Organisée par la Fondation Hirondelle du 18 au 21 novembre 2024 à Kinshasa, avec l’appui financier de l’ambassade des Etats-Unis, la session de formation sur les enjeux de la désinformation notamment, celle orchestrée par les acteurs étatiques a connu la participation des professionnels des médias. Elle a été menée concomitamment dans quatre provinces de la RDC et vise notamment à doter les journalistes des outils nécessaires pour identifier et sensibiliser le public sur les fausses informations, y compris celles générées par l’intelligence artificielle. A Kinshasa, les lampions se sont éteints le jeudi 21 novembre dernier avec la participation d’une dizaine de journalistes.
Ayant pour mission d’œuvrer pour le renforcement des capacités médiatiques, la Fondation Hirondelle s’est bien sentie obligée d’organiser cette formation pour mieux outiller les professionnels des médias dans l’identification et le combat efficace de la désinformation, surtout celle véhiculée par des acteurs étatiques.
Invité dans un entretien sur Radio Okapi, Francis Kamguem, représentant de la Fondation Hirondelle en RDC, fixe les objectifs visés à travers cette session de formation sur un thème bien choisi dans un contexte où un flot d’informations inondent les plateformes digitales tout en cachant parfois la vraie info, au terme de laquelle, chaque participant devra être capable de détecter la bonne et contrer la mauvaise information.
«Les points abordés sont en alignement avec les objectifs qui étaient assignés dans cette formation. Parce que vous savez l’objectif principal était d’outiller les journalistes congolais avec des compétences avancées des outils modernes notamment, l’intelligence artificielle pour identifier, analyser et répondre efficacement à la désinformation. Cette initiative vise donc à renforcer leurs capacités, à produire des contenus fiables et à jouer le rôle de pilier d’une information crédible et responsable», a-t-il déclaré.
Le contexte actuel de la RDC met en lumière des questions qui soulèvent beaucoup d’inquiétudes autour de la responsabilité des pays voisins de la RDC dans la situation que vit le pays dans sa partie orientale. Il y a donc des discours de plusieurs personnes qui pourraient contribuer à alimenter même certaines préoccupations de la part de communautés des citoyens de la RDC, mentionne ce journaliste engagé dans la lutte contre la désinformation. Pour faire face à cela, il est tout à fait impérieux que le journaliste apporte une thérapie en vue de barrer la voie à toute information malsaine et impropre à la consommation. Il doit donc être capable d’y répondre efficacement et sans partie pris pour pouvoir continuer leur rôle d’information des communautés et, ipso facto cela va contribuer à mitiger les tensions sociales.
Donc oui, les acteurs étatiques étant des sources influentes de désinformation, les journalistes méritent de l’attention particulière pour pouvoir contourner ce problème en RDC.
L’ampleur de l’IA en RDC
De nos jours, la désinformation a épousé un niveau très sophistiqué grâce à l’IA. Pour Francis Kamguem, une vidéo publiée sur un réseau social pourrait prêtée à confusion alors que ça pourrait être des vidéos conçues dans des laboratoires. Et donc, le journaliste doit être sensibilisé à cela pour qu’il ait assez d’outils techniques nécessaires pour démêler les vraies des faux et pouvoir analyser une vidéo ou un son en vue de mieux sensibiliser leurs communautés. ‘’Parce que, tout ce que l’on voit et qu’on entend dans les réseaux sociaux n’est toujours pas un son ou une vidéo qui émane d’une source fiable ou digne de foi’’, a-t-il insisté.
Pour nous, l’utilisation de ces outils servira de contribuer à renforcer leur capacité et leur éveil ainsi que leur résilience même face au défi que véhicule l’IA.
Désormais outillés, les journalistes formés se sont engagés à être ambassadeurs de la vérification des faits au sein de leurs rédactions, notamment en militant pour la mise en place des cellules factchecks.
En dehors de Kinshasa, il y a les villes de Goma, Mbuji-Mayi et Lubumbashi qui ont été mobilisées et sensibilisées à travers cette session de formation utile dans la communication numérique.
César Nkangulu
