Denise Nyakeru Tshisekedi, Première Dame de la République Démocratique du Congo, a, à l’occasion de la journée internationale des Droits des Femmes, adressée une lettre à l’ensemble des femmes congolaises, tout en mettant un accent particulier sur le thème national de cette année pour la circonstance : “Accroître les ressources nécessaires en faveur des femmes et filles dans la paix pour un Congo paritaire”. Tout en peignant le tableau sombre auquel plusieurs femmes congolaises sont confrontées, particulièrement avec la situation de l’agression rwandaise dans la partie Est de la RDC par le biais du M23 et autres groupes armés, elle invite les femmes à plus de force et de vigilance. “Aujourd’hui plus que jamais auparavant, je veux dire aux femmes et aux filles que notre cause est juste. Aujourd’hui plus que jamais auparavant, je veux dire aux femmes et aux filles que nous sommes les véritables actrices de la défense des droits et des libertés. Ce combat n’est pas limité à une journée ni à une célébration symbolique d’une date qui sera vite oubliée. Nous devons rester vigilantes pour être les gardiennes de nos droits, car rien n’est jamais définitivement acquis’’, a-t-elle déclaré, dans son discours dont vous pouvez lire l’intégralité dans les lignes qui suivent.
Lettre de Denise Nyakeru Tshisekedi aux congolaises
Chères femmes, chères filles, mes chères mamans, mes chères sœurs,
Nous célébrons aujourd’hui la Journée internationale des droits des femmes. Je m’adresse à vous avec une conscience lourde par la gravité et la brutalité des violences infligées aux nombreuses femmes et filles sur les champs de bataille à l’Est de notre pays.
En effet, l’organisation rwandaise actuelle contre notre pays est non seulement injuste mais se caractérise également par un mépris total des droits de l’homme, particulièrement à l’égard des droits des femmes et des filles, et met en lumière l’une des horreurs les plus tragiques de cette guerre.
Maintenant que tout est connu de tous sur la cruauté des agissements de l’armée rwandaise qui se dissimule derrière les supplétifs et terroristes du M23, qui peut encore dignement prétendre partager les valeurs que nous célébrons ce 8 mars ? Je me pose sincèrement cette question à laquelle je nous invite à une profonde réflexion.
Pour ma part, je considère que nous ne pouvons sous-estimer l’impact des conflits armés sur la vie quotidienne des femmes et des filles dont les cris expriment toute la douleur, toute l’angoisse, tout le chagrin et toute la déshumanisation auxquels elles font face.
Chères femmes, chères filles,
Ce n’est pas un hasard si le thème choisi par les Nations Unies cette année pour célébrer cette Journée est : « Investir en faveur des femmes : accélérer le rythme ». Le choix de ce thème vise à souligner l’urgence qu’il y a à concrétiser les engagements pris par la Communauté internationale pour promouvoir les droits des femmes partout.
Ce thème nous interpelle tous. Bien plus, « Investir en faveur des femmes » implique des initiatives fortes pour mettre fin à la pauvreté, faire davantage entendre la voix des femmes, assurer leur autonomisation économique dans la promotion du développement durable et renforcer leur participation effective dans la prise de décisions à tous les niveaux.
Quand allons-nous enfin prendre les décisions courageuses pour concrétiser ces ambitions ?
En ce 8 mars, je souhaite rendre hommage à la Femme congolaise pour les combats quotidiens qu’elle mène contre les oppressions, les interdictions, les tabous, les préjugés, les aliénations, les exclusions et les humiliations diverses. Je suis convaincue que le Congo prospère que chacun de nous appelle de ses vœux ne le sera pas si nous méprisons les droits reconnus à plus de la moitié de la population congolaise que représentent les femmes et les filles. Si nous ne favorisons pas la pleine et égale participation de femmes à la reconstruction de notre pays, notre développement sera lent, voire irréalisable.
C’est pour cette raison que ma Fondation s’est donnée pour mission de faire taire les préjugés qui entourent la condition de la femme en RDC en vue de bâtir une société plus équitable, plus juste et plus solidaire. Depuis plus de cinq ans, ma Fondation agit en faveur de l’éducation de la jeune fille et de l’autonomisation économique des femmes.
Elle agit aussi pour des opportunités et des responsabilités égales ainsi qu’un leadership partagé. Ces actions incluent la protection de la santé de la mère et de l’enfant, l’éducation de qualité pour tous, la lutte contre toutes les formes de discrimination basées sur le genre et l’autonomisation de la femme congolaise. Ces axes constituent des priorités pour relever les nombreux défis en matière de développement auxquels notre pays est confronté.
Mes chères mamans, mes chères sœurs,
Nous avons que les femmes ont droit à un égal accès au savoir, aux connaissances, aux soins, aux métiers et aux responsabilités. Même si rien de tout cela ne va de soi, c’est la clause de base pour décider ensemble du chemin qu’il nous sied de tracer.
L’égal accès des femmes et des hommes au savoir et aux connaissances, c’est ce qui fait de « de chacun un sujet de droit, autonome, artisan de sa trajectoire personnelle, maître de sa destinée, apte à prendre part à l’élaboration du destin commun ».
Il importe donc de corriger les conditions de l’environnement social, de nous interroger pour savoir si les conditions actuelles du monde, qu’elles soient sociologiques, économiques, historiques, géographiques ou culturelles sont-elles de nature à favoriser une ambition d’égalité. Une ambition qui permet à chacun d’être ce qu’il est ou ce qu’il doit être : un citoyen ou une citoyenne à part entière.
Aujourd’hui plus que jamais auparavant, je veux dire aux femmes et aux filles que notre cause est juste. Aujourd’hui plus que jamais auparavant, je veux dire aux femmes et aux filles que nous sommes les véritables actrices de la défense de nos droits. Ce qui se joue ici est un combat sur les valeurs, sur le respect des droits et des libertés.
Ce combat n’est pas limité à une journée ni à une célébration symbolique d’une date qui sera vite oubliée. Nous devons rester vigilantes pour être les gardiennes de nos droits, car rien n’est jamais définitivement acquis.
Chères femmes, chères filles, mes chères mamans, mes chères sœurs,
Ensemble nous sommes Plus Fortes…
Je vous remercie.
Denise Nyakeru Tshisekedi
