Dans un communiqué officiel publié ce jeudi 30 avril 2026, le Bureau de l’Assemblée provinciale du Kongo Central a annoncé avoir reçu un réquisitoire du Procureur Général près la Cour de Cassation sollicitant l’autorisation d’instruire un dossier à charge du Gouverneur de province, Monsieur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo.
Une procédure judiciaire enclenchée
C’est un séisme politique qui secoue la province du Kongo Central. Le communiqué n°012/RAP-BNTZ/2026, signé par l’Honorable Rachel Diazanguka Nsona, agissant en qualité de Rapporteur empêché, confirme que la justice congolaise s’intéresse désormais de près à la gestion ou aux actes du Chef de l’exécutif provincial.
Selon les termes du document, le réquisitoire a été réceptionné par le Bureau de l’organe délibérant le mercredi 29 avril 2026. Le Procureur Général près la Cour de Cassation, plus haute instance judiciaire pour les dignitaires de ce rang, sollicite formellement l’« autorisation d’instruction ».
En droit congolais, les gouverneurs de province bénéficient d’immunités de juridiction. Pour que la justice puisse enquêter ou poursuivre un gouverneur en fonction, elle doit obtenir la levée de ces immunités ou, à tout le moins, une autorisation préalable de l’Assemblée provinciale.
L’Assemblée provinciale face à ses responsabilités
Le Bureau de l’Assemblée provinciale, dirigé par son bureau définitif, a tenu à rassurer l’opinion publique sur la suite des événements. Le communiqué précise qu’à cet effet, « le Bureau se conformera aux dispositions pertinentes de son Règlement Intérieur ».
Cette étape marque le début d’une procédure parlementaire qui pourrait déboucher sur un vote en plénière. Les députés provinciaux devront examiner le sérieux du réquisitoire avant de décider s’ils livrent, ou non, le Gouverneur Grâce Bilolo à la justice.
Un contexte politique sous tension
Bien que les griefs exacts retenus contre le Gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo n’aient pas été explicitement détaillés dans ce communiqué succinct, cette démarche du Procureur Général intervient dans un climat où la reddition des comptes est de plus en plus exigée au sommet de l’État.
À Matadi, le chef-lieu de la province, la nouvelle alimente déjà toutes les conversations. Pour les partisans du Gouverneur, il pourrait s’agir d’un acharnement politique, tandis que pour ses détracteurs, c’est le signe que nul n’est au-dessus de la loi.
Quelle est la suite ?
Dans les prochains jours, la Commission de l’Assemblée provinciale chargée de ces questions devrait se réunir pour étudier le dossier. Le Gouverneur Bilolo pourrait également être entendu par ses pairs avant que la décision finale ne soit prise par l’assemblée plénière.
Si l’autorisation est accordée, Grâce Bilolo devra répondre aux questions des magistrats de la Cour de Cassation à Kinshasa. Dans le cas contraire, la procédure pourrait être gelée, au risque de créer un bras de fer entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir législatif provincial.
Affaire à suivre.
César Nkangulu
