Au-delà de l’embellie diplomatique de la rencontre de Dar es salaam, la République Démocratique du Congo doit ouvrir l’œil, et surtout le bon, pour ne pas être surprise par le Rwanda. Les cinq jours devant permettre aux experts de la SADC et de l’EAC de se consacrer à la mise en place du cessez-le-feu est déterminant étant donné que le sommet n’a concerné que les Chefs d’Etat et leurs Représentants, mais aucunement le M23.
L’armée rwandaise ne risque-t-elle pas de se camoufler derrière ses supplétifs pour poursuivre ses avancées notamment, vers le Sud-Kivu? Nul n’est besoin de rappeler que c’est sous le cessez-le-feu qui a été conclu à Luanda que les RDF et le M23 sont arrivés jusqu’à s’emparer de la ville de Goma sous l’œil complice de la Communauté Internationale mais surtout de l’EAC.
Malheureusement, les atrocités commises par les hommes de Kagame où les instances internationales ont certifié un bilan provisoire de 3000 morts et le risque de la régionalisation de ce conflit devient plus qu’évident. Certains partenaires financiers de Kigali ont décidé de taper du point sur la table en procédant à certaines coupes sur leurs aides octroyées au gouvernement rwandais. En effet, après l’Allemagne mais surtout, l’Angleterre qui menace de surseoir 1 milliard de son appui financier, quelques pays de l’Union Européenne sont prêts à emboiter les pas.
Ce n’est donc pour rien que Kigali se réjouit de cet appel au cessez-le-feu immédiat de la capitale tanzanienne. A la télévision rwandaise, le ministre des Affaires étrangères se dit satisfait des résolutions des deux blocs qui correspondent, selon lui, à la position soutenue par Kigali avant le sommet en réclamant notamment la mise en place d’un dialogue direct entre le M23 et les autorités congolaises.
Les deux organisations régionales appellent bien, dans leur communiqué final, à des négociations entre toutes les parties au conflit, y compris le groupe armé, dans le cadre des processus fusionnés de Luanda et de Nairobi. Les experts l’EAC et de la SADC devront apporter toute la lumière afin d’éviter toute interprétation erronée.
Cet enthousiasme affiché par le Rwanda alors qu’il est sous pression diplomatique et judiciaire, dépasse tout entendement. Il ne faut pas que la Communauté Internationale se laisser berner par les résolutions de Dar es salaam en desserrant l’étau d’autant plus que l’ennemi est un montre à plusieurs têtes.
En attendant, le Rwanda est appelé à comparaitre à la Cour africaine des droits de l’homme d’Arusha en Tanzanie mercredi 12 février prochain. La RDC accuse le Rwanda des violations massives des droits de l’homme perpétrés par les RDF/M23. Le cessez-le-feu militaire ne peut obnubiler le front diplomatique et judiciaire en cours avec le nouveau carnage dans la ville de Goma.
La Pros.