(Par Professeur Florent Gabati)
Poser aujourd’hui la question de paix en RDC en s’appuyant davantage sur le défi du développement du commerce transfrontalier des minerais congolais, c’est en quelque sorte postuler que les congolais abandonnent le prisme fondamental des hommes politiques comptables des politiques sécuritaires, socio-économiques déficientes. Il semble donc plus difficile de se projeter dans un pays où les médiocres ont renforcé la dynamique des conflits et banalisent l’insécurité, l’incapacité des FARDC. Ainsi il est impératif de clarifier que cet accord privilégiant le business au détriment des congolais s’oppose à la souveraineté congolaise en matières de droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sur leurs richesses et leurs ressources naturelles, aussi il pose le problème de la constitutionnalité au regard de l’article 216.
Se référant au Titre VI de la constitution concernant les traités et accords internationaux, l’article 216 prévoit un contrôle préventif et n’exclut pas l’application de l’article 162 de la constitution aux lois d’approbation d’un traité ou accord en vertu de sa constitutionnalité. La disposition de l’article 216 devrait s’opposer à la signature d’un accord ou traité international ATTENTOIRE aux intérêts vitaux de la RDC, à la souveraineté en matières de commercialisation de nos minerais. Il est évident que le président congolais et son gouvernement doivent rendre de compte aux congolais. Les patriotes de notre pays n’ont aucun espoir dans ces schémas corroborés de l’extérieur, seul le schéma de la Cenco et de l’église protestante pose les jalons d’une paix durable dans notre pays.
Il faut donc aujourd’hui abandonner ce paradigme de paix s’articulant sur le développement de la chaîne de valeur dans la région des Grands lacs. Il appartient aux seuls congolais de décider de la gestion plénière de leurs minerais. Le problème c’est le président Felix Tshisekedi. Avec ses amis pilleurs et son gouvernement ils ont renforcé la dynamique des conflits en RDC avec la prolifération des rebellions à l’est du pays. Incapables et peu désireux de constituer une armée capable de protéger le territoire et la population, au contraire ceux qui sont aux manettes ont préféré faire leurs délices du pouvoir. D’ailleurs le président congolais a été obnubilé le plus durant son premier mandat par le mythe de Magellan. Nul n’ignore que dans les conflits en RDC, les forces de sécurité congolaises sont devenues partie prenante de la violence sévissant à l’est du pays, le gouvernement n’a pas la capacité de résoudre d’autres conflits s’enracinant autour de la terre, de la chefferie. Suite à cette faillite de l’État, à l’instabilité générale due à l’incurie du pouvoir actuel, au désordre les pays voisins à la RDC se sont engouffrés dans la brèche pour piller les ressources de l’est du pays à travers des groupes rebelles. Vouloir promouvoir la paix aujourd’hui dans un deal privilégiant le développement de la région des Grands lacs demeure fantasque, ne sert pas la paix mais le pillage de nos ressources au détriment des congolais. Comme le disent les experts Judith Verweijen et Christoph Vogel dans The New Humanitarian : « le récit des minerais du conflit fonctionne à plusieurs niveaux. Ses partisans affirment que le M23 et ses alliés rwandais ont lancé l’insurrection pour piller des grandes quantités de minerais en RDC, que des entreprises occidentales achètent des minerais exploités en RDC. » Depuis des décennies ce prisme a été abordé par beaucoup des médias. Selon ces experts, pour résoudre la problématique de groupes armés, il faut abandonner de mettre en exergue les causes exogènes. Ce sont les congolais eux-mêmes qui demeurent comptables des conflits à l’est de la RDC. Pour survivre et s’autofinancer les rebelles développent des activités génératrices de revenus dont l’exploitation des mines. Selon les estimations de l’ONU, les groupes armés qui ont pris le contrôle de la mine de Rubaya, l’un des plus grands gisements de coltan au monde gagnent environ 800.000 dollars par mois grâce aux impôts. Ce sont plus des facteurs internes qu’externes qui créent ces conflits armés à l’est de la RDC. Le président Tshisekedi et ses amis de la galaxie Union sacrée traitent le pays comme une propriété privée à l’instar du roi Léopold II de Belgique, qui l’avait fait. La gouvernance actuelle manque d’une part de légitimité puisqu’issue de la fraude électorale, et d’autre côté de redevabilité.
L’incapacité perpétuelle des FARDC à protéger les congolais, à reconquérir les pans du territoire national sous la coupe de groupes rebelles est consécutive à la médiocrité des acteurs politiques, c’est dans ce paradigme de la crétinerie politique que le besoin de s’appuyer sur des partenaires extérieurs afin d’assurer la sécurité du pays en est la preuve. D’ailleurs certains journaux angolais qualifiaient le président congolais de Gros Bébé.
In fine cet accord n’apportera pas de solutions durables aux causes profondément internes à la dynamique de la guerre à l’est du pays, au bien être des congolais, mais servira les intérêts américains dans la vision qu’ils veulent imposer aux vassaux congolais très affaiblis par le rapport de force imposé par la guerre et fondant leur espoir sur la force de la diplomatie. Les congolais doivent se lever comme un seul Homme afin de s’opposer à cette déclaration de paix. Les solutions efficientes dans la résolution durable des conflits en RDC résident dans la réforme de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) qui doit respecter la volonté du peuple, la refonte de l’appareil judiciaire, l’institutionnalisation d’un parlement fort qui doit surveiller les dépenses du gouvernement, la réglementation du secteur minier et le contrôle par l’État de toutes les mines illégales, la professionnalisation des FARDC.
