Un silence pesant, puis la clameur. La ville de Kenge, chef-lieu de la province du Kwango, est depuis le samedi 5 juillet 2025, le théâtre d’une indignation qui a pris le visage de sa jeunesse. Une onde de choc a parcouru la cité, non pas à cause d’un fait divers, mais à cause de ce qui ressemble à une tentative de le faire taire. Un journaliste local, connu pour son travail d’investigation, a été arrêté. Son crime présumé, avoir osé relayer une information qui touche au cœur du pouvoir, une affaire dans laquelle un Magistrat de la place serait l’auteur d’un viol sur une fillette.
L’arrestation, survenue dans des circonstances qui restent à éclaircir, a agi comme un détonateur. Pour beaucoup, elle n’est pas un simple acte de procédure judiciaire, mais un message brutal envoyé à tous ceux qui oseraient regarder là où il ne faut pas. C’est le symbole d’une justice qui, au lieu de protéger les plus faibles, semblerait se retourner contre ceux qui leur donnent une voix.
Au cœur de cette affaire, il y a une histoire terrible, celle d’une enfant dont l’innocence aurait été brisée. Une histoire que ce journaliste a choisi de ne pas laisser sous le tapis, conscient du rôle de sentinelle que lui confère sa profession. Dans son article, il aurait exposé les faits, et pointé les responsabilités présumées. Ceci soulève la question de savoir : ‘’comment celui qui est censé dire le droit pourrait-il être au-dessus des lois’’ ?
Suite à la divulgation de cette affaire, ce ne sont pas les démentis officiels ou l’ouverture d’une enquête transparente qui ont primé, mais le bruit des menottes. Une méthode qui interroge et qui inquiète profondément, car elle met en lumière la vulnérabilité extrême des journalistes en RDC, particulièrement lorsqu’ils s’attaquent à des sujets impliquant des personnalités influentes.
La réponse de la population ne s’est pas fait attendre. Bravant la peur, des dizaines de jeunes ont battu le pavé dans les artères de Kenge. Une marche de protestation spontanée, née d’un sentiment d’injustice devenu insupportable. « On ne peut pas arrêter quelqu’un qui dénonce le mal », lançait un jeune manifestant, le visage fermé par la colère. « S’il a menti, prouvez-le ! Mais ne le mettez pas en prison pour nous faire taire. Son combat, c’est le nôtre. »
Actuellement à Kenge, deux batailles se mènent en une seule. Celle pour la libération d’un homme qui n’a fait que son métier, et celle, plus silencieuse mais essentielle, pour qu’une petite fille obtienne un jour la justice qu’elle mérite.
La Pros.
