’installer est révolue.
Nul n’ignore que l’Archevêque de Kinshasa n’est pas allé avec le dos de la cuillère comme toute grande personnalité spirituelle pour décrire la grave crise politique et sécuritaire du pays.
C’est bien dans son rôle de le faire quand tous les observateurs nationaux et internationaux sont unanimes pour reconnaître que la situation sécuritaire dans le nord kivu s’est détériorée depuis plus de deux ans malgré les promesses faites par le président congolais. Si l’une des stratégies du pouvoir consiste à faire taire toute voix discordante ou à contrôler le narratif du Cardinal, les autorités politico-judiciaires se trompent des cibles.
L’époque où l’on mettait sous le boisseau la liberté d’expression est dévolue, les congolais ne sont plus de gogos pour revenir à l’ancien univers purulent et nauséeux de pensé unique.
Dans son apostrophe aux Pharisiens et aux Hérodiens que beaucoup de petits esprits utilisent comme leur argument ad valorem pour s’acharner contre l’Église catholique, Jésus Christ en disant : « Rendez à César ce qui est à César , et à Dieu ce qui est à Dieu » Mt 22,21 ne cherche pas à dévaloriser le pouvoir politique , mais à en signifier la limite .
En aucun cas, aux yeux de Jésus-Christ , la politique ne peut s’instaurer instance ultime et absolue de la condition humaine. Le tout n’est pas politique. D’où le rôle prééminent de l’Eglise catholique dans l’édification de la société. D’ailleurs le synode africain de l’Eglise catholique qui a eu lieu à Rome du 4 au 25 octobre 2009 s’est penché sur la question de la contribution de l’Eglise catholique en Afrique dans l’édification de sociétés réconciliées, plus justes et paisibles.
C’est pourquoi, l’Eglise devrait assumer ses fonctions d’éduquer le monde au sens religieux en proclamant le Christ, en remplissant le rôle de sentinelle appelée rôle prophétique.
Dans un pays où la morosité politico-économique augmente avec beaucoup d’affaires de détournements concernant certains ténors du gouvernement ou des députés provinciaux corrompus pour élire les gouverneurs ou sénateurs, le procureur général s’occuperait davantage sur les enquêtes des fossoyeurs de l’économie.
Que ce procureur sache bel et bien : Qu’il le veuille ou nom , le message de Jésus Christ a une fonction sociale parce que l’homme est un Tout et il ne peut faire arbitrairement abstraction de ses convictions religieuses dans son comportement.
L’Eglise catholique continuera à se dresser contre tout système politique de racaille , de médiocrité et toute forme de State capture. Quel que soit son statut social, le chrétien est un acteur social qui assure la solidité et la défense des valeurs humaines .
Si le Procureur Général près la cour de cassation ne reconnaît pas ce rôle de l’Eglise catholique et celui du chrétien, il s’enferme dans une logique putride.
Il sera bel et bien KO.
Comme disait le révolutionnaire mexicain Emiliano Zapata : « mieux vaut mourir debout que de vivre genoux ».
Nous appelons à la solidarité de toutes les forces vives de la nation pour ne pas laisser émerger dans notre pays, des procureurs qui se croient omnipotents. Tous, soutenons le Cardinal Fridolin Ambongo.
