Ancien président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila a été condamné hier mardi 30 septembre 2025 à la peine capitale au terme du procès mené par la justice militaire. Il a été jugé par contumace pour trahison, crimes de guerre, viol, meurtre, apologie, complot, propagande des actes de crimes de guerre. Il est contraint à verser une équivalence en franc congolais de 33 milliard de dollars à l’Etat congolais.
Après 18 ans de règne à la tête du pays, l’ancien chef d’Etat congolais a été reconnu coupable de complicité avec le groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda.
En 2019, au terme de deux mandats, Joseph Kabila quitte le pouvoir en laissant la place à l’actuel président Félix Tshisekedi et avec le statut de Sénateur à vie ainsi qu’une immunité parlementaire. En 2023, il quitte le pays et reste discret sur ses déplacements, apparaissant notamment en Afrique du Sud ou en Namibie.
Arrestation peu probable
Après s’être tenu à l’écart pendant plusieurs années, il réapparaît fin mai à Goma, ville sous contrôle du M23 depuis fin janvier, où il s’est livré dans l’exercice de consultations de toutes les couches sociales des deux grandes villes contrôlées par les rebelles de l’AFC/M23.
Alors que la Haute Cour militaire a ordonné à ce jour du verdict son arrestation immédiate, aucune information n’a été donnée, jusqu’ici, sur l’endroit où se trouverait actuellement Joseph Kabila, rendant ainsi son arrestation peu probable à ce stade.
« Il tenait de véritables réunions d’état-major pour la conduite des hostilités, il procédait à des inspections dans des centres d’instruction des rebelles de l’AFC/M23 et il avait été le chef incontesté de tous les mouvements rebelles qu’a connus le pays depuis la rébellion de Mutebusi », des affirmations de la Haute Cour militaire.
Il sied de rappeler qu’un moratoire sur l’exécution de la peine capitale en vigueur depuis 2003 dans le pays a été levé en 2024, toutefois aucune exécution n’a eu lieu depuis.
Le sort du président honoraire congolais est ainsi scellé par la justice militaire du pays qui a prononcé son verdict tout en se déclarant incompétente sur la question de sa nationalité, renvoyant les demandes de la partie civile devant le gouvernement, en précisant qu’elle ne statuerait que « sur la personne et les faits ». Aussi, la demande de mise sous séquestre des biens de Joseph Kabila a également été rejetée.
La Pros.
