L’Angola a préféré se débarrasser du dossier congolais dans la médiation que lui avait confiée l’Union africaine pour se consacrer entièrement à la présidence tournante de cette structure panafricaine. L’enjeu de la crise dans les Grands Lacs dépassait la sphère sous régionale. C’est ainsi que toutes les initiatives continentales n’ont connu aucune issue heureuse.
Les vrais acteurs de l’instabilité de l’Est de la RDC ont fini par taper du poing sur la table. Tshisekedi et Kagame se sont rencontrés au Qatar autour de l’Emir alors que, quelques jours plus tôt, le même sommet en Angola n’a pas pu se tenir sous la médiation de Joao Lourenço. Le succès de Doha était un véritable opprobre, non seulement jeté sur la mission de bons offices de l’UA, mais également à tous ceux qui prônaient une solution africaine.
L’entrée en scène de Washington en complément au processus de Doha, va obliger l’Europe par la France, à la base de certaines mesures de coercition contre le régime de Kigali, de tenter de se faufiler entre le Qatar et les USA qui ont bien verrouillé le système.
L’avènement de Faure Gnassingbe en remplacement de Lourenço ne saura pas, non plus, valoriser l’Afrique entre l’étau de ces deux pôles de médiation. Les efforts internes notamment, celui mené par les prélats catholiques et protestants pour la tenue d’un dialogue, n’auront pas donné des résultats escomptés. L’opposition et la société civile dans son ensemble vont s’appuyer, sans succès, sur la CENCO et l’ECC pour imposer une dynamique interne à Doha et à Washington.
Comme si les dés sont jetés. Trump s’est d’ailleurs réjoui de voir les émissaires de Tshisekedi et ceux de Kagame déposer leur feuille de route amendée. La preuve que les USA et le Qatar sont en passe de gagner leur pari en RDC.
Entretemps, le successeur de Lourenço est loin de baisser les bras. Il a déployé ses émissaires pour rencontrer les acteurs internes après sa tournée à Luanda, à Kigali et à Kinshasa. L’Union africaine aurait changé des stratégies en revoyant à la basse ses ambitions.
L’UA chercherait à baliser la voie pour un dialogue intercongolais élargi aux principales forces politiques autour d’un même objectif. Doha et Washington ont placé la barre trop haute. Raison pour laquelle, l’ancien président du nigérian Olusegun Obasanjo s’emploie à rencontrer les protagonistes dudit dialogue à l’interne.
Entretemps, l’UA reste tributaire des résultats de Doha et de Washington afin de s’inscrire dans cette logique de paix amorcée par les deux capitales. Une façon pour l’Afrique qui devait jouer au pivot d’une crise africaine, se trouve reléguée à l’appendice.
La Pros.