La 37ème assemblée générale de l’Union africaine ne s’est pas achevée sur une bonne note en ce qui concerne la crise à l’Est de la RDC. Félix Tshisekedi et Paul Kagame ne se sont pas rencontrés. Mais, ils ont été reçu séparément par le Président Joao Lourenço, médiateur désigné de l’Union Africaine qui a promis de poursuivre des contacts à Luanda en vue d’un tête-à-tête entre les deux chefs d’Etat.
C’était l’occasion pour le Président de la République de rappeler à haute voix : «Cette guerre n’est pas une invention de la République Démocratique du Congo. Elle est menée pour poursuivre le pillage de mon pays et servir les intérêts du Rwanda et de ses alliés. Nous ne négocierons jamais avec le M23. Je souhaite la paix, mais pas à n’importe quel prix. Nous avons déjà exprimé tout notre point de vue à ce sujet, et un système a été mis en place, connu sous le nom de désarmement et cantonnement. Si le M23 refuse de coopérer, ils devront en assumer les conséquences”.
Un message de fermeté qui a fait réagir les USA qui condamnent à nouveau le soutien du Rwanda au M23 et lui demande de retirer ses militaires du sol congolais. Washington somme Kigali de se retirer de ses positions actuelles autour de Sake et de Goma avant de lui demander de retirer la Force de défense du Rwanda et les systèmes de missiles sol-air qui menacent la vie des civils, des forces de maintien de la paix des Nations Unies et d’autres organisations régionales, des acteurs humanitaires et des vols commerciaux dans l’Est de la RDC.
Ce dernier rendez-vous d’Addis-Abeba aura permis aux différents partenaires de comprendre combien que la RDC ne transige pas sur l’intégrité de son territoire. Les processus de Luanda et de Nairobi ayant mis en place le mécanisme de résolution pacifique de cette crise, aucune autre issue n’est possible.
Entretemps, Cyril Ramaphosa d’Afrique du Sud et Evariste Ndayishimiye du Burundi autour de Tshisekedi ont discuté de la coordination des opérations militaires des troupes sur le terrain des troupes de la SADC.
Avant le début de cette session de l’assemblée générale de l’UA, une accalmie a été observée à Sake et aux collines surplombant cette cité. Seules les pressions fortes sur le Rwanda dont la présence sur le territoire ne fait plus l’ombre d’un quelconque doute, pourront faire fléchir Paul Kagame.
La Pros.