C’est avec raison que l’exposé des motifs de la constitution congolaise du 18 février explique que, depuis la mort de P E Lumumba, la Rdc est traversée et rongée par la crise de légitimité au sommet de l’Etat. Laquelle crise est à la base des guerres et des rébellions, de l’instabilité politique, de millions de morts et même de la pauvreté. Ce qui est étonnant, est le fait que les élections, les premières (mai 1960) que le Congo post – colonial a connues sont l’œuvre des colonisateurs belges farouchement opposés à Lumumba considéré par eux comme diable et communiste; bref l’homme à abattre. En dépit de cela, les belges les ont organisées démocratiquement et rationnellement sur fond de la transparence et de la légalité. Conséquence, les institutions légitimes en sont sorties. P. E. Lumumba en est sorti vainqueur. Les méchants belges ont impartiellement organisé les élections. Même si, ils ne voulaient pas en faire ni informateur, ni formateur du gouvernement et encore moins Premier ministre, il l’est devenu par la volonté du peuple et la force des institutions. Personne n’a contesté la victoire de Lumumba; Chef de la majorité, il était à la fois faiseur du président de la République, des ministres, des présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale. La crise de légitimité va intervenir le 14 septembre 19 60 à la suite du premier coup d’Etat qui va imposer sur pression des occidentaux Ileo et son collège des commissaires généraux, au détriment d’un gouvernement lumubiste légal et légitime. Depuis lors, on assiste à une cascade de crises de légitimités : Mobutu chassera kasavubu qui fut élu démocratiquement au suffrage indirect en 1960, lui – même kasavu a empêché Tshombe vainqueur des élections de 1964 de gouverner, comme il l’a fait contre Lumumba et ses partisans en 19 60; Mobutu aura raison de lui en 1965. Contesté fortement à partir de 1990 , Mobutu sera chassé par L D Kabila venu au pouvoir par la guerre. Assassiné, J ‘Kabila son successeur a été contesté aussi fortement en raison de sa cooptation putchiste et de ses deux voctoires présidentielles douteuses sur JP Bemba et E Tshisekedi qui l’ont combattu chacun à sa manière. Enfin arrive le tour de Fatshi dont les victoires en 2018 et en 2023 ont été remises en cause par Fayulu dont la vérité des urnes est devenue un grand slogan et aujourd’hui par Katumbi qui parle du chaos électoral et de la fraude planifiée. De ce qui précède, deux conclusions s’imposent : l’atteinte des objectifs de l’indépendance pour lesquels Lumumba et les pères de l’indépendance sont morts, s’éloignent toujours 63 ans après ; la Constitution du 18 février a prêché dans le désert. Déterminée à chasser la crise de légitimité, celle-ci redevient encore plus forte, après les assises de Sun City qui ont donné naissance à ladite Constitution. Que faut-il faire ? D’abord, on ne change pas la société par décret et je pense pour ma part, que la voie révolutionnaire par le biais de l’article 64 peut nous sauver à condition que ses acteurs imposent la bonne gouvernance dans la pratique et non dans la théorie et cela, de manière exemplaire. C’est de cette façon que l’Histoire préconisée par le Grand Lumumba sera écrite.
Professeur Lohata Tambwe Okitokokosa Paul-René
