(Par Prof. Bruno-Joseph Tshibangu Kabaji)
Nous venons de rassembler les avis et considérations faits sur notre article, paru dans le Journal en ligne le Quotidien RDC du 10 mars 2024 et dans le Journal La Prospérité dans sa livraison du mercredi 6 mars 2024, intitulé : « Combat pour l’Etat de Droit et de Démocratie en RD Congo : Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo face à l’Occident ». Avant toute chose, nous ne pouvons que féliciter tous les intervenants pour l’effort fourni afin d’exprimer leurs points de vue sur l’objet de notre intervention. Cependant, à la lecture de tous les textes, nous ne pouvons pas nous empêcher de faire la lumière sur certains points qui semblent déranger certains d’entre eux et remercions ceux qui nous ont encouragé dans notre démarche, celle de trouver les voies et moyens pour nous libérer, tant soit peu, du joug occidental et des tracasseries de tout bord. Tout cela à cause de la hantise et méprise suscitées par les richesses naturelles et particulièrement minérales que regorgent le sol et le sous-sol congolais. De prime abord, nous espérons que nous sommes aguerris pour mener un débat suscité par cet article parce qu’il est non seulement d’ordre scientifique, mais aussi politique et idéologique.
Nous nous conviendrons que lorsque nous abordons une thématique quelconque surtout dans le cadre des sciences de l’esprit, des sciences humaines ou sociales, la part du sujet connaissant dans le débat dit scientifique est inévitable non de la science politique mais aussi et surtout en politique. C’est ce que l’on appelle la subjectivité en science ou en toute discipline qui se réclame de scientifique. Cette subjectivité se camouffle et se confond dans toute prise de position avec l’objectivité de l’étude qui apparait de suite d’un effort fourni par le sujet connaissant en vue de faire de cette étude en quelque sorte une propriété intellectuelle, une connaissance au sens rigoureux de ce terme.
Nous sommes ici en épistémologie et avons peur de nous perdre, l’essentiel étant ailleurs. C’est pourquoi nous estimons que si vous enleviez vos masques noirs et vous faites vous-mêmes la relecture attentive de vos propres textes, vous n’auriez pas échappé à ce que vous aurez voulu désespérément trouver en nous-même. L’erreur de l’intellectuel congolais résiderait certainement en ce genre de lecture souvent biaisée et non calculée au lieu de s’atteler à donner calmement son point de vue constructif pour faire avancer l’édifice que nous voudrions élever pour le bien de la société.
Nous voudrions seulement dire que lorsque l’on écrit un texte, nous devons savoir que l’image de l’auteur y sera nécessairement imprimée quel que soit l’effort que l’on fournira au nom de l’objectivité. Claude Bernard l’avait si bien stigmatisé depuis de lustre en parlant du défaut des idées préconçues dans l’expérimentation, dans son livre Introduction à la médecine expérimentale. A supposer qu’il nous arrive de faire une étude historique ou philosophique sur le combat de P.E. Lumumba ou d’E. Tshisekedi pour l’Etat de Droit et de Démocratie en RD Congo, nous présumons que notre point de vue ne fera pas nécessairement l’unanimité entre penseurs pour autant que chacun de nous pourrait avoir une autre lecture du combat mené par chacun de ces deux combattants. Ce qui est normal.
Nous nous permettons de rappeler que dans ce contexte qui est le nôtre aujourd’hui les rôles joués par les encyclopédistes de XVIIIe siècle dit « siècle des lumières » en France avec Voltaire, Diderot, J.J. Rousseau, Montesquieu et consorts, devraient nous inspirer au lieu de chercher les poux sur la tête d’un chauve. L’essentiel est que leurs écrits pris globalement aient concouru à la Révolution française de 1789 et que cette intelligentsia française ait pu faire évoluer le pays du totalitarisme jusqu’à l’Etat de Droit et de Démocratie. Lorsque l’on lit un texte, il serait impérieux de voir l’essentiel de ce que l’on défend et après l’on peut voir cette fois-là comment s’il est possible d’améliorer ce qui est supposé avoir été mal dit par l’autre afin qu’ensemble puissions construire quelque chose d’utile et d’indispensable pour la communauté en proposant une issue favorable pour sortir de l’ornière ou du tourbillon.
Voilà pourquoi, nous qui nous réclamons intellectuels digne de ce nom, nous devons à tout prix contribuer non à la destruction de notre propre « alma mater » qui est ici la RD Congo en émettant des pensées négatives et en cherchant à approfondir l’iniquité et les tendances politiques susceptibles d’empêcher le décollage développemental : pourquoi a-t-il cité seulement tel ou tel homme politique ressortissant de tel ou tel coin sans citer aussi tel ou tel autre de tel ou tel autre coin de la République, peuvent susurrer certains intellectuels, non digne de ce nom ? On ne pourrait jamais construire avec ce genre de lecture tendancieuse résultant souvent de nos états d’âme. Nous avons produit donc un travail intellectuel, nous pensons qu’il a été minutieusement et que cette lecture, nous espérions obtenir des réactions positives comme contribution à la lutte de libération de la RD Congo et de son peuple du joug occidental même si ce débat qui devrait être en interne se mène malheureusement en présence de l’impérialiste occidental !
Dans tout cela, nous nous devons de mettre en tête que la libération d’un peuple n’est pas l’affaire de tout un peuple, mais d’un Leader charismatique qui se sacrifie pour que les autres vivent humainement, et qui se fait entourer d’autres leaders qui se sont tout aussi distingués dans cette lutte de libération que lui-même, mais à moindre degré par rapport à lui. Le rôle de ces leaders politiques étant de sensibiliser et de conscientiser en amont le peuple tout entier à prendre conscience des mauvaises conditions de vie dans lesquelles il baigne. Voilà pourquoi l’on parle de Gandhi, de Martin Luther King, de Lumumba, de Tshisekedi, de Modibo Keita, de Kwame N’Krumah et consorts et pas de ses coéquipiers du combat. D’ailleurs, vous êtes de notre point de vue lorsque vous remarquez que nous-mêmes Congolais, sommes en grande partie responsables de la destruction de notre propre pays, mais pas à 80% ou 90% comme certains penseurs l’évaluent. Nous, nous pensons que contrairement aux autres théoriciens, le peuple vaut ce que vaut son élite intellectuelle et politique. Cela dans la mesure où c’est au travers de nos discours politiques, de notre comportement parfois peu responsable, que nous nous sommes faits bernés par les Américains et les Européens. Pour le cas qui nous emballe maintenant, celui de l’agression rwandaise, de l’effectivité de l’indépendance politique et économique de la RD Congo, nous avons accepté instinctivement ou naïvement des négociations truquées avec l’agresseur pour le besoin de nous maintenir vaille que vaille au Pouvoir. Nous avons signé des documents qui remettent en cause la souveraine nationale.
Ces conciliabules ont dû favoriser l’infiltration du pays par les Rwandais et les ougandais dans toutes les institutions et secteurs de la vie nationale. Nous nous sommes fait diriger comme des moutons de panurge par des sujets rwandais que nous avons soutenus et continuons à soutenir en tant que Congolais à part entière au nom de nos avantages égoïstes. Nous leur avons donné des noms congolais et une conscience congolaise parce qu’elle une et non multiple. Felix-Antoine Tshisekedi arrive au Pouvoir.
La même méthode utilisée pour infiltrer nos institutions est rééditée. Le CNDP se mue en M23. Celui-ci cherche des négociations dont l’issue est d’avance connue. Il résiste énergiquement et cherche à trouver autrement des solutions durables aux problèmes imaginaires posés par les Rwandais soutenus par les Etats-Unis d’Amérique et l’Union européenne. Le peuple tout entier soutient cette démarche salutaire pour sauver la Nation congolaise en proie à la disparition. Il lui réitère sa confiance à la tête du pays avec mention distinction. Nous ne pouvons qu’encourager l’initiateur de cette vision révolutionnaire par rapport à ses prédécesseurs, complices des Rwandais et des Occidentaux.
Mais, nous avons la nette impression que vous ne vous n’êtes pas posé cette question profonde, celle de savoir d’où les deux petits pays frontaliers tirent-ils leur force de de frappe pour faire marcher la Grande RD Congo en vue de tenter de la rendre comme un géant aux pieds d’argile en Afrique. C’est à ce niveau-ci que nous devrions nous entendre. Il ne faut pas insinuer que l’infiltration relèverait du fait du Pouvoir existant, pas du tout.
Il ne faut non plus nous faire avaler que la pauvreté et la misère que vit notre peuple est le fait de l’incapacité présumée de du Président de la République. Nenni. Nous sommes en train de vivre les effets d’entrainement générés par les régimes passés et que le Pouvoir existant tente de juguler en osant innover ce qu’il faudrait urgemment innové.
Le Pouvoir fatshiste ne fait que résister et devant la pauvreté et la misère noire dans lesquelles le peuple se trouve plongé et aussi devant l’invasion rwandaise qui aggrave encore davantage la situation déjà précaire de notre population. Cette précarité de la vie résulte du fait de ceux qui ont exercé le Pouvoir pour le Pouvoir, un Pouvoir venu d’ailleurs et exercé par les étrangers sans idéal depuis plus d’une trentaine d’années. Nous n’avons pas le droit d’attribuer tous les maux de la Terre à Felix-Antoine Tshisekedi sans que nous nous reprochions de tous les péchés d’Israël en notre for intérieur. Pourquoi manifester sa rage lorsque l’on s’emploie, du moins pour le moment, à louer les efforts inlassables fournis par le Président de la République, Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, lorsqu’il affiche ouvertement toute sa volonté politique de mettre en déroute l’envahisseur et ses maîtres ? Pourquoi lui poser prioritairement le problème de la vie chère au détriment du problème sécuritaire du pays ? Acepterions-nous de perdre une partie du territoire national au profit d’une vie meilleure des autres Congolais ou encore accepterions-nous de faire disparaître la RD Congo de la carte du monde ? Sachons que si le Pouvoir en place voulait des compromissions comme les autres Pouvoirs l’ont fait, cette invasion du territoire national aurait pris fin depuis longtemps et le Congo de nos ancêtres se serait effondré progressivement comme le château Descartes au profit de Tutsis du monde entier.
C’est à ce niveau justement que nous louons à juste titre les efforts et le courage jusque-là patriotique et nationaliste de Felix-Antoine Tshisekedi. N’en déplaisent à ses détracteurs insoumis, sans âme congolaise ! Comment allons-nous nous engager à mener le combat de libération sans connaitre réellement l’ennemi ? Nous nous sommes posé cette question fondamentale et nous avons découvert à titre de réponse que ce sont les multinationales occidentales soutenues par leurs puissances occidentales successives qui sont derrière le Rwanda et l’Ouganda pour leurs intérêts économico-financiers sans compter le soutien politique et matériel de tous les Nilotiques du monde. Que faire pour nous libérer de l’emprise de la coalition internationale derrière le petit Rwanda et Ouganda ?
Voilà la question pertinente à laquelle tous les bantous devraient se sentir interpellés et obligés d’y trouver des réponses pour le bien de l’humanité tout entière, en général, et de la Nation congolaise agressée sauvagement avec la complicité de l’Occident abyssal, en particulier.
Si par hasard les bantous s’organisaient aussi à leur tour autour d’une autre très grande puissance du monde afin de trouver eux aussi une place de choix dans ce même monde en plein retour vers la bipolarité, que deviendrait ce Monde ?
La RD Congo infiltrée, la RD Congo des nominations sans critères objectifs, la RD Congo des impunités, la RD Congo des détourneurs des deniers publics, la RD Congo sans justice juste ; bref, la RD Congo un véritable pandémonium national. C’est bien beau à dire. Mais que faire ? Il faudrait changer la mentalité de l’homme congolais.
Oui, cela est vrai. Mais encore comment ? Felix-Antoine Tshisekedi y a réservé une réponse adéquate, à savoir la création de plusieurs Cellules ayant pour missions de travailler pour le Changement de mentalité de notre peuple. Il s’agit entre autres de la Cellule d’Innovation et de Changement de Mentalité (CICM), de l’Agence pour la Prévention et de Lutte contre la Corruption en RD Congo (APLC) ainsi que de l’Observatoire du Code d’Ethique Professionnelle de l’Agent Public de l’Etat (OSCEP). Ces services de la Présidence de République sont à pied d’œuvre. Nous vivrons le fruit de ce travail dans l’avenir proche attendu que le changement de mentalité résulte d’un processus harassant et délicat pour goûter effectivement aux délices de ses fruits.
En attendant, fournissons aux gouvernants des matériaux *indispensables pour la construction de l’édifice national, ils ont besoin de l’argument, des idées forces pour sortir le pays de la fournaise, de l’impasse ou de l’humiliation qui l’accablent.
Si ces gouvernants ne savent pas s’en servir à bon escient, tant pis ! Du moins, nous avons fait notre part en tant que participants d’une manière ou d’une autre à l’exercice de ce Pouvoir politique dans notre pays. C’est cela l’essentiel de notre article ci-dessus cité.
Dans vos réactions diverses, pour sortir de cette situation désastreuse, il y en a une qui a retenu notre attention et qui préconise d’imiter un des modèles de libération soit chinois soit asiatique. Pourriez-nous dans l’ensemble retenir qu’une révolution rééditée n’aboutit certes pas aux mêmes résultats les précédentes, car l’ennemi aura déjà compris et pris politiquement et stratégiquement d’autres dispositions qu’hier. Nous croyons avoir fait une digression dans notre article déjà cité en évoquant la tentative avortée de l’Occident à dominer sur les Etats asiatiques grâce au rejet pur et simple du christianisme par ceux-ci tout en s’attachant à leur shintoïsme, religion de leurs ancêtres.
Ces peuples asiatiques avaient compris depuis belle lurette que si l’on veut fourvoyer un peuple, il faut détruire dorénavant sa culture et désorienter son système éducationnel.
Ce que l’Afrique n’a pas pu éviter au point de se faire aliénée naïvement par celui qui s’était passé pour un père de famille voilà bientôt plusieurs siècles et qui s’appelle l’Occident abyssal. Ce qui l’a amenée en sa plus grande partie là où elle se trouve aujourd’hui.
Comment se libérer alors du joug occidental ? Nous estimons que l’alternative n’est pas nécessairement de s’aligner abruptement sur le modèle russe. Pour notre part, c’est de chercher plus tôt comment s’émanciper face à l’Occident et chercher à collaborer avec tous les partenaires qui peuvent s’intéresser à notre pays comme le Président de la République, Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi est en train intelligemment de le faire.
Il y a dans ce pays une place pour tout le Monde, dit-il. Pendant ce temps, il se déploie de tout son corps et de toute son âme pour rendre aux Congolais leur liberté, leur dignité, leur honneur et leur prospérité sapés par l’Occident hallucinant en luttant contre l’ancien Occident, berceau du capitalisme sauvage, un capitalisme au visage insolite, un capitalisme agissant à l’Autriche.
A ce stade de lutte, ne pouvons-nous pas comparer Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo aux Leaders politiques tels que P.E. Lumumba, LD Kabila et E. Tshisekedi et lui dire un mot d’encouragement et de soutien à son combat de maître sans lequel la Grande RD Congo ne serait qu’un paralytique et ceux qui l’accompagnent dans son combat ne soient traités de tous les noms des oiseaux par des chétifs en esprit alors qu’il faudra la délivrer des griffes de l’Occident comme le dirait un de nos intervenants qui aurait requis l’anonymat ? Faudra-t-il attendre qu’il soit enseveli pour l’auréoler à titre posthume ? Une mauvaise tradition.
En somme, il est encore temps de repenser notre système d’éducation en y insérant l’éducation à l’esprit de défense qui servirait à l’intelligentsia congolaise et à notre peuple d’élever la tête pour voir ce qu’il y a au-dessus du soleil et parvenir à faire de nos richesses naturelles une propriété intellectuelle incessible.
Ainsi, nous deviendrons grands et responsables et, par conséquent, nous nous réveillerons du sommeil dogmatique dans lequel tous les pouvoirs dictatoriaux qui se sont succédé dans notre pays nous ont volontairement et savamment enfouis avec la complicité manifeste de cet Occident honni systématiquement par le peuple congolais et par sa crème savante.
Voilà le sens de notre combat en tant qu’intellectuel digne de ce nom. Nous y reviendrons prochainement avec force détails.
Prof. Bruno-Joseph Tshibangu Kabaji
Docteur en Philosophie
Breveté de CHESD
Président Fédéral Honoraire de l’UDPS/Lubumbashi
DGA/ANAPI
