La loyauté des députés de l’Union sacrée est mise à rude épreuve à l’approche de la date fatidique du 28 avril prochain. En effet, après le choix de l’UDPS Daniel Bumba et du MLC Eddy Iyeli pour le ticket de l’Union sacrée, il n’y a pas unanimité dans le camp présidentiel sur les candidatures de gouverneur et vice-gouverneur de la ville-province de Kinshasa.
Les candidatures de Déo Kasongo et son colistier Guy Richard Malonga ont été invalidées par la centrale électorale sous prétexte que leur dossier avait été déposé hors délai. Ne s’avouant pas vaincu, Déo Kasongo a saisi la Cour d’Appel qui a rendu son arrêt lundi 8 avril dernier. Cette juridiction a instruit la CENI de le rétablir.
Un effort vers la matérialisation de l’Etat qui donne raison à un quidam contre une institution d’appui à la démocratie. Désormais en lice pour la succession de Gentiny Ngobila à la tête de la ville de Kinshasa, Déo Kasongo va mettre en mal la cohésion autour de l’Union sacrée au sein de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.
Au départ, soutenu par les présidents de quatre fédérations de l’UDPS, le présidium de l’UDPS a rejeté la candidature de Déo quoique membre du parti présidentiel. Un véritable camouflet pour ces dirigeants à la base au niveau des fédérations. Considérés comme les patrons de la base, les fédéraux n’ont cessé de claironné sur tous les toits le principe de la pyramide. Il est dit à l’UDPS que le pouvoir part de la base avant d’atteindre le sommet.
Mais hélas! Le pouvoir dans sa praxis révèle d’autres réalités. Entretemps Déo s’obstine à maintenir sa candidature pour le gouvernorat de Kinshasa. Les députés provinciaux sont partagés entre le mot d’ordre du parti ou mieux de la plateforme présidentielle et le soutien unanime à l’appel de ces fédéraux qui, pour l’instant, préfèrent laisser faire le jeu face au diktat du présidium. Le vote étant secret, tout dépend en conclusion, des pouvoirs discrétionnaires desdits provinciaux.
Il est vrai que revêtir Kinshasa de sa plus belle robe après le passage manqué des gouverneurs aussi vertébrés les uns que les autres, n’est pas une mince affaire. La capitale de la RDC est devenue la risée de tout le continent par la faute de ses dirigeants. Il faut négocier des partenariats avec des pays étrangers pour évacuer les immondices alors que Kinshasa génère des recettes faramineuses.
La ville n’a pas besoin d’un néophyte qui se sentira redevable aux personnes dans l’ombre qui l’ont pistonné mais bien d’un connaisseur des difficultés et des réalités capables d’y apporter une thérapie de choc après avoir établi un bon diagnostic.
La Pros.