C’est dans une lettre datant du 2 novembre 2023 dont la copie a été transmise pour information à M. le président de la Cour constitutionnelle, aux dames et messieurs les chefs des missions diplomatiques basés en RDC, aux dames et messieurs les chefs des confessions religieuses, aux dames et messieurs les candidats à l’élection présidentielle de décembre 2023, aux dames et messieurs les représentants de la Société civile, que le candidat Président de la République, Matata Ponyo, a adressé au président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ses observations sur l’état des lieux du processus électoral en cours.
C’est en sa qualité de partie prenante, se justifie-t-il, et en réaction au communiqué de presse de la CENI du 31 octobre 2023 référencé n°060/CENI/2023, communiqué dans lequel, écrit Matata Ponyo, le Président Denis Kadima a confirmé poursuivre sans désemparer le processus électoral dans le respect des lois, et réitéré son engagement à organiser les élections dans le délai constitutionnel. Même confessant que cet engagement mériterait d’être salué et encouragé, affirmant qu’il est conforme aux exigences légales auxquelles la CENI est astreinte, le candidat président de la République a formulé six observations consécutives à l’analyse du processus électoral : ‘‘1. Il ressort, des informations en ma possession, en ma qualité de sénateur, que les aires opérationnelles 1 et 2 auraient perdu une bonne partie des données des électeurs enregistrés, suite à de nombreuses défaillances qui ont émaillé la constitution du fichier électoral. Si tel est le cas, cette situation appelle, à mon avis, des éclaircissements de la part de la CENI de manière à rassurer toutes les parties prenantes que des pertes de données n’ont pas été enregistrées. 2. Cette préoccupation semble prendre racine dans le fait que le fichier a, durant l’opération de son adjudication, connu des défaillances d’inadéquation qui n’ont pas permis à la CENI de transmettre au Parlement les vraies données, lors des débats sur le projet de loi relatif à la répartition des sièges. En effet, au même moment, la CENI continuant à traiter et à nettoyer ledit fichier, dont les travaux n’ont pris fin qu’il y a quelques deux mois passés. 3. Ceci pousse à se poser la question de savoir comment cela a-t-il pu arriver que le projet de loi sur la répartition des sièges soit adopté et promulgué pendant que le traitement et le nettoyage du fichier électoral continuait à se faire au niveau de la centrale électorale ? 4. Dès lors, il importe de se demander également si cette situation n’est pas corrélée à la violation constatée des dispositions légales autour de l’affichage des listes définitives des électeurs, selon la cartographie des bureaux d’enrôlement. En effet, subséquemment à votre communiqué de presse n°050/CENI/2023 du 05 octobre 2023, il s’observe sur terrain que les consultations des listes des électeurs ne se font qu’au niveau des antennes et/ou sur le site web de la CENI. Cet état des choses est susceptible, au regard des réalités du Congo profond, de désorienter les électeurs se trouvant dans les villages et secteurs éloignés des antennes de la CENI. A titre d’exemple, un électeur se trouvant à Bikenge doit parcourir, pendant 4 jours, une centaine de kilomètres pour atteindre l’antenne située dans le chef-lieu du territoire à Kasongo. Il va sans dire que cette situation ne sera pas sans conséquence sur le taux de participation des électeurs le 20 décembre prochain. 5. Aussi, la CENI est sans ignorer l’état actuel de défectuosité des cartes d’électeurs délivrées lors des opérations d’enrôlement, devenues illisibles pour une bonne partie. Or, la réussite d’un processus électoral dépend prioritairement de l’identification de l’électeur, laquelle se concrétise par l’octroi d’une carte lisible avant d’exercer par la suite son devoir civique, qui est celui de voter. L’opération d’octroi des duplicatas a, certes, débuté, mais ne se réalise qu’au niveau des antennes de la CENI, pénalisant ainsi ceux qui s’étaient fait enrôler dans les différents secteurs tels que définis par la cartographie opérationnelle des bureaux d’enrôlement (cf. point3 de votre communiqué n°60/CENI/2023 du 31 octobre 2023). 6. A partir de ce moment-là, il se pose la question de savoir combien de temps prendra cette opération d’octroi des duplicatas, laquelle doit s’étendre, à en croire votre communiqué précité, pour couvrir l’ensemble du territoire national. Car, cette opération est similaire à une nouvelle opération d’enrôlement en bonne et due forme’’.
Par ailleurs, le Sénateur Matata Ponyo ne s’est pas seulement borné à faire des observations. Mieux, il a, dans l’expectative des éclaircissements utiles et des assurances de la part du chairman de la CENI, égrené des recommandations comme d’abord, l’affichage, conformément à la loi, de la liste des électeurs dont l’adjudication vient de se terminer, il y a deux mois, dans les différents sites d’enrôlement, ensuite la publication de la cartographie complète des bureaux et centres de vote et, enfin, la publication des listes définitives des candidats députés nationaux, qui prennent en compte les arrêts rendus par la Cour constitutionnelle.
Samy Bosongo
