Dans un peu plus de 72 heures, soit le 8 août prochain, doit débuter la nouvelle phase des négociations entre Kinshasa et Goma à Doha. Ce rendez-vous de la capitale Qatarie résulte de la déclaration de principes avant d’entamer les pourparlers proprement dit en vue d’un accord.
Entretemps, la tension n’a cessé de monter entre les deux parties. D’abord sur différents fronts, il y a eu affrontements entre l’AFC/M23 et les groupes locaux hostiles à l’occupation de l’Est de la RDC. Quant aux Forces loyalistes, l’ordre a été donné par leur hiérarchie d’observer le cessez-feu sur tous les fronts.
Pour monter les enchères, l’AFC/M23 menace de boycotter ce nouveau round de Doha si la partie gouvernementale ne libère pas un groupe de prisonniers. Parmi les 700 prisonniers revendiqués par Goma, figurent Erick Nkuba et Ruttens Baseane Nangaa, respectivement conseiller stratégique et oncle paternel de Corneille Nangaa, le coordonnateur de l’AFC-M23 en plus de deux prisonniers détenus à la prison militaire de Ndolo, sur les 26 membres de ce mouvement, dont la Haute cour militaire a confirmé, en décembre 2024, la peine de mort quatre mois plus tôt.
Il va de soi que Kinshasa représente l’autorité publique tandis les rebelles, jusqu’à preuve du contraire, restent des hors-la-loi. Des actes posés par les institutions de l’Etat ne peuvent, en aucun cas, être troqués à la volonté partisane de l’AFC. Néanmoins, parce que tout le monde est engagé dans la voie des discussions pour le rétablissement de la paix à l’Est, il faille des concessions de part et d’autre.
Il n’est seulement pas commode d’y procéder par des préalables. Tout peut être négociable autour de la table de négociations. Il sied de rappeler que Kinshasa avait refusé de négocier avec ces rebelles. Mais, il a accepté de lâcher du lest en franchissant sa propre ligne rouge. C’est dire que quand on accepte de négocier, de bonne foi, on se prépare à perdre quelques-uns de ses privilèges par des concessions qui seront consenties entre parties.
Naturellement, les congolais se mettent difficilement d’accord sur les négociations surtout quand un groupe est instrumentalisé par des forces occultes. La pression des médiateurs Qataris et américains est toujours importante afin de parvenir véritablement à un compromis qui sera respecté de tous.
La réticence du Rwanda à signer l’accord de Washington, est la preuve que ça ne doit pas se passer comme sur des roulettes. L’AFC/M23 s’inscrit dans cette même logique d’œuvrer soit pour retarder, soit carrément pour empêcher le rétablissement de la paix à l’Est de la RDC après l’échec du projet de balkanisation.
La Pros.