Au-delà des boules puantes se multipliant autour du président congolais et ses collaborateurs voleurs, l’heure est plus grave aujourd’hui pour ne pas banaliser tous les arguments qui sont relayés par les médias pour demander la révision de la Loi fondamentale.
Il est évident que tous les patriotes restent révulsés par cette obsession de tripatouillage constitutionnel alors qu’il existe d’autres voies pour améliorer le sort de nos concitoyens et de rétablir la souveraineté nationale. Ce qui se trame aujourd’hui dans un pays en lambeaux est lourd des conséquences en termes de paix sociale, de cohésion nationale. La maison RDC brûle : Félix Tshisekedi veut inscrire son nom dans l’histoire de ces présidents africains que nous considérons comme des membres de la « négraille » en voulant s’éterniser au pouvoir.
Nul n’ignore que la Constitution est en elle-même un acte de défiance puisqu’elle prescrit des limites à l’autorité. Dans cette logique, la Loi fondamentale est appréhendée comme une distribution de la compétence ou de l’étendue des pouvoirs donnée à tous et à chacun de ceux que la loi a chargé des fonctions publiques. Dans le cadre de la légalité, la révision comme le souhaite le président congolais est -elle légitime ? La légitimité doit être prise dans le sens de la conscience du moment.
Malheureusement on s’aperçoit que la démarche prônée par les radins du pouvoir demeure purement conjoncturelle, destinée à porter atteinte à l’alternance politique après deux mandats de monsieur Tshisekedi, et surtout à modifier l’équilibre politique. Il y a de plus urgent et plus important à faire pour la population congolaise clochardisée que de réviser la constitution. Loin d’être la réponse aux contingences socio-économiques, la démarche de la réforme de la Loi fondamentale est au service des intérêts des voleurs de la république, des siphonner des deniers publics.
Nous devons éviter dans notre pays trop fragilisé et fracturé que la révision débouche sur de graves crises ou au coup d’État.
Si le président congolais croit que la limitation temporelle permettra d’assurer le meilleur fonctionnement des institutions républicaines, il doit savoir qu’il est à côté de la plaque. La nation congolaise a déjà préservé son droit imprescriptible de changer sa Constitution. Si ceux qui sont aux manettes à Kin maintiennent le cap, il y a la rue et d’autres forces qui feront échouer ce projet. Il faudra donc faire sortir l’artillerie lourde pour le dégagisme politique. Aujourd’hui le contexte international a beaucoup changé, les populations ne sont plus de la chair à canon, les tueries de masse ne laissent plus personne indifférente, car elles enfreignent sur la personnalité de l’auteur de ces crimes. Il ne faut pas oublier qu’il y a la Cour pénale internationale (CPI). Il faut compter en RDC sur la force combative des étudiants qui se sont investis lors des manifestations sous Joseph Kabila comme un seul homme pour dire « niet » à toute modification de la constitution. Certes la situation demeure grave et la RDC est assise sur un volcan qui dort. Que fait Fatshi face à la balkanisation du pays, à la main mise du M23 sur les zones minières, à l’incapacité de FARDC de reconquérir des pans du territoire, à la pauvreté qui augmente ? Le danger est réel, mais des acteurs politiques à Kinshasa se délectent de leurs gains juteux comme des bordels et ne pensent que pour le pouvoir.
La démocratie est bien une affaire de conquête. En janvier 2015 c’est la rue qui a obligé Joseph KABILA de reculer dan sa tentative de retarder les élections et aussi de modifier la Loi fondamentale congolaise. Le moment est donc venu pour sonner le tocsin contre tous ces cinglés qui appellent à la modification de la constitution. Seule notre résilience contre ces têtes de mule déterminera la stabilité de nos institutions.
Professeur Florent Gabati
