(Par Ricky Nzuzi Loya, Journaliste, Expert en communication, et Ambassadeur des Solutions pour l’Afrique, SAS 2ème édition France/Maroc 2024)
La récente décision du Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, de suspendre le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) est un tournant préoccupant dans l’histoire politique de la République Démocratique du Congo. Elle s’inscrit dans une série d’actes qui ressemblent davantage à un acharnement politique qu’à une volonté sincère de justice ou de réforme démocratique.
Il est temps de dire non à la dérive autoritaire, à la répression politique et à la manipulation des institutions au profit d’intérêts partisans pendant que le Pays est déchiré par la guerre, la souffrance de la population, la misère qui ne dit pas son nom, le manque criant d’eau potable et d’électricité ainsi que des soins de santé de qualité sur toute l’étendue du territoire national, la destruction des toutes les dans la capitale qu’à l’intérieur du pays, des vrais défis !
Cependant, le PPRD, dont l’autorité morale est l’ancien Président Joseph Kabila, n’est pas un parti clandestin, ni une milice, mais une formation politique reconnue, qui a participé activement à la construction de la nation pendant près de deux décennies.
Suspendre ses activités sans base juridique transparente, sans décision judiciaire crédible, c’est fouler aux pieds la Constitution et le principe du pluralisme politique, fondement même de notre démocratie.
Le retour de Joseph Kabila par Goma – une ville sous tension, partiellement sous occupation – n’était pas un hasard, mais un choix dicté par des impératifs de sécurité. Quelle ironie que ce soit aujourd’hui lui, artisan de la stabilité macroéconomique d’hier, qui doive craindre pour sa sécurité dans le pays qu’il a gouverné !
L’attitude du Ministre d’Etat, Ministre de la Justice, qui annonce des restrictions de déplacement pour les cadres du PPRD, et la saisie de leurs biens, conforte l’idée d’une chasse aux sorcières.
Cette dérive ne peut être interprétée que comme une volonté d’éliminer une opposition crédible à l’approche des échéances politiques majeures. Où sont les principes de justice, d’équité et de liberté que prône toute démocratie digne de ce nom ?
Comparons les faits. Joseph Kabila, pendant son règne, a posé les jalons d’un développement structurel : réhabilitation des infrastructures, stabilisation de l’économie, préservation de l’unité nationale malgré des contextes sécuritaires difficiles.
A l’opposé, le régime actuel du Président Félix Tshisekedi est marqué par une gestion chaotique, des scandales de corruption à répétition, des détournements, la montée du tribalisme et l’effondrement de l’autorité de l’État dans plusieurs régions du pays. Que reste-t-il de l’espoir suscité en 2019 ?
Si le peuple congolais doit juger ses dirigeants, que cela se fasse dans le respect de la loi, et non dans la rue ou par des décisions arbitraires. Si trahison il y a – envers la souveraineté nationale, la paix ou la cohésion sociale – qu’une justice indépendante se prononce, sans parti pris. Mais instrumentaliser la justice pour neutraliser les adversaires politiques, c’est déjà trahir la République.
En tant que citoyen, je refuse de rester silencieux face à cette dérive. Il est encore temps de sauver notre démocratie.
Le respect de l’Etat de droit ne doit pas être un slogan, mais une réalité tangible pour tous, y compris ceux qui ont gouverné avant. La RDC mérite mieux que la haine, la division et la vengeance.
