Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Président réélu et investi
*Augustin Kabuya a, en principe, fini sa mission. Après les arrêts de la Cour Constitutionnelle, la nouvelle configuration de la Majorité Parlementaire, avec toutes les listes dûment établies, est déjà connue. Tout comme, les forces politiques et sociales devant constituer, elles aussi, la Majorité Présidentielle, sont aussi connues. Tout ce qui reste, à moins d’avoir encore quelques derniers réglages, c’est de passer à la vitesse supérieure, en désignant le Formateur ou encore le Premier Ministre Formateur. Déjà, le jeudi 22 février 2024, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’exprimant devant la Presse au Studio Maman Angebi, à la Rtnc1, sur fond d’un peu d’humour, avait annoncé que si l’Informateur lui déposait son rapport, par exemple, un samedi de n’importe quelle semaine, lui procéderait, selon son pouvoir discrétionnaire reconnu par la Constitution et les Lois de la République en tant que Chef de l’Etat, à la nomination du Formateur ou de la Formatrice du nouveau gouvernement le lundi qui suivrait. Et, dans le cas d’espèce, doit-on espérer qu’au cas où ce rapport lui était déposé aujourd’hui, comme il l’avait si bien souhaité, lui-même, ce jour-là, il n’en aurait plus que pour plus ou moins 48 heures pour vider le suspense ?
Et maintenant ?
Rentré à Kinshasa, après un bref séjour à Lomé, au Togo, et à Nouakchott en Mauritanie, où il a eu, tour à tour, à aborder plusieurs questions dont l’insupportable crise sécuritaire qui sévit dans l’Est de la RD. Congo, Félix Tshisekedi a là, du pain sur la planche.
Quoiqu’écartelé entre cette situation, certes, préoccupante à cause de massacres et autres cruautés imposés aux populations congolaises, désormais, obligées de serpenter les montagnes et, même, d’affronter les morsures des mollusques et autres insectes venimeux, Félix Tshisekedi, après son élection intervenue, le 20 décembre 2023, et son investiture, le 20 janvier 2024, n’a pas d’autre choix que de disposer de plusieurs fers au feu.
D’un côté, la guerre, à la fois, diplomatique et sur les théâtres d’opérations militaires. Et d’un autre, la gestion quotidienne qui, elle, transite forcément par l’installation de nouvelles institutions et la réalisation des réformes indispensables.
D’où, la nécessité de dépasser l’étape de l’Informateur, de désigner un Formateur ou, carrément, d’un Premier Ministre Formateur du Gouvernement, permettrait de mettre fin à l’expédition des affaires courantes devenue chronique et dont les effets pervers sont, du reste, connus en termes d’inertie ou d’inanition dans le fonctionnement du corpus institutionnel congolais.
Marcel Ngoyi
