Trop de violences verbales et physiques. Il s’observe une montée de tension dans certains milieux alors que la Cour constitutionnelle s’apprête à publier les résultats définitifs de la présidentielle 2023, d’un côté et, de l’autre, ceux de la CENI pour les législatives nationales et provinciales. Déjà, l’invalidation de 82 candidats a créé des remous dans les états-majors des partis et regroupements politiques victimes. Certains se sont précipités pour introduire une requête au Conseil d’Etat afin d’obtenir l’annulation de la décision de la Commission électorale nationale indépendante.
Des militants instrumentalisés, en signe de protestation de cette décision de la centrale électorale, ont barricadé les artères publiques en brûlant les pneus. Un bus TRANSCO a été incendié par des inciviques dimanche 7 janvier dernier dans la soirée sur la place Pascal. Jeudi dernier, au village de Kashobwe considéré comme fief de Moïse Katumbi, le siège de l’UDPS a été vandalisé par des présumés partisans d’Ensemble pour la République. Ces derniers ont réagi à la destruction le 31 janvier dernier du siège d’Ensemble pour la République à Mbuji-Mayi, fief de Félix Tshisekedi.
Une enquête a été ouverte pour mettre la main sur les fauteurs de troubles. Plusieurs arrestations ont été signalées à Mbuji-Mayi.
De plus en plus, la violence est exploitée comme stratégie et un instrument de combat politique. La preuve de l’avidité du pouvoir des leaders politiques congolais qui croient qu’on ne peut mieux servir la nation qu’en étant dans les institutions. Pour cela, ils ne lésinent pas sur les moyens pour assouvir leur gloutonnerie. Peu importe la vie des autres. Les appels des ongs n’arrivent pas à calmer les esprits.
Comment ne pas penser à des accointances avec les groupes armés dont Mobondo. Le choix de Corneille Nangaa de tronquer sa casquette de leader politique à celle d’un seigneur de guerre ne doit pas manquer de faire des émules dans les camps de ceux qui n’auront pas trouvé gain de cause dans leurs revendications politiques. Qu’il soit dit en passant que le politique congolais qui a eu à flirter avec les anciennes rébellions, continue de croire que c’est le chemin le plus court pour accéder au pouvoir.
Cette menace en RDC préoccupe au plus haut point la communauté internationale. Pour preuve, un Haut-Commissaire de l’ONU demande aux autorités congolaises d’enquêter de manière transparente sur les discours haineux et les appels à la violence pour identifier et sanctionner leurs auteurs. Il s’agit selon lui de prévenir une dégradation de la situation sécuritaire dans le pays, voire au niveau régional, à l’approche de la confirmation définitive des résultats par la Cour constitutionnelle.
On ne défie pas impunément l’Etat qui détient l’impérium. L’ordre finira par être rétabli. Les pyromanes qui semblent jouer aux sapeurs-pompiers aujourd’hui, finiront par être démasqués et répondre de leurs faits.
La Pros.