Le chef du parti présidentiel a été le premier à dégainer en accusant Joseph Kabila de complicité dans l’insécurité à l’Est de la RDC. Malgré ces accusations, le Sénateur à vie n’a pas bronché. Il s’est terré dans son calme olympien. Pas un seul mot. Cette escalade verbale transcende désormais les états-majors politiques. En effet, après le PPRD et les autres partisans politiques de Kabila, c’est le tour de son épouse Olive Lembe de demander aux déplacés de guerre de Goma de prier pour le retour au pouvoir de son mari. Pour elle, Kabila a fini la guerre avec un simple stylo et non les armes.
Cette tension entre le parti au pouvoir et son ex allié devenu opposant, n’avantage en rien la République au moment où l’Est s’embrase. Visiblement, aucun signe d’accalmie au front en dépit de l’initiative diplomatique du médiateur désigné de l’Union africaine, Joao Lourenço.
Les signaux lancés par Kigali ne sont pas de nature à parvenir de sitôt à la paix ou au rétablissement de l’autorité dans la partie de la RDC sous occupation. Paul Kagame s’érige en protecteur des Tutsi congolais.
Dans une prise de position dans les médias rwandais, il a insisté sur le respect des « droits des Congolais rwandophones » qui, selon lui, sont persécutés dans l’Est de la RDC. Il a, par ailleurs, prévenu que la guerre menée actuellement par le M23, se poursuivra « s’ils n’obtiennent pas leurs droits » d’être Congolais et d’occuper « leurs » terres.
Les Banyamulenge se sont récemment désolidarisés du M23 dans son recours à la force contre les institutions établies. En outre, ils ont refusé que Kagame prenne leur défense dans leur situation en RDC. Clairement, le Président rwandais appâte les autres Congolais pour les conduire dans la nasse du M23. Des déclarations lourdes des conséquences avec un certain rapprochement avec la situation de l’Ukraine où le Kremlin défend la population russophone.
La population tutsi ne se trouve pas seulement en RDC mais aussi au Burundi, en Ouganda, au Kenya… Ce n’est pour autant que Kagame va imposer à ces pays un traitement spécial à ces peuples qui ne sont pas des Rwandais. C’est injuste.
C’est malheureusement l’occasion que s’offrent les Congolais pour monter les enchères autour du partage du gâteau. L’heure est donc grave pour s’adonner à ces querelles byzantines. Le deuxième quinquennat ne vient que de commencer. Il faudra compter 5 ans pour de nouvelles élections. En attendant, la guerre à l’Est jette plusieurs milliers de Congolais en errance fuyant les affrontements des belligérants. Il est impérieux de sauver la patrie en danger de balkanisation plutôt que de chercher à se battre pour le pouvoir uniquement.
La Pros.