C’est dans le cadre prestigieux de Béatrice Hôtel que l’Institut des Auditeurs Internes du Congo (IIA Congo) a officiellement lancé hier, mercredi 24 septembre 2025, sa 8ème Conférence Nationale. Placé sous le thème: ‘’Application efficiente et efficace des nouvelles normes internationales d’audit interne – amélioration des performances des institutions du secteur public et organisations du secteur privé’’, cet événement de trois jours s’annonce comme un tournant pour la profession en République Démocratique du Congo. Le coup d’envoi a été donné par le président de l’IIA Congo, M. Alain-Serge Lubelo, en présence de nombreuses personnalités et organisations des secteurs public et privé.
Sous le haut patronage du ministère des Finances, cette conférence a réuni un parterre d’acteurs économiques et institutionnels de premier plan, témoignant de l’importance du sujet. Parmi les participants, on notait la présence de la Banque Centrale du Congo, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), First Bank, l’ANAPI, Rawbank, Finca, la CNSSAP, ainsi que des délégations internationales venues notamment, de la Fédération Africaine des Instituts d’Audit Interne (AFIIA).
Dans son mot d’ouverture, le président Alain-Serge Lubelo a souligné la mission et la portée de son institution, fondée en 1989 et affiliée à l’Institut mondial des auditeurs internes (IIA Global).
‘’C’est avec une grande fierté et une profonde reconnaissance que nous vous accueillons […] à cette huitième conférence nationale. Fondée en 1989, l’IIA Congo est l’affilié des Instituts of Internal Auditors Global des Etats-Unis. Il regroupe aujourd’hui en son sein plus de 550 membres engagés dans la promotion des normes internationales, la vulgarisation des bonnes pratiques et l’encadrement professionnel des auditeurs internes à travers le pays’’.
Le thème de cette édition, a-t-il poursuivi, est une invitation à une réflexion profonde sur la transformation du métier. L’objectif est d’adapter les pratiques locales aux nouvelles normes mondiales publiées le 9 janvier 2024 et entrées en vigueur en janvier 2025, afin d’accroître l’impact de l’audit interne.
‘’Le thème nous invite à réfléchir ensemble sur les leviers de transformation de notre métier et de nos pratiques qui doivent élever l’impact de la profession de l’audit interne au sein des organisations. Nous aurons l’honneur d’écouter des experts de haut niveau venus des Emirats Arabes Unis, de la Tunisie, de l’Algérie, de l’Ouganda, de l’Afrique du Sud, du Cameroun, du Kenya, qui partageront avec nous leurs expériences et leurs visions’’.
Le grand défi du secteur public
Au-delà des discours d’ouverture, le président de l’IIA Congo a livré une analyse sans concession sur les disparités d’application des normes entre le secteur privé et le secteur public. Selon lui, le secteur privé, notamment les domaines régulés comme les banques et les assurances, ne pose pas de problème majeur d’adaptation. En revanche, le secteur public fait face à des défis structurels importants.
‘’Au niveau du secteur privé, il n’y a pas de problème. Mais nous allons voir qu’on a plus de problèmes au niveau du secteur public. Il y a une faible structuration des fonctions de l’audit interne dans certaines administrations. Si nous allons retrouver les gens qui confondent les contrôles de gestion et l’audit interne. Donc, ça, ça crée déjà un problème’’, a-t-il déploré.
Alain-Serge Lubelo a épinglé d’autres obstacles majeurs : le manque de ressources humaines qualifiées et formées continuellement, ainsi qu’une faible appropriation des normes internationales par les entités publiques. Pour y remédier, l’IIA Congo a déjà initié des actions concrètes notamment, en collaborant avec l’Association nationale des établissements et entreprises publiques (ANEP) et en proposant un guide pratique avec l’appui du ministère des Finances.
La formation comme pilier de la transformation
Face à ces enjeux, la formation apparaît comme la pierre angulaire de la stratégie de l’IIA Congo. M. Norbert Kitenge, responsable de la formation au sein de l’institut, a détaillé la feuille de route en trois étapes pour accompagner les professionnels.
‘’La commission chargée de la formation est en train de faire beaucoup afin que les auditeurs puissent exercer correctement leur métier. Nous sommes en train de le faire, jusque-là, à trois niveaux. Nous avons pensé d’abord faire la sensibilisation des nouvelles normes internationales. La deuxième chose, c’est mettre à votre disposition des outils importants. Et en troisième lieu, ça sera la formation’’, a-t-il énuméré.
Cette conférence, qui se clôturera le 26 septembre, est donc bien plus qu’un simple événement annuel. Elle représente une étape décisive pour inciter les secteurs public et privé de la RDC à adopter des pratiques de gouvernance modernes, transparentes et performantes, alignées sur les meilleurs standards mondiaux.
La Pros.
